Les échangés (Magnus Latro)

Les échangés (Magnus Latro)

Auteur : Magnus Latro

Éditions : auto-édité

Paru le : 15 décembre 2021

360 pages

Thème : Thriller

disponible sur Amazon

J'ai adoré !

 Résumé 

  « Dans ce thriller haletant et impitoyable, des forces obscures s’affrontent, jusqu’au plus profond de l’État.
Recherché par la police, traqué par une organisation criminelle, Victor doit échapper à ses poursuivants pour sauver ses amis et préserver l’avenir d'un enfant. Sa vie a basculé et, avec la sienne, celle de millions de Français. Il a engagé tout son être dans le combat.
Le pays est en guerre civile. La foule des urbains est sur la route de l’exode. Plus rien ne sera jamais comme avant.
L’inspecteur chargé de l’enquête rencontre des obstacles inattendus.
Dans le chaos des émeutes, nul ne sait s’il échappera à son destin.
Jusqu’où un homme seul contre tous peut-il se surpasser ? A-t-il le pouvoir d’inverser le cours de l’Histoire ? Que restera-t-il de ce qu’il était après tant d’épreuves et de renoncements ?
Les échangés est la réédition de la fabrique des b., du même auteur, une version augmentée et revisitée.
»

 Ma chronique 

Je remercie Magnus Latro pour l'envoi de son livre en SP par le biais du site simplement.

