Larmes de crocodile - Fidéline Dujeu

 Larmes de crocodile - Fidéline Dujeu


Larmes de crocodile     -   Fidéline Dujeu
Weyrich éditions
Parution : février 2021
Pages : 144
Isbn : 978287489611-8
Prix : 14 €
Présentation de l'éditeur

Une voix d’enfant, une voix de femme. Deux histoires de métamorphose. Irrémédiablement accrochées l’une à l’autre, elles résonnent comme des contes et des chansons d’adolescence.
Deux récits, l’un centré sur une petite fille puis une adolescente, l’autre sur une femme. Peut-être – sans doute –, le même personnage à différents moments de sa vie?
Larmes de crocodiles évoque les relations de la petite fille avec sa mère. La tension est extrème, la mère est peut-être un monstre. En même temps, chaque étape est mise en pesrpective avec un conte. L’histoire personnelle, intime, devient histoire universelle. La mère et la fille, des types.
Siamois explore la relation d’emprise au sein d’un couple. Racontée du point de vue de la femme, qui subit la violence et s’adresse à son compagnon, son bourreau mais aussi son siamois, en «tu».
Fidéline Dujeu
Larmes de crocodile     -   Fidéline Dujeu













Je suis. Se définir c’est toujours s’étrécir, rentrer dans les contours d’un texte, choisir ce qu’on dit de soi, mais surtout ce qu’on ne dit pas. Je suis une femme. En soi, c’est déjà un défi, quelle que soit l’époque et le lieu. Je suis écrivaine. J’ai écrit des romans, des poèmes, des nouvelles, des textes fragmentés et défragmentés, sur papier, sur la toile. Des projets sont en construction, ici et là. Je suis performeuse, je me promène avec ma machine à écrire et ma collègue Isabelle Collet et nous écrivons en public, pour les gens, aux gens. Je suis animatrice et formatrice, spécialisée en ateliers d’écriture et d’expression créative. J’anime et je forme, qui me le demande, où l’on m’appelle. Pour la première fois en ligne depuis le début du confinement. Je suis directrice des Ateliers de l’escargot, je ne dirige rien du tout, je suis le mouvement du mollusque. Je suis thérapeute en constellations familiales et ceci a tout avoir avec cela. Maîtrise en transformation du vivant. Je creuse la terre, je la retourne, je sème des graines de tout ce qui pousse et je souffle sur les cosses trop serrées. Voici, une partie de ce que je suis. On peut sans doute découvrir d’autres parts sur les bords de mes routes.
Source : Blog de l'auteure

