Marion Brunet – Vanda ***

Marion Brunet – Vanda ***

Le Livre de Poche - mars 2021 - 224 pages

*

De Vanda, personne ne sait grand chose ; son passé demeure obscure. C'est une femme aux cheveux fous, aux tatouages hypnotiques, qui vit seule avec Noé son fils de six ans, dans un minuscule cabanon, au bord de la Méditerranée. Noé, alias Bulot, qui n'a jamais connu son père. Mère et fils vivent tous les deux en marge des autres, de la ville. Ils n'ont besoin de personne d'autre ; ils se suffisent à eux-mêmes.

" Toi et moi contre le reste du monde. "

Vanda est une vraie mère louve, sauvage, protectrice, possessive. Elle aime son fils à la folie. " Rien que son fils et elle, il n'y a que ça qui compte vraiment, au final. Son visage dans sa nuque, elle renifle son odeur comme une bête, se retient de le mordre. " Leur relation est fusionnelle.

Et puis un jour, Simon, le père de l'enfant, débarque dans leur vie après sept ans d'absence. Sept ans pendant lesquels il ne s'est jamais douté qu'il avait un fils. Le monde de Vanda s'apprête à voler en éclats.

Vanda m'a littéralement bouleversée. Cette femme éprise de liberté, solitaire, qui se fout du regard des autres, folle de son fils - prête à tout pour ne pas le perdre et dont la rage ne demande qu'à être libérée.

Marion Brunet nous offre à travers une écriture violemment poétique un saisissant portrait de femme et de mère ; quand la sphère intime se heurte à la violence de la société. L'émotion des dernières pages est intense.

Une lecture comme un uppercut, de laquelle je ne sors pas indemne.

***

" Vanda a admis très tôt qu'elle était seul, comme on est seule au jour de sa mort. Elle en a consommé la douleur jusqu'à en faire une identité, une armure. "

" Quand son fils est né, quand elle l'a reçu contre elle la première fois, ça a déchiré quelque chose, en dedans. Il était là et il n'avait qu'elle. Il va t'aimer toute sa vie, elle se répétait, et elle ne savait pas si c'était un bonheur ou une putain de malédiction. "

" Le coeur de Noé tremble jusqu'aux prémices d'un sanglot mais la peur est trop grave pour libérer de nouvelles larmes. Il est trop tôt. A moins que la seule défense possible soit l'envol, l'envolée d'un rire qui ne prend sa source dans aucune drôlerie, qui se suffit à soi-même, un rire qui s'écoute grelotter, racler, battre le bruit des vagues. Un rire qui ne tient pas la distance. Le même rire que celui de sa mère. Il a six ans, il va tout perdre. "


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