  Thriller, vous avez dis thriller ? "Mesdames, messieurs, c'est avec une joie immense que je vous informe que le Président que je suis a trouvé une solution à tous ceux qui sont en mal d'enfants. Les ministres et moi-même avons crée une expérimentation qui conviendra à tous et toutes : la CoParPar, un moyen pour que tous couples de n'importe quel horizon puisse avoir son enfant, même sans les liens du sang." Le début aurait pu démarrer ainsi, mais il n'en est rien. Nous sommes en pleine manifestation. Le peuple en a assez de toutes ces différences et Dylan en profite comme d'autres pour entrer par effraction dans un magasin pour se fournir en de nombreux objets non payés bien entendu. Alors qu'il rentre para le métro chez lui, il se fait repérer et est obligé de laisser son sac rempli dans le métro. Une scène banale pour Dylan qui va devoir se débrouiller autrement et retourne auprès de Mélanie, sa dulcinée enceinte jusqu'aux yeux. Leur couple comme quatre autres, sont en réunion avec un psychologue qui leur explique les bienfaits du CoParPar (oui, on y arrive !) Mélanie accouche et son bébé est pris. Ils attendent indéfiniment qu'un autre bébé entre dans leur vie, ou le leur car cela peut arriver. Malheureusement, ils feront face à ces 0,5% de malchance de repartir sans enfant. Chance ou non, Dylan va réussir à voir leur enfant et lorsqu'un mois plus tard il le reverront à la télévision entre deux hommes, Mélanie va plonger dans une dépression de ne pas pouvoir être auprès de lui. Commence ainsi les ennuis...
    L'histoire d'une nouvelle France avec des codes différents, une chance pour tous. Même si la politique est présente et emmène les personnages dans des situations complexes, il s'agit surtout d'une évolution d'un monde qui va mal. Satisfaire le plus grand monde n'est pas évident, car cela signifie qu'une minorité va trinquer. Dylan vit surtout de petit boulot, de shit et de trafic en tout genre. Mélanie lui passe beaucoup de choses, quitte à ne pas se rendre compte de ce qui se passe. Lorsque leur bébé qui n'est plus le leur est enlevé dans son nouveau foyer, nous avons une prise d'otages en la personne de la police qui les embarque manu militari dans leur fourgon. Imaginez-vous, il est 6h17, dans une cité qui prend feu régulièrement. Aucun d'entre eux n'est heureux de rester trop longtemps entre ses murs, surtout si les voisins se réveillent, les voient et se prépare à l'attaque. Une situation qui devient vite incontrôlable, du même type que nous pouvons parfois voir aux informations. Qui à tort ou qui a raison ? La question ne se pose pas, ici nous avons deux rapports de forces et personne ne veut lâcher l'affaire. La France prend feu très souvent pour un oui ou un non. Pour ma part ce n'est pas que du thriller, d'ailleurs pour ma part je ne le vois pas ainsi, puisque j'ai ris à cause d'un personnage (mais j'en parlerais plus tard ^^)
    Tout y passe dans cette nouvelle France : homophobie (les pour les contre), le racisme et ses cités, ses gens qui les peuplent, les riches et les pauvres (bon ça il y en a et il y en aura toujours tant qu'il n'y aura pas d'équité, mais comme je préfère rester en vie, je ne vais pas en dire plus). J'allais oublier : le fanatisme, les extrêmes droites qui ont beau dos pour certaines scènes. Il vaut mieux être comme Victor, le frère de Mélanie et encore. Victor n'appartient à aucun groupe, il travaille comme commercial en vin et est outré du fait que sa sœur ait choisi de passer par cette expérimentation. Il ne la comprend pas, mais malgré tout, va faire tout pour sauver ce bébé. Bien entendu, tout ne se passera pas comme il l'aurait voulu et quelques petites erreurs vont le forcer à devenir un hors-la-loi. LA guerre civile n'est pas loin, cet enlèvement va mettre le feu aux poudres dans un pays qui va de plus en plus mal. Mais quel est l'imbécile qui a décidé de continuer sans écouter quiconque ? Oups, c'est sorti tout seul. Il suffit de peu pour que tout bascule et ce peu va nous emmener dans des chemins tortueux, où la mafia aurait probablement peur, ou la foi est si forte qu'elle fait faire n'importe quoi aux personnages. Les armes sont de sorties, il n'y aura pas d'autres moyens de faire autrement.     L'auteur nous montre les deux côtés : les solidaires et les autres. Alors que certains personnages se font virer de chez eux comme des malpropres, de petits villages sont capables de faire la différence et de proposer une aide providentielle. Cette aide qu'ils ont connu par le biais de leurs grands-parents en temps de guerre. Lorsqu'il a fallu tout reconstruire, aider les autres et eux-mêmes. Et puis nous avons de l'autre côté, dans l'autre camp, ceux qui ne bougeront pas le petit doigt et préféreront fermer leur ville pour éviter que des irascibles mettent un pied dans leur rue. Ils iront jusqu'à user d'armes pour les dissuader, malgré le fit que le Préfet leur ordonne d'ouvrir leurs portes. Nous avons régulièrement ces deux camps, les entraides, les repousseurs (oui, j'invente des mots). En temps de guerre, nous avons une forme d'apocalypse sombre qui ne détruit pas tout. Il y a encore du bon dans certains, même si ce n'est pas assez. L’État ne s'embarrasse pas de témoins et de toute façon il a toujours raison. Aller contre les politiciens ? Ah ah ah, c'est drôle, qui tenterait le coup ? qui serait assez fou pour se pointer, ou écrire un papier sur tout ce qui se passe ? Oh, cela va arriver, mais les conséquences sont ce qu'elles seront. L'enlèvement de ce petit n'était que le haut de l'iceberg, sans cela, la France serait malgré tout dans l'état dans lequel nous suivons les personnages et si certains s'en sortent mieux que d'autres, dites-vous bien que si l'auteur a indiqué que c'était un thriller, c'est que tous ne survivrons pas.     