Justice league : seconde chance avec le snyder's cut

JUSTICE LEAGUE : SECONDE CHANCE AVEC LE SNYDER'S CUT
 C'est l'histoire d'un film qui s'est retrouvé en salle sans pouvoir se reconnaître. Comme si le photographe chargé d'exécuter votre portrait se permettait de retoucher la coiffure, d'ajouter des moustaches, et de modifier la couleur des yeux. Du coup, l'échec relatif du long métrage de la Justice League criait vengeance. La grande interrogation était : où voulait vraiment en venir Zack Snyder, avec quelles armes, vers quel grand dessein? Admettons-le, le charcutage de Joss Whedon n'avait rien d'un plat de fin gourmet, aussi hésitions nous entre le risque d'une indigestion définitive (quatre heures ou presque...) et un rachat inespéré. Le Snyder's cut, un beau jour, est finalement arrivé. L'essentiel réside bien entendu dans le film, l'histoire en elle-même. Et là les temps sont durs, les temps sont sombres, chez les héros Dc. La violence et le terrorisme semblent être devenus monnaie courante (dans le premier quart une scène d'attentat déjoué par Wonder Woman, vraiment spectaculaire et bien troussée, vient annoncer la couleur) et l'espoir qu'incarnait la figure héroïque de Superman repose entre quatre planches, ce qui ouvre aussi la porte à des menaces plus grandes encore que tout ce qui a été aperçu précédemment. Ce n'est donc pas un hasard si depuis quelques temps on peut croiser des paradémons à l'appétit aiguisé par la peur, et si les différentes "boites mères" (les "mother box" permettant de créer des tunnels boom, et chers au Fourth world de Jack Kirby) se trouvant sur la planète, se mettent à s'agiter et envoyer des signaux préoccupants. L'envahisseur arrive, et pas uniquement pour prendre un apéritif au bar du coin. Steppenwolf, le grand méchant du film, est au service de Darkseid, mais à lui seul il possède suffisamment de pouvoir pour mettre la pâtée à n'importe quel justicier masqué. Les amazones subissent une déroute mémorable. Seul un certain kryptonien pourrait l'arrêter, mais justement, le monde n'a pas encore fini de le pleurer. Du coup, c'est Bruce Wayne et ses ressources faramineuses qui va devoir s'y coller. Pour parer à la menace, une chauve-souris ne suffira pas, mais une équipe de types à super-pouvoirs, ça pourrait le faire? Aidé par Wonder Woman, Batman part faire du recrutement, et à l'ère de Linkedin et d'Internet, il préfère des entretiens face à face, qui ne sont pas tous aussi probants que prévus. Mais l'important, c'est que Steppenwolf arrive, ainsi la Justice League n'aura-t-elle d'autre alternative que de se former, et de partir à l'assaut pour sauver les meubles. Au fait, Steppen who? Nous, nous le connaissons, mais imaginez la tête des novices qui ont l'intention de se divertir en ayant comme uniques point de repère Superman, Batman, et le Flash de la série CW. Pas certain qu'ils accrochent à ce super vilain, dont l'animation motion capture accuse quelques ratés, et ne décrochera pas l'oscar du genre (on note toutefois des améliorations dans cette nouvelle mouture). Mais bon, réjouissez-vous, avec le Snyder's cut, Darkseid aussi est porté à l'écran. Orgasme de geek assuré. 
JUSTICE LEAGUE : SECONDE CHANCE AVEC LE SNYDER'S CUT

Vox populi, vox dei. Un axiome qui a encore plus de force à l'ère des réseaux sociaux, qui ont vu fleurir le hashtag #ReleasetheSnyderCut et une campagne active, pour que ce saint Graal du fan de Superman et consorts sorte enfin des cartons. Une pression qui trouve des alliés inattendus en la personne du coronavirus, qui paralyse les tournages en cours ou prévus, et en la crise larvée chez HBO, à la peine pour trouver du contenu original et de qualité susceptible de booster le nombre des abonnés à sa plateforme de streaming. Du coup, c'est une jolie enveloppe de 70 millions de dollars qui est allouée afin que puisse aboutir cette seconde mouture survitaminée et plus fidèle aux intentions de départ. Snyder jubile mais initialement ne sait plus sur quel pied danser. Serait-il bon de proposer un film monolithe, un pavé gargantuesque, ou au contraire de tout miser sur une mini série en quatre ou six volets? Au final ce sera un travail hybride, et fascinant. Non, cette Justice League n'est pas le miroir parfait du projet de départ de Snyder, mais bien une nouvelle vision, fruit de l'eau qui a coulé sous les ponts, le dépoussiérage et remaquillage d'un film qu'on avait assassiné, mais dont on apprend en fin de compte qu'il avait un frère jumeau. Ou presque. Car le réalisateur a également des comptes à régler, avec ces mêmes grands pontes de la production, qui lui ont bien signifié que l'avenir s'écrira sans sa personne, sans ses idées, sans son esthétique. Tant qu'à baisser le rideau, autant que ce soit dans une orgie pyrotechnique élégiaque. Et c'est ce que fait le bon Zack, usant et abusant de ralentis qui à eux seuls diluent la sauce pour toute la tablée. La Justice League évolue dans un tableau fort sombre, sous des couleurs sursaturées du début à la fin d'un film qui a le goût de l'acier et de l'ozone. On s'y cogne en prenant la pose, chaque coup et chaque attitude relèvent plus d'un mythe en cours d'écriture que du super héroïsme pur et dur. La logique narrative, la construction rationnelle est bouleversée par l'envie d'en découdre, de tous (des personnages et de Snyder lui-même) produisant un effet de surenchère permanent dans le merveilleux, le spectaculaire, sans prêter attention aux moyens déployés pour atteindre la cible. Tous les coups sont permis, mon cher Darkseid. En parallèle le film joue parfois aussi la carte de l'humour. Même le Batman de Ben Affleck, atteint de sinistrose aigue précédemment, y va de son petit numéro d'humour cabotin, et le Flash de Ezra Miller crée un décalage permanent avec les autres, avec son sentiment d'insécurité et de précarité dans le métier, qui en fait une sorte de transfuge des films Marvel, perdu au royaume de la Distinguée Concurrence. Aquaman (Jason Momoa) est toujours ce matador badass qu'on devinait, mais suinte aussi la vulgarité de ces gros bras de quartier qui se complaisent à mater les plus faibles, à la force de biceps qui leur servent de cerveaux. Rien de royal chez cet Arthur Curry là, qui tient plus du repris de justice (League) hipster. Cyborg est une bonne surprise, son rôle n'est pas que mineur, et il a droit à un traitement respectueux, au point qu'il apparaît décisif pour la résolution de l'intrigue. Wonder Woman (Gal Gadot, naturellement) est fidèle à elle même, à savoir fort limitée dans les expressions faciales et dans l'explosion de sa rage, mais disons le franchement, un regard en coin, malicieux, et voilà qu'on lui pardonne beaucoup. Ce n'est donc pas le panthéon du genre qui est l'objectif fixé par Zack Snyder, mais plutôt le blockbuster ultime, décomplexé et nombriliste, tel le boxeur qui sait déjà qu'il a perdu le combat pour le titre, mais qui assurera le spectacle pour les foules, jusqu'à l'ultime round, à la barbe de la technique et de la subtilité, à coups de béliers et de grands moulinets. Du reste, ne voici pas que s'élève la clameur du public, juste sur le gong? #ReleaseThe SnyderVerse! A suivre au prochain épisode? 


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