Ces jours qui disparaissent

Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent
Une course poursuite contre le temps perdu... Que feriez-vous si d'un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu'un jour sur deux ? C'est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, sans qu'il n'en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu'un jour entier vient de s'écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps.
Ces jours qui disparaissent
Pourquoi ce livre ? Honnêtement, c'est avant tout parce qu'il a été élu au Book club organisé sur Livraddict que je me suis penchée sur son cas. Évidemment j'avais entendu des échos du livre et je m'étais dit pourquoi pas, un jour. Le Book club fut une occasion de l'emprunter en médiathèque !
Ces jours qui disparaissent est un roman graphique intense. Bon, je n'avais pas lu le résumé, je ne savais donc pas dans quoi je mettais les pieds. Le plus drôle, c'est que maintenant que le livre est refermé je ne suis toujours pas sûre des étiquettes à coller sur ce récit. Science-fiction ? Cas de schizophrénie ? Difficile de faire pencher la balance vers l'un ou l'autre, même si certains dialogues tendent à donner des indices. En fait, je pense que c'est une lecture intéressante dans le fait que chacun peut interpréter les choses selon son propre parcours, ce qui devrait soulever de très bons débats (est-ce que la toupie perd réellement son équilibre à la fin du film ?!). Au début, j'avais peur de ne pas différencier les deux entités dans ce même corps. L'auteur s'en sort très bien, donnant un code couleur aux bulles de chacun et en faisant un travail parfait sur les expressions faciales, notamment au niveau des yeux. La lecture est fluide entre autres grâce à cela car je n'étais jamais perdue sur qui j'avais affaire.
L'intrigue est pleine d'émotions. On sent parfaitement la détresse des deux Lubin, l'un qui perd la notion du temps, qui s'éloigne progressivement de tout ce qui le rattache au quotidien, et l'autre qui ne comprend pas pourquoi il est projeté dans un corps qu'il ne connaît pas. De là comment allier les deux entités ? Est-il réellement concevable de vivre deux vies diamétralement opposées simultanément ? J'ai failli pleurer à plusieurs reprises tout au long du parcours de Lubin, le premier qu'on rencontre. On le voit perdre pied, relâcher complètement ses efforts voire abandonner définitivement. Malgré ça, dans les rares moments où il refait surface, il a ce besoin égoïste de revoir ses anciens amis, amantes, sa famille aussi, parce que c'est sa vie, ce à quoi il se raccroche. J'ai essayé de m'imaginer à sa place et c'est aussi pour ça que j'ai failli craquer plusieurs fois en versant ma petite larme. Et la fin n'y échappe pas, avec toute sa cruauté et sa cohérence. Une petite claque comme j'en ai rarement vue.
Ce récit, et même si ce n'est pas le cœur du propos, est une histoire d'amitié. J'ai été touchée de constater que les anciens amis et collègues de Lubin ne le lâchent pas comme ça. S'ils s'éloignent, c'est parce que la vie ne s'arrête pas, qu'ils ne peuvent se permettre de l'attendre. Mais malgré la distance ils trouvent toujours un moyen pour communiquer. Le plus touchant est bien entendu son plus proche ami, lui qui ne change guère au fil des ans. Une valeur sûre qu'on aimerait tous affectionner. Quant aux deux Lubin, j'ai bien entendu éprouvé de la compassion pour le premier, qui voit sa vie se dilater sans pouvoir résister. Le deuxième a un comportement horrible, hypocrite, mais peut-on le blâmer d'avoir eu envie de vivre sa propre vie sans rester dans l'ombre de son "hôte" ? Je comprends parfaitement ses choix, même si ça m'a paradoxalement dégoutée. Au final, le personnage que j'ai réellement détesté est Gabrielle, qui n'a rien demandé la pauvre. En fait, c'est surtout qu'elle veut montrer qu'elle sera un soutien inflexible au premier abord et puis la première contrariété va la mettre k.o., hors course en deux secondes. Répugnant.
Ce n'est pas du tout mon style graphique. A un point où quand j'ai tenu l'ouvrage entre les mains, j'ai feuilleté rapidement et j'ai plissé le nez, me disant que ça allait être une torturé à lire. Alors je ne dis pas que c'est passé au fil de la lecture, ça reste un style auquel je n'accrocherai probablement jamais, toutefois j'ai trouvé que ça collait parfaitement à l'ambiance douce amère qui se dégage de ce récit. Je suis donc convaincue que l'auteur n'aurait pas pu mieux faire et je vais même dire plus, je suis curieuse de retrouver ce style dans ses autres productions ! À noter d'ailleurs que Timothé Le Boucher s'occupe du scénario et des illustrations - et y'a du talent !
Ces jours qui disparaissent
J’ai adoré. Les thèmes abordés, les décors simples mais immersifs et les personnages attachants (pour la plupart) m’ont comblée de bout en bout. Alors oui, ce n’est pas mon type de lecture, encore moins mon type d’illustrations, mais il existe une telle harmonie entre l’histoire et le dessin que ça a forcément matché avec moi. Ajoutez à cela une intrigue pleine d’émotions, et on ne passe pas loin du coup de cœur. Une superbe lecture que je recommande !
Ces jours qui disparaissent
17/20
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