Le voyage de nos vies – Chris COLFER

Par Lamouche

Le voyage de nos vies
Par Chris COLFER
Chez Michel Lafon (poche)
Avertissements de contenu : Homophobie, transphobie, maladie, mort, racisme

Cash Carter est une star internationale. Aussi, lorsque quatre de ses plus grands fans l’invitent à se joindre à eux pour un road trip à travers les États-Unis, ils n’imaginent pas une seconde qu’il puisse accepter. Sauf que Cash est présent le jour du rendez-vous. D’abord pétrifiés par leur idole, les adolescents réalisent bientôt que leur star est avant tout un être humain comme les autres avec ses forces, ses faiblesses… et ses secrets.
Pourchassés par les reporters et traqués par les paparazzis, ils découvriront, au rythme de ce voyage mouvementé, la vérité sur Cash Carter. Et sur eux-mêmes.


Le voyage de notre vie est un roman qui a atterri dans mes mains un peu par hasard. Ma génération connait Chris Colfer pour son rôle iconique du petit écran mais j’ai l’impression que ses romans sont un peu passé sous la trappe. J’avais essayé de lire Struck à l’époque de sa sortie, mais cela avait été un véritable échec pour moi.

Ce doit être l’écriture de Chris Colfer qui colle pas, ou une histoire de traducteur. Elle est vivante, son écriture, je trouve. Une écriture où tu as l’impression que le narrateur lui-même se trouve à côté de toi à te la narrer cette histoire de roadtrip. Ce pourrait être sympa si l’auteur allait jusqu’au bout de son idée, j’ai l’impression qu’il se retient dans son écriture. Du coup, on se retrouve dans une narration trash, mais pour enfant. Ça colle bien avec certains personnages, mais pas vraiment avec le fond de l’histoire. Dommage.
Et tout va trop vite, surtout à la fin ! Si le roman met du temps à démarrer, juste ce qu’il faut pour que l’on apprenne à connaître les personnages et à les aimer, dès que la partie aventure en voiture commence, tout s’accélère. J’ai eu l’impression de lire un récit bâclé, fini à la hâte. Je n’ai pas compris d’où c’est venu, car les premiers chapitres sont réellement prometteurs !
Le récit nous laisse sur de nombreux flous si bien que la fin du roman m’a paru aussi improbable que cliché. C’est si rapide ! Comment voulez-vous que moi, lecteur, réussisse à tout assimiler ?

Par contre, y’a pas à dire, les personnages sont très bien écrits ! J’ai été de surprise en surprise, mais de façon positive avec ce groupe d’amis. L’un d’eux est en pleine pré-transition (et son identité a été respectée par la traduction !), un autre est homosexuel dans une famille très croyante, une jeune qui n’arrive pas à suivre ses rêves et non ceux de son père… Sans oublier cet acteur qui a été mis sur le devant de la scène depuis qu’il a dix piges.
Ils sont chacun très bien construits, avec leurs défauts et leurs qualités. Cela fait plaisir d’avoir des personnages jeunesses complets et vivants, portant sur leurs jeunes épaules des problématiques si réelles et douloureuses pour de nombreux adolescents.
Chris Colfer a une écriture bienveillante, c’est certain. Mais encore une fois : tout va vite, surtout à la fin. L’un des personnages est malade et sa condition s’accélère littéralement aux dix dernières pages. En deux chapitres à tout casser, des actions maladroites sont pardonnées, on se rabiboche et hop, happy ending. Je ne suis pas contre ce dernier, mais une centaine de pages supplémentaires n’aurait pas été de trop.

J’ai aimé lire Le Voyage de nos vies, c’est certain. Mais ce roman a beaucoup trop défauts pour que je puisse le recommander correctement ce qui est vraiment dommage car il a vraiment un potentiel certain.