Le garçon qui ne voulait pas parler (Cassandra O'Donnell)

Par Gabrielleviszs @ShadowOfAngels

Auteur : Cassandra O'Donnell

Éditions : Flammarion Jeunesse

Paru le : 25 aout 2021

120 pages

Thème : jeunesse


disponible sur le site de l'éditeur

et sur Amazon


Ma note : 18/20 

 Résumé 

  « Lorsque Morgane arrive dans son collège, la vie d’Asante bascule. Il est le seul à se montrer gentil, alors que les autres élèves se moquent d’elle. Lui qui n’a pas prononcé un mot depuis trois ans, osera-t-il s’exprimer pour protéger son amie ?
Après le succès de La Nouvelle, Cassandra O’ Donnell revient avec un roman poignant sur le respect de la différence et la liberté d’expression.
»

 Ma chronique 

Je remercie la maison d'éditions Flammarion jeunesse pour l'envoi de ce livre.

    Une nouveauté de Cassandra ? Impossible d'y résister surtout que le thème m'importe énormément, travaillant dans un collège où justement les uns s'amusent des autres et nous faisons tout ce que nous pouvons, mais parfois il y a des choses qu'on ne nous dis pas. Asante ne parle plus depuis 3 ans, depuis cette terrible nuit qui lui a fait comprendre que laisser sa voix porter peut être dangereuse. Depuis il use des sms, de papier crayon, ou tout simplement de quelques gestes et cela fonctionne. Ses meilleurs amis ne savent pas pourquoi il est ainsi, mais qu'importe, il est leur ami et cela se passe très bien. Sauf que cette année, une nouvelle est arrivée : Morgane. Et depuis son entrée la petite est mise de côté.     Bien que la petite Morgane a une voix et la laisse sonner haut et fort, elle est souvent seule. Douée à l'école, adorant la nature et les animaux, elle ne fait pas forcément attention aux regards des autres et encore moins à ce qu'ils disent. Elle laisse tout passer au-dessus de sa tête et semble respirer la joie de vivre, même si la plupart du temps cette solitude lui pèse. Elle aimerait bien avoir des amis, mais c'est la nouvelle qui ne connait personne ET elle s'habille avec des affaires bizarres en plus elle est intelligente : le combo pour la mettre de côté par tous ceux qui vivent dans la "cité". L'étrangère, c'est ce qu'elle est devenue et si toute la classe se moque d'elle, cela turlupine Asante qui commence à se poser des questions.     C'est un récit qui est sur le harcèlement, mais également sur ce qui se passe dans la tête d'un petit garçon qui a vécu l'horreur. Se taire est à la fois une preuve de courage et de peur. Ne rien dire, ce n'est pas non plus la solution de facilité parce que si Asante ne  parle pas, il réfléchit beaucoup. Ses émotions sont violentes lorsqu'il sort de son cocon et cela fait du bien ce pied qui tape dans la fourmilière toute tracée. Le harcèlement n'est pas mis en évidence sous ce mot directement. Nous avons des détails, des situations, des moqueries et même si Morgane ne dis rien, c'est un être humain qui ressent. Plus nous avançons et plus nous comprenons qu'elle vit un enfer, même si elle ne le montre pas, pas de suite, pas jusqu'à ce que cela dépasse encore un cran. Ce dernier qui n'aurait jamais dû exister, ces étapes qui auraient dû être arrêtées bien avant même que cela ne commence.     Ce qui était risible, moqueur devient méchant jusqu'à un point que Asante va faire bouger les choses. L'évolution des personnages est lente afin de laisser l'esprit de deux adolescents prendre en compte ce qui les entoure. Les réactions des adolescentes qui s'amusent de Morgane voient cela comme un jeu. C'est vrai que s'amuser aux dépends des autres et si marrant... Ce que ces demoiselles pensent drôles fait partie des délits et qui dit délit indique que les conséquences ne sont pas que les pleurs de celle qui est utilisée, mais cela peut aller bien plus loin. C'est ce que la plupart des adolescents ne comprennent pas, c'est drôle, alors pourquoi mêler les autorités à cela ? Faire prendre conscience que c'est mal est difficile, mais en posant une pierre après une pierre, nous pouvons réussir à faire intégrer ce qui est bien.     J'ai eu l'impression de me retrouver là où je travaille, avec des adolescents qui vont et viennent dans les classes, qui ont leur propre personnalité. Pas plus de caricatures que cela, ils sont ce qu'ils sont, aimant des choses, détestant certains de leur camarades, leur parlant ou non. C'est un récit vivant, entrainant qui donne envie de découvrir vite la fin. Entre Morgane qui reçoit tellement de méchanceté et Asante qui ne parle plus, nous avons de graves sujets sur un fond d'humour, surtout avec les mamans de ces  garnements. Tout le monde se connait et l'histoire avec le grand frère qui vient pour faire peur reste dans la réalité, c'est même flippant ! (J'en ai déjà vu des grands venir au collège pour régler les comptes de leur petit frère, grrr, mais heureusement cela ne va pas plus loin)     Les personnages sont travaillés et restent à leur place : à savoir des adolescents. Pas de réflexion d'adulte, mais au contraire de l'aide d'eux qui ne sera pas en vain. Être capable d'aller voir un adulte pour obtenir de l'aide est important et cela montre que le lien existe, même si pour cela il faut se faire appeler la balance. Les sentiments se suivent et ne se ressemblent pas. Les échanges entre celle qui parle et celui qui est silencieux se passe à tâtons, avec des appréhensions, mais de toute façon que peuvent-ils bien perdre de plus ? La fin est vraiment géniale et apporte cette douceur que nous ressentons tout au long de l'histoire. Un coup de cœur pour les mères qui sont un véritable gang à faire peur !  

En conclusion, un récit court, intense qui peut être utilisé dans une classe pour faire comprendre certains points, ce que je ferais dès que j'aurais mis au point certaines choses. C'est une belle histoire d'amitié, de peur qui peut provenir de divers événements.
 

 Extrait choisi :  

« Morgane déglutit. Elle ne veut surtout pas que ses parents sachent qu'elle n'a pas d'amis. Qu'elle est seule. Pas parce qu'elle se sent honteuse d'être rejetée par les autres ou qu'elle se sente coupable de quelque chose, mais parce qu'elle ne veut surtout pas les inquiéter et qu'elle sait que ça leur ferait beaucoup de peine. Au début, à la rentrée, elle s'était dit que ça ne faisait rien, qu'en faisant un petit effort, elle parviendrait à se faire des copains, comme quand elle était en CM2, mais elle s'était vite rendu compte que ce n'était pas si simple dans le collège. Que le fait de venir d'une autre région et donc de n'avoir fréquenté aucune des autres écoles primaires du coin est un vrai problème parce ce que les élèves de sa classe ne parlent et ne trainent qu'avec les gens de leurs anciennes écoles. Que sourire et être gentille avec tout le monde ne suffit pas. »