L'enfant du Titanic - Leah Fleming (micro-chronique)

L'enfant du Titanic - Leah Fleming (micro-chronique)L’enfant du Titanic, Leah Fleming

 Editeur : France Loisirs

Nombre de pages : 611

Résumé : 15 avril 1912. Dans l'horreur du naufrage, deux femmes qui n'auraient jamais dû se rencontrer voient leurs destins liés à jamais. Sauvées in-extremis, May et son bébé trouvent chaleur et réconfort dans les bras de Celeste. Une amitié est née, qui se renforce au fil du temps. Mais alors que survivre a donné à Celeste courage et goût de la liberté, May semble n'avoir jamais surmonté le drame. Un lourd secret qu'elle porte depuis le soir du naufrage pèse sur sa conscience...

 

- Un petit extrait -

« Rappelez-vous bien ceci : il ne faut jamais avoir peur de prendre des risques pour défendre ses convictions. Suivez votre propre voie, pas celle que d'autres auront choisie pour vous, et vous réussirez votre vie. »
- Mon avis sur le livre -

 Comme bien des drames de ce monde, le naufrage du Titanic exerce une certaine fascination morbide … et est devenu une source intarissable d’inspiration pour des cohortes entières d’écrivains, de scénaristes, de peintres et de compositeurs. En bonne petite anticonformiste que je suis, j’ai plutôt tendance à me désintéresser complétement de ces récits brodés sur ce genre de tragédie historique. Mais voilà, une de mes amies n’a cessé de me vanter les mérites de ce roman durant toutes nos années lycées … alors quand, à peine quelques mois plus tard, je l’ai trouvé dans une bourse aux livres, je me suis dit que je devais lui donner sa chance. D’une certaine façon, c’est sans doute un bien que je ne l’ai lu qu’une fois notre amitié reléguée au passé : je ne sais pas mentir, je n’aurai donc pas réussi à lui cacher que ce roman ne m’a pas vraiment transcendée. Je l’ai trouvé plutôt quelconque, trop prévisible pour être passionnant.

10 avril 1912. Le Titanic se prépare pour sa traversée inaugurale. Une masse informe de passagers se presse sur les quais, s’entasse sur les ponts du paquebot flambant neuf. Au milieu de cette liesse collective, deux femmes ruminent leurs sombres pensées … Retournant en Ohio après les funérailles de sa mère, Celeste redoute ses retrouvailles avec son colérique de mari. May, quant à elle, est trop anxieuse pour partager l’enthousiasme de son mari qui ne rêve que de leur nouvelle vie en Amérique. Celeste et May n’ont pas le moindre point commun. Mais, serrées l’une contre l’autre sur le même canot de sauvetage, réchauffant autant que possible le nourrisson de May, miraculeusement sauvé des flots par le capitaine, les deux femmes vont nouer une amitié à toutes épreuves … Sauf peut-être à celle du secret, celui que May garde farouchement au plus profond de son cœur : ce bébé n’est pas le sien.

Contrairement à ce que le titre peut laisser penser, le Titanic et son naufrage n’occupent qu’une place infime dans l’intrigue. L’histoire commence en réalité sur le petit canot où Celeste, jeune femme de la haute société, et May, passagère des plus modestes, se rencontrent. Grelotantes, de froid et de peur. Dans ce genre de situation, on en oublie les différences sociales : on se serre les coudes, ou plutôt on se serre l’une contre l’autre pour essayer de se réchauffer un peu, de se réconforter un peu. Pour nos deux rescapées, cette épreuve partagée sonne le commencement d’une longue et solide amitié : je dois bien l’avouer, j’ai trouvé ça très émouvant de voir Celeste se démener pour trouver toit et emploi à la jeune veuve, j’ai trouvé ça très touchant de voir May manœuvrer pour aider Celeste à échapper à l’emprise de son mari violent, j’ai trouvé ça très poignant de les voir se soutenir mutuellement à chaque nouvelle turbulence de leur vie respective. Même quand l’autre, trop enfoncée dans son malheur, refuse cette aide.

Il faut dire que le malheur semble s’acharner sur elles : d’abord ce fameux naufrage, puis ensuite les tracas familiaux, et enfin les deux guerres mondiales qui se déchainent, qui fauchent frères, maris et enfants. Les adeptes de sagas familiales apprécieront sans doute de voir cheminer ces deux femmes et leurs enfants au fil des années, au fil de l’Histoire. Pour ma part, j’ai parfois trouvé que les choses allaient trop vite : en l’espace de 600 pages, on passe de 1912 à 1959. Certaines ellipses temporelles sont heureuses, mais d’autres le sont beaucoup moins : une scène de vie par-ci, une scène de vie par-là, et le lecteur peine parfois à reconstituer les morceaux, surtout qu’on est dans un roman-choral et qu’on passe d’un continent à l’autre en l’espace d’une ligne. Une narration trop déstructurée pour être véritablement immersive, en somme. Et inévitablement, ça manque quelque peu de profondeur, d’émotions.

Et cela d’autant plus qu’on est vraiment dans un récit bourré de « coïncidences » heureuses, de situations complétement improbables, de dénouements terriblement prévisibles … et d’interminables ruminations mélodramatiques à mourir d’ennui et d’agacement. D’une certaine façon, l’autrice en a fait beaucoup trop, et on perd donc ce côté « drame historique » pour sombrer dans une sorte de roman à l’eau de rose mâtiné de pseudo-tragique. Et au bout d’un moment, trop c’est trop, j’ai décroché : je n’avais même plus envie de savoir si May allait un jour dévoiler son secret ou si celui-ci allait juste lui éclater à la figure par un malheureux coup du sort, je n’avais même plus envie de savoir si Angelo pourrait un jour trouver la paix en sachant que son intuition était juste et que sa petite fille était belle et bien vivante quelque part. Je voulais juste qu’on en arrête avec cette surenchère de mélodrames : faire pleurer dans les chaumières, ça va bien un instant, mais il faut savoir rester raisonnable.

En bref, je pense qu’il est inutile que je m’attarde plus longuement, car vous l’aurez bien compris : dans l’absolu, il y avait assurément quelque chose de très intéressant et de très poignant avec le dilemme de May, qui a déjà perdu sa fille biologique et refuse de perdre cette petite fille que la vie a placé dans ses bras, avec le désarroi d’Angelo qui sent au plus profond de lui-même que la chair de sa chair est encore vivante … Mais j’ai eu beau essayé, rien à faire, je n’ai pas ressenti grand-chose durant ma lecture, hormis une lassitude de plus en plus importante. Il m’a manqué un petit quelque chose pour véritablement m’immerger dans l’histoire, pour m’attacher véritablement aux personnages. Alors c’est sympa, certes, mais sans plus. Ou tout du moins, ce n’est vraiment pas pour moi : sans doute qu’une lectrice moins « aguerrie », qui aura donc moins l’habitude des grosses ficelles scénaristiques utilisées, y trouvera bien plus son compte.


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