Les personnages sont nombreux par moment, mais du départ, nous suivons petit à petit de manière à les découvrir les uns avec les autres. Les interactions sont aussi nombreuses, il est facile de suivre leur cheminement. L'action ne manque pas, la réflexion non plus. Un accent de vérité se ressent et lorsque nous comprenons qui est réellement l'auteur, nous ne pouvons pas manquer de nous dire qu'il a dû en voir des choses, en découvrir encore plus. C'est original de partir sur ce type de pays, avec des méthodes radicales il faut bien le dire. Cette histoire de parentalité à plusieurs sur un enfant qui  n'est pas le sien par le lien du sang, sauf cas exceptionnel, j'espère ne jamais le voir, l'imaginer et encore moins y penser. C'est le type même de récit qui fait réfléchir, qui nous demande de nous soulever pour de bonnes causes, mais lesquelles ? Car celles qui pourraient aller au voisin ne sont pas forcément les nôtres. Cette angoisse que nous ressentons provient à la fois des situations des personnages et de l'imagination débordante de l'auteur. Les rebondissements sont nombreux et nous ne pouvons pas savoir qui sera présent jusqu'à la fin, car la mort des uns aident les autres à asseoir leur position. J'en viens au personnage que j'ai adoré : Christophe Ledhu, l'un des policiers que nous avons de temps en temps dans le récit.     Ce personnage m'a fait mourir de rire de part sa façon de prendre les enquêtes les unes après les autres, mais surtout sa façon de fonctionner. Chaque joute verbale est jouissif, j'avais le sourire à chaque fois, ou presque. Il a tout sauf le tact et tente malgré tout de se rapprocher de Victor, pas pour lui offrir des croissants, même si c'est le cas à un moment donné et qu'il tombe sur cadavres et blessés, mais il se passe quelque chose entre eux qui va loin. Deux hommes qui ont les mêmes idées, mais pas du même côté de la barrière et ça, l'un comme l'autre ils vont s'en rendre compte. Impossible de dire à haute voix qui a fait quoi, qui est à l'origine de tel ou tel fait. Pourtant le self-control de Victor qui est un atout va les rapprocher dans cette enquête sans pour autant les voir souvent ensemble. Victor lui  est pourchassé par plusieurs personnes en plus des flics. Chaque rencontre va l'amener à un point de plus et encore un. C'est de la folie pure pour ces personnages, car tous deux vont apprendre de leurs erreurs, mais est-ce que cela suffisant ? Antoine, le "meilleur" ami de Victor va avoir un rôle important dans ce récit. Beau parleur il n'en est pas moins intelligent et sent les anguilles sous roche. Je regrette juste que certains passages ne sont que imaginés et les sentiments de Mélanie un peu trop cachés. Ce n'est que du détail, parce que j'ai eu du mal à lâcher l'histoire qui pourtant m'a fait frémir d'horreur par moment et rire aux larmes à d'autres.     En conclusion, un récit qui fait froid dans le dos sur la façon dont l'auteur arrive à nous faire croire que cela pourrait être vrai. Une France prise entre de multiples feux, la guerre civile est ancrée entre ses pages. L'imagination ne peut pas être reniée, les personnages nous amusent et nous font peur par moment (et c'est assez souvent) C'est parfois dérangeant car la plume nous entraine dans une fausse vérité qui pourrait être véridique. Cette histoire de coparentalité, non jamais : mon enfant, MON enfant ! De nombreux thèmes sont inclus. La perte de certains personnages fait mal, snif et plusieurs questions peuvent se poser dont une : Est-ce qu'un seul homme peut réussir à inverser la tendance ? Nous avons un bon début de réponses dans le texte, à nous de nous faire notre propre idée !

 Extrait choisi :  

 «   — Avouez que ça aurait de la gueule, de votre point de vue, de retirer à un couple homo l'enfant confié à lui par cette République dans le cadre d'un projet que vous jugez contre nature.
— C'est vous qui le dites, nie Victor.
— Non. C'est ce que vous pensez, assène le flic.
— Vous êtes télépathe ?
— Je ne me suis pas trompé, alors ?
— Je vous posais une question.
— Vous êtes là pour répondre aux miennes.
— Dois-je aussi me soumettre à vos suppositions ?
— On s'arrête là !
L'inspecteur Ledhu a jeté son stylo en élevant la voix. Victor prend un air surpris. Il croise ses bras sur sa poitrine, dans un réflexe de défense. Le policier se prend les cheveux dans les mains, les coudes sur son bureau. Il regarde le jeune homme avec insistance... »

Les échangés (Magnus Latro)


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