Inferno : jonathan hickman boucle ses valises

INFERNO : JONATHAN HICKMAN BOUCLE SES VALISES
 Inferno. Pour les lecteurs les plus anciens, la référence est évidente, c'est-à-dire une des sagas mutantes les plus célèbres des années 1980, avec des démons venus d'un autre plan d'existence qui envahissent New York. Sans oublier la Goblin Queen qui fait des siennes! Pour les autres, rien de grave, car il s'agit ici d'un récit totalement différent, qui vient  apporter une conclusion à la prestation de Jonathan Hickman sur les X-Men. Plutôt que le mot prestation, il serait bon de dire révolution, tant le scénariste a su chambouler l'ordre établi pour proposer quelque chose de fort différent de ce qui existait avant lui. Alors bien sûr, cette mini série en quatre parties publiée d'un coup dans un softcover d'une épaisseur remarquable ne sera pas accessible à celui qui n'a absolument rien lu ces dernières années. Par contre, si vous vous êtes contentés des tout débuts, c'est-à-dire House of X / Powers of X, vous aurez tout de même un point de vue global et satisfaisant sur la situation, d'autant plus que Hickman vous apportera les éléments qui vous manquent au fur et à mesure, même si de façon parcellaire. Les faits les plus importants sont les suivants : les mutants sont établis sur l'île de Krakoa et forment une nation capable de damer le pion au grand pays de ce monde. Ils ont trouvé un moyen de contourner la mort et à chaque fois que l'un d'entre eux connaît une fin tragique, il revient très vite sur scène, dans un nouveau corps qui conserve les souvenirs et la personnalité de celui qui est tombé au champ de bataille. Si tout n'est pas parfait, néanmoins nous sommes loin des X-Men traqués et en déroute que nous avons lus souvent, auparavant. Il y a toutefois une condition importante à tout cela : qu'aucun mutant doté du pouvoir de lire l'avenir ne puisse se balader sur Krakoa, encore moins Destiny, qui dans une vie précédente a chassé et brûlé (avec  sa compagne Mystique) la généticienne Moïra MacTaggert, qui est désormais une mutante au pouvoir bien particulier. Elle aussi peut renaître si elle meurt, mais à chaque fois, c'est l'existence tout entière qui disparaît, puis reprend, réécrite, alors qu'elle garde les souvenirs de ses expériences précédentes. Tout ceci compose le substrat nécessaire pour aborder Inferno avec profit.INFERNO : JONATHAN HICKMAN BOUCLE SES VALISES
Ce sont donc les secrets et la petite cuisine interne dans le gouvernement mutant qui vont provoquer les failles menaçant l'édifice tout entier. Moira, Magneto mais aussi le Professeur Xavier, un triumvirat qui va devoir faire entrer dans l'équation un quatrième personnage très important en la personne d'Emma Frost. Mais voilà, la Reine Blanche n'est pas du genre à accepter qu'on se joue d'elle pendant si longtemps, avant finalement qu'on la mette dans la confidence, quand il n'y a plus grand chose d'autre à faire. Ce n'est pas exagéré de dire que nous passons à deux doigts d'un cataclysme majeur, qui aurait pu réécrire l'histoire entière des X-Men. Au lieu de cela, Jonathan Hickman laisse bien entendu à son successeur le soin de compléter l'édifice, qui dispose donc de fondations solides et d'un lectorat renouvelé, globalement séduit par tout ce qui a été fait durant ces trois dernières années. En fait, cette mini série vient se rattacher directement aux attentes qui étaient celles que nous avions tous au départ, c'est-à-dire les relations politiques et économiques qui unissent ou séparent Krakoa et le reste du monde, ainsi que les différentes lignes narratives (ou de réalité) causées par les différentes existences de la généticienne McTaggert. Tout ceci n'avait jamais finalement été affronté de manière aussi directe et il fallait alors attendre ce final, pour qu'enfin nous ayons les idées un peu plus claires concernant la grande tapisserie d'un scénariste exigeant. Le dessin est remarquable et associe Stefano Caselli, Valerio Schiti et R.B Silva, avec quelques planches ou situations qui sont extraites des tout premiers moments de HoX/PoX, dont nous avons déjà parlé dans la première partie de cette critique. On appréciera le rythme et le rendu visuel de ces quatre épisodes, qui passent régulièrement d'une situation à l'autre, de Krakoa à l'incursion de Magneto et de Xavier dans la base de Nemrod, tout comme nous apprécions le retour sur scène de Destiny, visiblement rajeunie, qui peut désormais reprendre le fil de son histoire sentimentale avec Mystique, sur des bases aussi romantiques que dramatiques. Encore quelque chose de réjouissant, le rôle que joue Cypher alias Doug Ramsay dans cette histoire; lui qui au départ était un mutant assez inoffensif, dont le seul pouvoir était de comprendre et pratiquer tous les langages du monde, se retrouve désormais au centre de l'échiquier, capable de prendre des décisions et de mûrir une réflexion qui n'a rien à envier à celle de Machiavel. Mais un Machiavel porté par le bien et l'utilité publique. Un personnage qui protège donc l'éthique de mutants qui ces temps derniers ont découvert que pour atteindre la plénitude de leur potentiel, puis conserver un havre de paix, ils pouvaient bien mettre de côté la morale, au profit d'une organisation non pas immorale, mais amorale, c'est-à-dire se plaçant en marge de ce que l'on attend d'eux, avec l'assurance que lorsqu'on possède de tels pouvoirs et une telle technologie, l'hégémonie est un défaut mineur pour interpréter et aborder le monde. X-Men rules! 
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