La riposte - Jean-François Hardy

 La riposte  -   Jean-François Hardy


La riposte - Jean-François Hardy


PlonParution : 26 août 2021Pages : 208Isbn : 9782259306942Prix : 18 €
Présentation de l'éditeur
« Tu sais, Jonas, je ne vais pas passer mon existence à baiser tandis que le monde tombe en morceaux. Il est temps d’arrêter le carnage et de riposter. » 
Dans un Paris désagrégé par la crise écologique, la misère a définitivement pris ses quartiers. Au rationnement alimentaire s’ajoutent la violence de l’appareil d’État, la canicule et la maladie. Un mystérieux mouvement, Absolum, placarde ses affiches dans toute la ville et gagne du terrain. Son slogan : « Révolution pour la Terre ».
Dans ce chaos, Jonas est infirmier à domicile. Quand il ne s’occupe pas de ses patients, il se réfugie dans les bras de la jeune Khadija, déterminée à sauver le monde. À 37 ans, Jonas est au contraire désabusé et s’apprête à fuir comme tant d’autres vers le Nord, en quête d’une vie meilleure. Mais peut-il partir si facilement sans se retourner ? Qu’est devenue sa sœur Natalia, sa seule famille, dans la campagne aride privée d’électricité ? Et s’il parvenait à convaincre Khadija de le suivre ?
Perdu entre deux âges, incapable de s’engager comme de rester loyal à un système dont il a su pourtant profiter, Jonas va devoir faire face au murmure d’une grande révolte. Alors qu’il a oublié la dignité de mourir, au cœur de son serment, d’autres, par leurs combats, vont lui réapprendre celle de vivre.
La Riposte nous plonge dans ce qui pourrait ressembler à 2030 avec une grande inventivité et une lucidité féroce. Une invitation littéraire saisissante au monde de demain.
Mon avis
C'est un premier roman que nous propose Jean-François Hardy.  Il a été plume pendant deux ans au cabinet de l'écologie.  Il nous propose un roman qui nous transporte dans un avenir proche, une grosse dizaine d'années.  Nous sommes à Paris dans les années 2030, la ville n'est plus que l'ombre d'elle-même.  Les pandémies font rage, des maladies contractées par la pollution, l'usage abusif des produits chimiques, engrais, produits phytosanitaires etc...
Jonas, notre narrateur, est infirmier, il aide les malades en fin de vie. Il a décidé de tout laisser , de tout quitter pour se diriger vers le Nord, tenter sa chance dans l'espoir d'un meilleur climat et d'une vie meilleure.
Même en hiver les températures avoisinent les 30 degrés.  L'eau et les denrées deviennent rares par le fait des incendies de plus en plus fréquents.  Le rationnement est mis en place.
Le monde est contrôlé, régenté.  La société est divisée et un murmure révolutionnaire - un groupuscule nommé ABSOLUM - fait rage.  
Jonas est partagé entre l'amour qu'il éprouve pour Khadija - militante d'Absolum -, le lien familial avec sa soeur Natalia et l'envie de partir.  Que faire ? Regarder ce monde en déliquescence ou agir ?
C'est cette question que Jean-François Hardy nous pose en se basant sur des rapports de plus en plus alarmistes du Giec.  Quand la fiction rejoint l'actualité, nous sommes en plein dedans , mais est-ce une fiction ?
Que ferions-nous ?  Que faisons-nous ?
Un roman percutant, très réaliste que je me suis surprise à vouloir terminer assez rapidement malgré sa noirceur.  Une lecture indispensable pour peut-être avoir le sursaut nécessaire pour réagir avant qu'il ne soit trop tard pour sauver notre planète et notre espèce.
Ma note : 8/10 
Les jolies phrases
Tout nous oppose.  Il croit au pouvoir des Hommes, à la civilisation, au progrès.  Je crois que nous ne sommes qu'un tas de terre glaise mal cuite s'effondrant sous son propre poids.
Je ne veux pas mourir avant d'être sûr d'avoir été vivant.
Il fallait des racines plutôt qu'une fuite, c'était donc si simple.
Au fond, on fait la même chose.  On essaye de tenir à bout de bras un monde qui craque, on nettoie pour les autres, on fait le propre autour de nous.  On se tue pour rien.  Sauf que moi j'ai décidé d'arrêter, avant d'avoir le dos en miettes comme elles.
Qu'est ce qui éteint un homme, l'épuisement du chantier, la peur de l'avenir laissé à ses enfants ?
Peut-être simplement, le poids de la vie, celui des morts qui morcellent le chemin jusqu'à soi.  
Si je renoue avec le point d'origine, c'est plus facile de comprendre le point d'arrivée.  
Un train qui file dans la plaine, ce n'est pas le grand chamboulement que j'escomptais.  Mais quand le départ n'est plus, que l'arrivée n'est pas encore, c'est déjà un putain de paradis suspendu.  
Tu te rends compte : j'ai oublié la voix de mon père.  et celle de maman, je m'en souviens à peine.  Il reste quoi alors, si même tes propres enfants oublient le son de ta voix ?
Peut-on vraiment éteindre la race des maîtres ?  Celle qui a pris les Noirs d'Afrique pour les coller dans des champs de coton.  Celle qui a pillé, massacré, jusqu'à ses propres enfants, pour un mètre de lopin de terre du voisin.  Celle qui a crevé les montagnes pour se gaver de charbon, percé les déserts pour y boire le pétrole.  Celle qui s'est introduite partout pour chasser les langues indignes, les rituels barbares.  La race qui a violé par millions les femmes.  La race des seigneurs qui a fait régner sa terreur sur chaque parcelle de peau, dans chaque wagon de métro, dans chaque maison, dans chaque lit.  La race qui a ravagé le monde.  Serait-ce donc cela qu'il fallait faire depuis le début, choisir ?  Partir ou rester, collaborer ou se battre, aimer et mourir peut-être.
La riposte - Jean-François Hardy

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