Notre-Dame de Paris • Victor Hugo

Notre-Dame Paris Victor Hugo Notre-Dame de Paris • Victor Hugo

Éditions Le livre de poche, 2022 (678 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture ...

Quelqu'un a marqué ce monument d'une telle griffe de lion que personne désormais ne se hasardera d'y toucher. C'est sa chose désormais, c'est son fief, c'est le majorat de Quasimodo. Il a bâti, à côté de la vieille cathédrale, une cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l'autre, aussi haute que ses tours. Si je regardais cette église, ce serait comme livre d'histoire, comme le grand registre des destinées de la monarchie.
Jules Michelet, Histoire de France, IV, 8.

La première phrase

" Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours, que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville. "

Mon avis ...

Quel roman ! Notre-Dame de Paris fait partie de ces classiques de la littérature qui impressionnent. J'aurai pris le temps (plusieurs années) avant de me lancer dans l'aventure. Et pourtant... Je ressors émue de cette lecture. J'ai vécu des heures fantastiques en compagnie de personnages hauts en couleur dans ce Paris moyenâgeux. On prend plaisir à se perdre dans les rues de la capitale. De la Cour des miracles à la place de Grève, Notre-Dame de Paris est un roman qui se vit. Cette lecture me restera longtemps en mémoire, et fut un quasi coup de cœur. Un roman inoubliable !

1482. Alors que Pierre Gringoire, un poète sans le sou, tente vainement de distraire la foule, tous les regards se trouvent distraits par l'élection du Pape des fous. En raison de sa laideur, Quasimodo, le sonneur de cloches, remporte les suffrages. S'ensuit alors un tourbillon d'évènements. Le lecteur fait la connaissance d'Esmeralda, une jeune bohémienne qui ne se déplace jamais sans sa chèvre, avant d'assister à une tentative d'enlèvement. Pour ensuite atterrir dans un repaire de bandits qui fait froid dans le dos : la Cour des miracles.

Victor Hugo créé un univers passionnant dans un cadre historique grandiose. La noblesse du Moyen Âge, l'Église, l'Armée : tout le monde est ici représenté. L'auteur donne également la parole aux parias de la société, à tous ceux qui vivent quelque peu à l'écart du monde. Quasimodo en fait partie. Et je crois que c'est bien le personnage le plus touchant de ce roman. C'est le seul qui aimera vraiment Esmeralda, le plus humain donc. Alors même que Victor Hugo nous le décrit comme un véritable monstre.

La cathédrale constitue quant à elle un personnage à part entière, qui vit en totale symbiose avec son sonneur de cloches. Et puis il y a aussi Phoebus, que j'ai trouvé tout à fait abject ; ou encore Frollo, qui lutte contre ses pulsions tout en se montrant ô combien glaçant.

Vous l'aurez compris, j'ai littéralement été emportée par tous ces portraits concoctés par Victor Hugo. L'analyse psychologique est fine, et c'est agréable de suivre nos personnages au fil des chapitres. On se sent proche d'eux. Les péripéties quant à elles ne manquent pas, ce qui fait qu'il est quasiment impossible de s'ennuyer. Je ne vous cache que j'ai parfois trouvé cette lecture laborieuse. Je mets ainsi de côté quelques passages sur l'architecture et l'Histoire de Paris (que je n'ai franchement pas appréciés). Sans ces chapitres, le coup de cœur aurait été assuré.

Je ne peux donc que vous conseiller mille fois cette lecture. Notre-Dame de Paris nous fait rencontrer des bourgeois, des truands, des bohémiens, des philosophes. Il y a des drames, des passages émotionnellement difficiles à lire, des leçons à tirer mais aussi de l'amour, du désir, de l'humour (grâce au personnage de Gringoire qui m'aura souvent fait sourire), et donc de la vie. Victor Hugo signe ici un chef d'œuvre qui, à mes yeux, mérite amplement sa place de monument de la littérature.

Extraits ...

" Et la cathédrale ne lui était pas seulement la société, mais encore l'univers, mais encore toute la nature. Il ne rêvait pas d'autres espaliers que les vitraux toujours en fleur, d'autre ombrage que celui de ces feuillages de pierre qui s'épanouissent chargés d'oiseaux dans la touffe des chapiteaux saxons, d'autres montagnes que les tours colossales de l'église, d'autre océan que Paris qui bruissait à leurs pieds.
Ce qu'il aimait avant tout dans l'édifice maternel, ce qui réveillait son âme et lui faisait ouvrir ses pauvres ailes qu'elle tenait si misérablement reployées dans sa caverne, ce qui le rendait parfois heureux, c'étaient les cloches. Il les aimait, les caressait, leur parlait, les comprenait. Depuis le carillon de l'aiguille de la croisée jusqu'à la grosse cloche du portail, il les avait toutes en tendresse. "


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