Dernière visite à ma mère - Marie-Sabine Roger ♥♥♥♥♥

 Dernière visite à ma mère   -  Marie-Sabine Roger  ♥♥♥♥♥


Dernière visite à ma mère    -   Marie-Sabine Roger  ♥♥♥♥♥

















L'IconoclasteParution : février 2021Pages : 144ISBN : 9782378801724Prix : 18 €
Présentation de l'éditeur
Le regard d’une romancière sur une expérience universelle : l’accompagnement d’un parent en fin de vie.
Pendant deux ans et demi, l’autrice a visité sa mère placée en Ehpad, avant qu’elle ne décède quelques semaines avant le confinement. Très vite, la vieille dame est rendue incontinente et grabataire, faute de personnel à ses côtés. Les mains n’obéissent plus, la mémoire s’évapore, la dépression s’installe. On l’infantilise, on la médicamente pour qu’elle ne crie plus sa solitude. Bientôt, elle ne sera plus que silence. Jusqu’à la fin, cependant, sa fille cherche à renouer les liens avec cette mère fantasque, insaisissable et s’interroge : peut-on se dire ce qu’on ne s’est jamais dit à la fin du jour ? Peut-on enfin oser les gestes de tendresse ? Une écriture à l’os qui donne toute sa portée au récit.
L'auteure
Dernière visite à ma mère    -   Marie-Sabine Roger  ♥♥♥♥♥









Marie-Sabine Roger vit en Charente. Autrice jeunesse importante, avec plus d’une centaine de livres à son actif, elle accède à la notoriété en littérature générale avec La Tête en friche, publié en 2008 aux éditions du Rouergue, adapté au cinéma par Jean Becker, qui adaptera aussi Bon Rétablissement. Son dernier roman, Loin-Confins, toujours au Rouergue, est sorti en août 2020. Ses romans sont traduits dans plusieurs langues, avec succès.
Source : L'iconoclaste
Mon avis
Une claque! Un livre qui secoue parce que ce qu'il véhicule est universel et que nous allons tous vieillir! 
Marie-Sabine Roger commence à écrire un journal intime en 2017 alors que sa maman a 90 ans, celle-ci décèdera deux ans plus tard, juste avant le premier confinement.
2017, sa maman doit être placée, un terme dont la définition est réservée aux objets, aux matières inertes.  " Poser quelque chose quelque part, l'y mettre, être mis en dépôt dit le dictionnaire !  Une terminologie atroce.
Être placée cela signifie l'abandon !
L'abandon de sa maison, 50 ans de vie.  L'abandon de ses repères, l'abandon de ses souvenirs.
"Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait 50 ans de ta vie, de la nôtre"
"Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure. A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement. C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend."

Difficile d'accepter la vieillesse et la maladie malgré les divers signes que l'on se refuse de voir.  Difficile de dire à sa maman qu'elle raconte toujours la même chose, qu'elle change, qu'on a remarqué des soucis d'incontinence, qu'elle ne mange plus bien et que l'on voit bien que la télé a remplacé les livres, que les choses changent.
"Ne pas vouloir vieillir, n'est pas du déni mais de l'évitement."
Pour Marie-Sabine, la distance qui s'installe, celle de la communication mais aussi huit heures de route qui les séparent rendent la situation plus compliquée.
Est ensuite décrite, la triste réalité des EHPAD, le manque de personnel, de temps, de moyens; ce qui fait qu'en un rien de temps sa maman deviendra incontinente et dépendante car c'est plus facile de mettre des couches aux gens que de les accompagner dans la dignité...
Vieillir en Ehpad c'est l'abandon de soi aussi.  Pour des raisons pratiques on habille les pensionnaires comme des clowns avec des vêtements trop grands, sans forme mais pratiques pour gagner du temps toujours.
Vieillir en Ehpad c'est subir la honte : honte de se faire dessus parce que l'on n'est plus autonome.  
Vieillir en Ehpad c'est moins de contacts sociaux ou des contacts avec des étrangers qui crient, hurlent au lieu de parler devenant séniles et malades.  C'est une détresse que l'on n'entend pas et qui conduit à l'isolement, à la perte des mots.
Vieillir en Ehpad c'est aussi de la nourriture sans texture, sans saveur, des activités de maternelles, comment garder sa personnalité, rester en éveil, c'est encore et toujours l'abandon.
Maris-Sabine Roger nous livre un récit très réaliste, c'est dur car cela nous concerne tous.  Elle choisit les mots avec force, précision et rend son récit poétique.
C'est lumineux car c'est une façon de dire combien elle l'aime sa maman, important de se réconcilier avant la fin qui est de toute façon inéluctable. Comme elle le dit si bien "On ne cesse pas plus d'être l'enfant que l'on ne cesse d'être mère".
La vie continue et elle trouve la force dans l'émerveillement, celui de la nature, de la vie.
C'est un très gros coup de coeur ♥

Les jolies phrases
Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait cinquante ans de ta vie, de la nôtre.
Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure.  A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement.  C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend.
Ce qui est trop près de nous, on ne le voit pas bien.
La distance entre nous ne se calcule pas de façon kilométrique, elle s'est tissée de choses jamais dites ou que nous disons mal.  Elle se compte en années obscures comme on dit des années-lumière.  L'obscurité est une unité de mesure, chez nous. 
Peut-on prétendre aimer la vie, quand on n'est pas capable d'apprécier un bon plat ?
Vieillir, c'était mourir à tout enchantement.
J'assiste à mon délabrement, je suis le témoin de ma ruine.
Comment être humain, sans humains ?
Faute de moyens et de temps, on te rendra incontinente, puis grabataire, en quelques semaines seulement.
Les colosses ont des pieds d'argile.  Plus près, jour après jour, de leur éboulement.
Plus le temps va, plus il va vite.Les dix dernières années sont passées dans un souffle.  Les dix prochaines se calculeront en secondes.  Les suivantes, si je les vis, seront un battement de cils. 
On ne cesse pas plus d'être un enfant que l'on ne cesse d'être mère.
Aujourd'hui on sauve les gens, au lieu de les laisser partir.
Aucun médecin n'est formé pour laisser mourir son patient sans rien faire.
Si vieillir est inéluctable, vieillir mal n'est pas obligé. 
On t'isole dans ta chambre pour les mêmes raisons.  Pour ne pas déranger les autres.On t'isole, quand tu cries de solitude, d'angoisse.  D'envie de retourner chez toi.Ils ne trouveront jamais le remède, pour ça.Il n'y en a pas. 
Je n'ai pas peur de vieillir.  Pas d'un point de vue esthétique, en tout cas.  Je me contrefous de mes cheveux blancs et si je râle sur mes rides, certains matins de vieillerie, je m'y suis quand même attachée.  Ce visage qui est le mien, il est unique au monde, il parle de mon histoire, il s'est construit, marqué, jour après jour.Cette ride soucieuse, là, elle est venue ces derniers mois.  C'est une cicatrice d'inquiétude.  Un faux pli dans la soie de la sérénité.Mais combien de rires, de sourires, pour toutes celles, nombreuses, qui plissent au coin de l'oeil ?
C'était comme si ton corps et ton esprit avaient fait sécession, l'un décidé à continuer le combat, cependant que l'autre, résigné, n'espérait que la reddition.
La vie est un bien précieux.  C'est aussi un mal incurable.  Personne n'en guérit jamais.
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