Les Maîtres enlumineurs, tome 1

Les Maîtres enlumineurs, tome 1
Les Maîtres enlumineurs, tome 1
Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.
Les Maîtres enlumineurs, tome 1
Pourquoi ce livre ? Repéré dès sa sortie, comme souvent dès qu’il s’agit de fantasy, il m’aura fallu plus d’un an pour l’en sortir. J’ai fait durer le plaisir, si je puis dire, et c’est finalement le Prix Livraddict qui aura fait sortir le beau pavé.
Une chose est sûre : le deuxième tome, acheté en même temps que celui-ci, ne devrait pas faire long feu dans la PAL. Parce que ce premier opus est passé à un cheveu du coup de cœur !
On entre directement dans le vif du sujet puisque l’héroïne principale, Sancia, est en plein exercice de haut vol, exerçant justement dans un cambriolage. Nous lecteurs sommes donc happés à ses côtés, entre la découverte des quais et de la magie, très rapidement évoquée au cours de l’action. C’est une mise en bouche parfaite, dosée soigneusement. Ce n’est que plus tard que nous allons en apprendre plus sur la magie, plus tard encore au sujet de la composition de la ville, Tevanne, dans laquelle on évolue comme dans un huis-clos étouffant, moite, sale. Cette ville est d’ailleurs divisée en quatre grandes maisons marchandes, qui contrôlent les richesses, le pouvoir et le savoir lié à l’enluminure, la magie de l’univers. Ses maisons sont situées dans des campos, et le bas-peuple vit - ou survit, plutôt - dans les Communes. J’ai beaucoup aimé que les explications géopolitiques et les quartiers de la cité ne viennent que tardivement : ça crée une petite frustration alléchante et ça permet d’appréhender sereinement les deux-trois personnages du départ et leur mission.
L’intrigue est donc haletante dès le départ et ne perd jamais son rythme vif jusqu’à la fin. Les scènes d’action et de complots s’enchaînent à vive allure, rendant la lecture addictive. J’ai été très frustrée - et je ne suis pas la seule dans la lecture commune - au moment de poser le bouquin. Cela faisait extrêmement longtemps que cela ne m’était pas arrivé ! Ma seule déception sur cette lecture repose sur le manque d’originalité et par conséquent de surprise, notamment sur la fin de l’ouvrage. J’ai eu le sentiment que ça s’enchaînait tellement bien que c’est peut-être à cause de la facilité dans le scénario, comme si les personnages ne rencontraient pas de gros obstacles. Sans ce sentiment, cette lecture aurait été le parfait coup de cœur.
La magie est indéniablement une des forces de cette saga. On se situe entre le sympathisme découvert dans Chroniques du tueur de roi de Patrick Rothfuss et le Cosmere (Fils-des-Brumes, Archives de Roshar) de Brandon Sanderson. L’enluminure n’en est pas moins originale par son procédé et ce qu’elle est capable de créer, d’influer. J’ai été subjuguée par ses capacités et ressors très choquée par l’énergie nécessitée, même si je me doutais de cela depuis le premier tiers du roman. En refermant l’ouvrage, je suis très avide de savoir ce que la suite nous réserve !
Je me suis énormément attachée aux personnages. Sancia est une jeune femme forte et indépendante, et je me suis positionnée comme Berenice : admiratrice de sa liberté et de sa détermination. Pourtant on ne se rend compte qu’elle n’est pas aussi désinvolte et qu’elle est prisonnière de sa condition, de la torture qu’elle a subi. La jeune femme est très vite accompagnée de Clef, un objet à la personnalité impertinente. Si j’ai très vite compris son essence à l’origine, je me suis énormément attachée à lui et à sa verve. Sa fin m’a beaucoup touchée et j’espère encore qu’il y aura une solution. A l’inverse, Gregor est un personnage plus naïf, ce qui découle probablement de ses origines plus nobles. Ca ne le rend pas moins attachant et les révélations à son sujet sur la fin sont celles qui m’ont le plus frappée et horrifiée. Je suis très curieuse de découvrir la suite le concernant ! Tout le monde dépeint l’hypatus Orso Ignatio comme un être exubérant et irascible et je suis un peu déçue. Je m’attendais à un personnage plus débridé et sulfureux. Là, il a plus des réactions d’enfant gâté que d’un adulte entre passion et folie. Je l’ai apprécié malgré tout, ma déception concerne seulement la manière dont les autres le décrivent et la réalité du personnage. Bérénice, son assistante, est un plus simple, un personnage moins marquant, même si ses connaissances sont essentielles à l’intrigue. Ofelia Dandolo, Tomas Zaini, Estelle Candiano, tant de noms qui étendent l’univers et créent de l’intrigue. Ce sont des personnages secondaires voire tertiaires mais qui offrent tout un potentiel dans les complots - même si ça a manqué de surprise sur leurs révélations.
Le style d’écriture, ou la traduction, est totalement différent d’American elsewhere. On est plus dans un roman d’ambiance mais bien dans quelque chose de rythmé, d’addictif. C’est un style aussi efficace que l’intrigue, qui va droit au but, sans fioriture. Ça manque peut-être de poésie mais la plume de Robert Jackson Bennett contribue au fait qu’on lise ce roman d’une traite.
Les Maîtres enlumineurs, tome 1
Tellement frustrant que ça ne soit pas un coup de coeur, car ça partait extrêmement bien ! Les personnages sont attachants ou intéressants à suivre ou les deux, la magie est originale et accrocheuse et l’intrigue file bon train du début à la fin, sans réel temps mort. Finalement ma seule déception vient du manque de surprise, j’aurais espéré plus d’originalité dans ses ficelles. C’est néanmoins une lecture addictive, portée par une plume efficace. Je compte bien enchaîner sur la suite avant la fin de l’année et je croise les doigts pour que le troisième et dernier tome sorte bien en 2023 comme annoncé !
Les Maîtres enlumineurs, tome 1
18/20
Les Maîtres enlumineurs, tome 1
Les autres titres de la saga :
1. Les Maîtres enlumineurs
2. Le Retour du hiérophante
- saga en cours -

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