Rencontre avec Boulet, pour son projet Rogatons aux éditions Exemplaire

Rencontre avec Boulet, pour son projet Rogatons aux éditions Exemplaire
Retour à une activité en ligne très dense pour Boulet, qui tient depuis le début 2021 une production quasi quotidienne en courts strips sur son compte instagram. L’auteur grandi en Bourgogne va transformer ces planches en livre, grâce aux éditions Exemplaire, créées récemment par la marseillaise Lisa Mandel. Cette jeune structure d’édition a déjà annoncé et bouclé des financements participatifs avec les auteurs comme Guillaume Long ou Thibault Soulcié.
Boulet est lui aussi en plein crowdfunding, qui se refermera fin de ce mois de septembre, pour ce livre « Rogatons », dont les objectifs initiaux sont déjà largement dépassés, avec plus de 4500 contributeurs au 18 septembre. C’était une bonne raison de parler de ce démarrage/retour en fanfare avec lui, dessinateur sur la série Donjon Zénith (avec Sfar et Trondheim au scénario) et scénariste de Bolchoï Arena (avec Aseyn au dessin), pour voir comment cet agréable projet se met en place.

Le lien vers le financement participatif de Rogatons de Boulet, sur le site des Editions Exemplaire.

Rencontre avec Boulet, pour son projet Rogatons aux éditions Exemplaire

Bulle d’Encre : Graphiquement, comment cela a fait évoluer votre travail, par rapport aux planches que vous publiez sur votre blog ? Le format Instagram en quelques cases lues horizontalement, comment vous y êtes venu ?
Boulet : J’ai plusieurs « styles » qui se disputent sur le blog : des choses un peu aquarelleées, des choses un peu fouillies avec beaucoup de traits… Ici je souhaitais revenir à un style plus lisible, presque « franco-belge », en conservant mon système de hachures, mais en utilisant un trait plus net, plus noir, avec des aplats d’encre. Je voulais quelque chose qui soit agréable à lire sur un écran de téléphone.

BDE : Quels échanges le medium Instagram a-t-il permis avec les lecteurs ?
Comment comparer ça par rapport à votre blog www.bouletcorp.com, sa grande époque niveau fréquence des commentaires et désormais ce qu’il est devenu ?

B : J’ai retrouvé un des aspects du blog qui ne me manquait pas forcément beaucoup, à savoir la page de commentaires. J’appréhendais un peu cela, mais il s’est avéré que sur Instagram, les gens semblent se tenir mieux. Peut-être que ça vient du fait que personne ne tient à se faire bannir, ou juste au fait qu’il y a tellement à voir partout que les gens ignorent plus volontiers quelque chose qui ne les intéresse pas ?
Concernant la comparaison avec le blog, les équilibres ne sont plus les mêmes. À l’époque du blog il y avait entre 50 000 et 60 000 personnes qui passaient chaque jour, mais c’était un site ou il y avait uniquement mon contenu et personne d’autre, c’était un des blogs BD les plus suivis de France. Maintenant j’ai davantage de monde qui voit mon travail, vu que je suis suivi par plus de 75 000 personnes, mais c’est comme être UNE vitrine parmi d’autres dans un centre commercial. Mais j’avoue que j’aime bien cette situation d’avoir plus de lecteurs/trices pour moins de pression !

Rencontre avec Boulet, pour son projet Rogatons aux éditions Exemplaire
Rencontre avec Boulet, pour son projet Rogatons aux éditions Exemplaire

BDE : Quel rôle a eu et a votre compte twitch et son alimentation par vous, et les interactions que vous y avez eues avec vos lecteurs ou d’autres artistes, en particulier pour ce Rogatons ?
B : Je dirais assez faible. Twitch est une petite récréation où je dessine surtout pour une communauté réduite d’habitués. C’est très modeste en termes de fréquentation et d’impact. Je pense que mon compte va davantage bénéficier de Rogatons que l’inverse. Je vais dessiner la couverture et les contreparties en direct sur ma chaîne, ce qui va peut-être la faire connaitre un peu plus des gens qui me suivent sur Instagram !

BDE : Comment ça s’est noué et comment devrait se dérouler votre relation éditoriale avec Exemplaire et Lisa Mandel ?
B : Très simplement. Lisa m’avait parlé d’Exemplaire et m’avait demandé si ça m’intéresserait de participer à l’occasion. Ça m’intéressait, mais je n’avais pas grand-chose à lui proposer à ce moment-là. Et quand Rogatons est né, un peu par surprise, quand Delcourt m’a demandé si on en faisait un album ça a fait tilt : oui, j’allais en faire un album, mais chez Exemplaire. C’était exactement le projet qui me fallait pour ça.

BDE : La mobilisation de vos lecteurs, comment s’est-elle fait au début de vos planches sur Instagram et désormais avec le lancement du crowdfunding ?
Y a t il par exemple des anciens qui sont revenus par rapport au public de votre blog, vos réseaux sociaux… ?

B : Sur le blog j’avais un public qui est maintenant un peu plus âgé et qui n’a pas forcément suivi le virage des réseaux sociaux après Facebook. Une partie a suivi, une autre non, c’est d’ailleurs pour eux que je continue à poster les strips d’Instagram sur le blog. Sur ce financement participatif, je n’ai pas d’analyse démographique claire, mais ce qui est parti le plus vite, à ma grande surprise, c’est le contenu un peu luxe/dédicacé. Ce qui me fait dire qu’il doit s’agir de lectrices et de lecteurs plus proches de ma génération, des gens qui travaillent et qui ont un peu plus de budget !

BDE : Je me souviens d’un crowdfunding pour un ouvrage de Zack Weinersmith, auteur de SMBC, auquel vous aviez pris part. Et vous donnez une version traduite en anglais de vos planches sur instagram.
Du coup dans quelle mesure il y a une mobilisation du public anglophone sur ce crowdfunding ?

B : J’ai pas mal de lecteurs anglophones sur Instagram, apparemment, mais je ne pouvais pas publier une version bilingue de Rogatons. Ça aurait été trop lourd à gérer. J’ai eu quelques courriers pour me demander si j’envisageais une publication en anglais, mais je ne suis pas sûr qu’un financement participatif anglophone marcherait. Pour Augie and the Green Knight on était surtout sur le public de Zach. Un peu le mien aussi, mais il y a plus de français qui parlent anglais que d’Américains qui parlent français !

BDE : Comment s’articulent ces Rogatons et son édition avec vos autres travaux et actualités, Bolchoï Arena, Donjons et autres ?
Comment tout cela va s’insérer dans votre calendrier ?

B : Ça tombe comme un rhinocéros en gelée sur un buffet campagnard : c’est énorme et ce n’était pas prévu, je me demande comment le faire rentrer sur la table. J’ai eu un répit imprévu à cause du Covid, la crise sanitaire a décalé la sortie d’un gros projets aux États-Unis (un nouveau livre avec Zach Weinersmith !) et m’a donné une respiration inespérée, mais pour Rogatons, je n’étais pas prêt. Lisa m’a dit : « on a un créneau MAINTENANT » et j’ai sauté, mais ce n’était absolument pas le bon moment. Hasard du calendrier, quelques jours plus tôt j’avais posté une BD expliquant aux jeunes qu’il fallait se lancer, que le bon moment n’existait pas et n’arriverait jamais. J’ai juste suivi mon propre conseil.

Interview réalisée par Damian Leverd le 18 septembre 2021
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