Mon avis
Ce sont deux textes courts qui font écho que l'on retrouve dans ce livre, Deux histoires de transformation, d'une relation fusionnelle, de la nécessité d'un arrachement, d'une séparation pour avancer.
Voici ce que le premier m'inspire :
Pleurs, Peur
Mots  - lireLire - Libre  - Ecrire
CONTES
Fille aiméeFille mal-aimée
Cendrillon : malédiction : souillonBlanche Neige : pilule - liberté - miroir- beauté
PEURS
Peur : éphémère , princesse ou crapaud ?Peur : enfant de sa mère , dans son coeurPeur : du noir par opposition à la lumière
VIOLENCE
Violence du miroir,Beauté, jalousieCompétition mère - fille
Folie ou liberté ?
Beauté des filles entraîne folie des mèresFolie de liberté, envie, jalousie
Beauté : corset, cheveux
Souffrir pour être belleSouffrir pour aimerAimer et souffrir
Attendre :
- le mari ?- l'amour ?
Le temps qui passe :
- violence des images, du miroir- Flétrir, vieillir
Force, mal , douleurForce, bien, douceur
Violence du silence
Se perdre Se retrouver
Fée ou sorcière ?
De la fusion à la séparation entre la fille et la mère, tantôt la fée bienveillante, tantôt rivale, sorcière hantée par la jalousie.  Dualité, amour et violence, le tout en relation avec les contes de fée.  Une écriture poétique.
Siamoise est le second texte, il parle lui aussi d'une séparation nécessaire.
Une relation fusionnelle, un amour inconditionnel.
Seize ans d'amour, de souvenirs, de fusion mais aussi assez paradoxalement d'enfermement, de solitudes, de déchirures.  Des pleurs, des larmes, la cruauté des faits.
" Je tu nous.   Je tue nous"
L'écriture salvatrice, tout d'abord en cachette puis sur la grosse machine à écrire, assumer, le montrer, le crier pour se libérer.  Gagner la liberté par la créativité.  
Mettre de l'ordre dans l'espace, dans sa vie, dans sa tête. Vieillir, l'accepter et voir l'autre qui ne change pas !  Le temps passe, la famille est là, quatre enfants ce n'est pas rien , ceux qui manquent, les amis, la famille et pourtant la solitude.
L'arrachement est inéluctable, la séparation douloureuse mais nécessaire pour s'affirmer, pour vivre et toujours les larmes.
J'ai terminé le récit une boule dans la gorge prise par l'émotion.  Des frissons, la chair de poule pour un récit que l'on sent personnel mais qui devient universel par le choix des mots au scalpel.  Une écriture poétique, épurée.
Au delà de la souffrance, de l'errance, c'est la libération, la vie qui reprend sa place, l'amour.
Ma note : 9.5/10
Les jolies phrases
Est-ce que la beauté des filles fait ressortir la folie des mères ?Est-ce que les filles préfèrent la folie à la liberté ?
Le visage de la mère est changeant.  L'enfant ne la reconnaît pas toujours.  Mauvais enfant qui ne reconnaît pas sa mère.  La nuit la transforme.  D'ange du soir, elle devient sorcière du matin.  J'aime les sorcières, pense-t-il, ce n'est pas grave. Non, non.  Baiser du soir, baiser papillon.  Baiser du matin, morsure d'araignée.  Elle n'est pas du matin.  C'est tout.  Qu'on la laisse tranquille.  L'enfant ne laisse jamais la mère en paix, il veut des preuves tout le temps.  Il veut des baisers papillons.  Laisse-moi mais laisse-moi donc, crie la mère dans la tête de l'enfant; et il ne veut pas l'entendre.   L'enfant dévore la mère.  Cannibale. Il n'est jamais rassasié.
Il faudrait écrire de nouveaux contes dans lesquels les femmes cessent de craindre les morsures de leur mère et de leurs soeurs, se débarrassent de leurs haillons, envoient valser les pots de graines et de cendres mêlées, dansent à pieds nus dans la rue, et vont leur vie. 
Migraine, mi- graine, et trijumeau.  Ce sont les noms du mal qui frappe la mère.  C'est sûr, nous avons quelque chose à voir là-dedans, pense l'enfant fille.  Et elle donne alors un peu de pouvoir à ses soeurs.
Même ce que tu voudrais soustraire à mon regard, je le vois.  C'est peut-être ça qui t'est insupportable.  Nous n'avons plus aucun mystère l'un pour l'autre. Seulement pour nous-mêmes.
Je tu nous.  Je tue nous.
La peur de perdre sa liberté peut-être plus forte que la peur de la mort, du désordre, de l'accroissement, de la désorganisation.
Je te quitte en rangeant la maison.  Tu ne vois rien.  tu vois tout.  Tu ne veux sans doute rien d'autre.
J'attendrai toujours de toi ce que tu ne peux pas me donner. 
Je n'ai pas découvert d'autres puissances que la poésie et l'amour.
Il n'empêche, nos images ne s'effacent pas.  Impossible d'être moi-même au delà de toi.
Il y a les abeilles dans le fond de mon jardin.  Je devrais te raconter la douceur de ces abeilles.  Il faut s'en approcher, il faut apprendre à les écouter, il faut faire silence en soi.  Et leur beauté alors. 
Ecrire écrire écrire parce que je ne sais rien faire d'autre, c'est ça ou devenir folle ou criser nerveuse.  Dérapages.  J'ai vieilli, je dérape moins : j'écris, c'est une forme de folie socialement admise.  Tant d'amour. Et les overdoses.  Et les addictions.  Ecrire addiction ça détruit moins, parfois, ça libère.  Être ailleurs et ici, ne pas vraiment en être, la vie est trop forte, les mouvements des corps comme des mouvements stellaires, attractions, je suis sur orbite. 
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