S. Craig Zahler : Dédale mortel

s. craig zahlerS Craig Zahler, né en 1973 à Miami (Floride), est un romancier, novelliste, réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur et musicien américain (batteur et parolier d’un groupe de Heavy Metal) vivant aujourd’hui à New York. Dédale mortel, son nouveau roman, vient de paraître.

Great Town en Floride. Darren Tasking, se déclare entrepreneur, entrepreneur dans une branche très spéciale, « Je dirige des lieux de plaisir pour une clientèle riche », un souteneur donc. Bel homme, très soigné de sa personne et extrêmement prudent dans ses affaires, il répugne à employer la manière forte et déteste le crime. Quand il croise Erin Green dans un club, la belle strip-teaseuse lui tape dans l’œil et il va employer les grands moyens pour la convaincre de venir bosser pour lui. Criblée de dettes et vu l’offre mirobolante et les conditions de travail luxueuses, elle accepte, le temps de se renflouer et pouvoir redémarrer une nouvelle vie. Ce serait sans compter sur les complications imprévues qui vont venir contrarier les projets de Tasking…

Le roman démarre lentement et il en sera ainsi très longtemps. Nous faisons connaissance avec Tasking, la classe et le luxe ; l’organisation méticuleuse et hyper sécurisée de son commerce ; le bonhomme ne nous est pas réellement antipathique et si sur le fond sa morale est plus que douteuse, il a néanmoins des codes d’honneur et de vie. Entrée en scène d’Erin qui affole la galerie, à commencer par notre souteneur. Elle aussi est très sympathique, c’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman, deux héros sympas aux vies et actions plus que condamnables…

Le bouquin est très bien écrit, presque d’une écriture classique pour une ambiance BCBG, malgré le sujet traité. La narration, simple à suivre, ne manque pas néanmoins d’emprunter des voies de traverse que le lecteur imagine importantes pour la suite mais qui ne le seront pas ! La story ne prend réellement son envol qu’après quatre cents pages et j’entends par « envol », ce qui caractérise le style de Zahler et ce pourquoi nous l’adorons (ou pas !) : l’arrivée de la violence et du sexe et pour ça, l’écrivain est balèze, les scène d’anthologie vont s’aligner, ça va gicler de sang ou de liqueurs plus intimes avec les exagérations telles que celles qu’on retrouve chez des cinéastes comme Tarentino. On aime ou on déteste, mais on en prend plein les yeux.

Un fou furieux (« le bouseux ») croisé bien plus en avant du bouquin revient à la charge tandis que Tasking et Erin qui commençaient à planifier une liaison en viennent à s’affronter, conséquence de mensonges mal négociés de leur part : quelle est la vraie identité d’Erin s’interroge le mac, est-ce lui qui a tout manigancé pour faire de moi une pute se demande la belle ? Les réponses à ces questions méritent la mort pour le(s) menteur(s)…

Le long finale est une apothéose granguignolesque d’une grande inventivité perverse de l’auteur, d’un feu d’artifices et de pétarades sanglantes et plus que douloureuses.

PS : pour une raison que j’ignore, dans ce roman, les acteurs urinent fréquemment. Je sais bien que ce n’est pas ça qui va vous donner envie de le lire, c’était juste pour dire.

PPS : pour être tout à fait franc avec vous, j’avais préféré le précédent livre de l’écrivain Les Spectres de la terre brisée(2018).


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