
Le deuxième onse-shot Giant-Size X-Men est consacré à Nightcrawler et afin de le mettre en avant, Jonathan Hickman et Marvel Comics ont la bonne idée de faire appel à l'un des dessinateurs qui l'a le mieux personnifié, à savoir Alan Davis.
Depuis que les mutants et les mutantes du monde entier se sont installés sur Krakoa, l'école du Professeur Xavier à Westchester a été déserté. Mais les X-Men ont capté un signal provenant de là-bas menant une équipe composée de Nightcrawler, Magik, Cypher et Eye-Boy d'aller enquêter sur place. C'est alors qu'ils y découvrent de vieux amis.
Le principe de Giant-Size X-Men, au-delà d'installer des pièces importantes à l'histoire globale de Jonathan Hickman sur la licence, est de proposer des histoires "à l'ancienne", c'est à dire réalisée avec la méthode Marvel qui consiste à ce que le scénariste pitche l'histoire au dessinateur dans les grandes lignes et que celui-ci s'occupe alors de retranscrire ce synopsis sur les pages qui composent le numéro en question avant que le scénariste pose ses dialogues en fonction des dessins terminés. Cette méthode a conduite à de grandes histoires comme la première apparition du Silver Surfer dans les pages de Fantastic Four.
Le fait est que de nombreux artistes modernes n'ont jamais eu l'occasion de travailler de la sorte et cela doit être un travail perturbant. Si je me réfère au premier one-shot Giant-Size X-Men, on voyait bien que Russell Dauterman arrivait à se faire plaisir mais il n'arrivait pas à personnaliser son histoire. Alan Davis, lui, a déjà travaillé maintes fois avec la méthode Marvel - notamment sur Excalibur écrit par Chris Claremont. Mais non seulement il est fort de cette expérience, il est un narrateur hors-paire en plus d'être un très bon scénariste. Très clairement, si on faisait un test en faisant lire ce numéro à des connaisseurs de comics en effaçant les crédits et, à la fin, on leur demanderait de nous dire qui a écrit cette histoire, je pense qu'un doute s'installerait dans leur esprit.
Un doute... parce que même si l'épisode est très Alan Davis dans de nombreuses choses - la grosse part d'action, il y a tout de même le délire Hickmanien qui persiste. Ce qui est normal puisqu'il reste le scénariste. Mais Alan Davis le digère et le sort à sa sauce... Ce qui me rappelle d'ailleurs le travail qu'il avait fait dans les pages de New Mutants Annual #2 de 1986. Peut-être aussi parce que le personnage le plus important de l'histoire n'est pas Nightcrawler mais bel et bien Cypher. Pourtant, il n'y a pas erreur sur la marchandise : Nightcrawler mène bel et bien l'action et l'intrigue. Mais Hickman en profite pour continuer ses petites révélations sur Doug Ramsey nous promettant quelque chose de génial.
J'ai tout de même quelque chose de négatif à dire sur cet épisode - qui est pourtant excellent sur bien des points - l'encrage manque terriblement de finition. J'ai presque l'impression que le coloriste Carlos Lopez est passé sur les crayonnés de Davis, bouffant son trait gâchant quelques cases. C'est dommage, nous étions à deux doigts de la perfection.


