Caroline De Mulder : Manger Bambi

caroline de mulder, Caroline De Mulder, née en 1976 à Gand, est une auteure belge de langue française. Elle réside à la fois à Paris et à Namur où elle est chargée de plusieurs cours de littérature1 aux facultés universitaires Notre-Dame de la Paix. Son cinquième roman paru l’an dernier, Manger Bambi, vient d’être réédité en poche.

Pour Hilda, à peine seize ans, dite Bambi, c’est la misère, le père s’est barré depuis un bail et sa mère alcoolo toujours dans les vapes couche à droite et à gauche aux hasards d’éclairs de lucidité. Pour la gamine, sa vie se résume à un combat entre elle et la société toute entière. Sa combine pour tenter de s’en sortir, draguer de vieux mecs bourrés de thunes sur le net et les braquer avec son flingue, abandonné en cadeau par son père. La seule personne qui trouve grâce à ses yeux, Leïla, sa copine, une autre marginale comme elle, déjà pincée pour « trafic de stups, vol en réunion, dégradation de véhicule et fugues à répétition. »

Un roman raide et dur, certainement pas pour tout le monde.

Moi-même j’ai beaucoup ramé au début, pas loin de lâcher le morceau, car écrit en argot d’aujourd’hui, cette langue déjà pénible à entendre dans le 9-3 et encore plus à lire (« Et tu peux pas comparer ça à la bicrave, elle est où la win, dans la bicrave »), rendant les dialogues quasi incompréhensibles mais aussi sans grande importance, au vu des âneries débitées. Par contre ça donne tout de suite une idée de l’ambiance du machin dans lequel on entre. Rassurez-vous, plus tard le texte retrouve un relatif classicisme…

La môme n’est qu’une boule de haine envers tout le monde, en particulier pour un certain Nounours, un type louche et brutal à la colle avec sa mère, tout en assurant vouloir les sortir de l’ornière mais avec une idée salace derrière la tête ; l’école elle y passe par obligation, pour se soulager elle descend les pigeons avec son gun, par contre ni drogue, ni alcool, à l’inverse de sa copine Leïla, peut-être moins frapadingue et plus organisée dans ses trafics.

Le récit est moins scabreux, dans les détails, qu’on pourrait le supposer. Il y aura des accès de violences, police et perquisition chez elle, foyer d’adoption et mise en hôpital psychiatrique pour sa mère. Etc.

Mais à côté de cette violence physique et morale, l’avancée dans le livre nous montre une autre facette de Bambi, son amour profond pour sa mère laquelle n’hésite pas à la maltraiter quand elle est sous l’empire de l’alcool. Cette humanité d’enfant sauvage n’en est que plus touchante et émouvante. Au bout de l’exaspération et de la rage, Bambi va tenter le coup ultime pour sauver sa mère et elle, repartir pour une autre vie… Pas de pot, il s’agit d’un roman noir, très noir.

Conclusion, une entame de roman qui m’a mis hors de moi mais l’émergence parfois, de belles émotions au cours du récit, sauve l’ensemble et en fait un assez bon livre.

« … il va essayer de nous serrer, c’est sûr, il va nous pister jusqu’à la fin de sa life. – J’te parie que pas. Tout ce que tu veux. Déjà ils sont tous mariés et ils sont pas censé être là, tu vois, ni sur le net, ni dans l’hôtel, encore moins avec une mineure, ils sont partout où ils devraient pas être et se faire choper là c’est un gros problème. Jamais ils ouvriront leur gueule, c’est leur psychologie de base : plutôt crever que se faire gauler la main dans le string. »

caroline de mulder, Caroline De Mulder   Manger Bambi   Folio  - 211 pages -  


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