Bloodshot : la review du film garantie 100% sans poisson d'avril

BLOODSHOT : LA REVIEW DU FILM GARANTIE 100% SANS POISSON D'AVRIL Toute notre compassion va à Valiant Comics, qui pour la sortie du premier film de super-héros issu de son univers narratif, se prend d'emblée le mur du coronavirus et la fermeture de toutes les salles du cinéma en pleine face. Bon, certes, les américains ont eu la possibilité d'aller le voir avant la catastrophe, mais les recettes engrangées parlent d'un four, de ceux dont on se relève avec une sacrée gueule de bois. Il vous reste la VOD, pour une soirée au coin du feu ou dans le lit, mais est-on certain que ce soit une bonne idée? Alors, ce Bloodshot, valait-il la peine qu'on lui consacre deux petites heures? Et bien, le long métrage semble droit sortir des années 80 et 90, dans l'esprit. Une compilation des travers et poncifs de l'époque, du héros militaire musculeux qui rentre chez lui en marcel moulant immaculé, après avoir mené à bien une énième mission périlleuse (prise d'otages au Moyen-Orient), pour y retrouver sa dulcinée (totalement transparente, juste là pour le pathos et le quota objets sexués du film), aux dialogues et vues surrannées (la Côte Amalfitaine en Italie, cela dit, c'est magnifique). Le spectateur se frotte les yeux, qui à ce point du récit commencent déjà à piquer très sérieusement. Arrive alors la tragédie, l'instant liminaire, qui fera basculer la vie (au sens propre comme au figuré) de Ray Garrison, qui de soldat surentraîné et testostéroné devient une sorte de Wolverine croisé avec Deathstroke (et Cyborg, vu ce qu'il parvient rapidement à faire). Une création merveilleuse des laboratoires du projet Rising Spirit Technologies, dont l'organisme est infesté de milliards de nanites, de petits robots très malins qui reconstruisent en temps réel son organisme, de l'épiderme aux organes internes, parant ainsi à toutes les blessures ou agressions imaginables. Bloodshot est virtuellement invincible, tout autant que Vin Diesel est inexpressif et salement embarqué dans un nanard de science-fiction où l'acteur semble débarqué avec quelques années de retard, bien que nous sachions à quel point cette histoire lui tenait à coeur. Pas de pot, on a relu récemment l'intégralité du Bloodshot de Jeff Lemire chez Bliss Comics, petite perle de complexité, où l'auteur canadien réussit le tour de force de crédibiliser et humaniser un personnage ultra bourrin, pour en faire une belle et brillante vitrine d'un univers Valiant moderne, par ailleurs fort intéressant et plus libre dans ses propos et intentions que ne le sont les deux soeurs jumelles, Marvel et DC Comics. Seulement, ce Bloodshot là, il est aux abonnés absents. Ce n'est pas lui qui casse du crâne et du coccyx de la main gauche, faisant passer Rambo et le Punisher pour de doux poètes romantiques pour cinéma d'auteur indépendant. Platitude totale du scénario, l'encéphalogramme est en panne? Tout ceci pour les quarante-cinq premières minutes. Car à partir de là, oh miracle, Dave Wilson parvient enfin à faire décoller son film! Vous êtes toujours là? Sérieux? Bon, on continue...

BLOODSHOT : LA REVIEW DU FILM GARANTIE 100% SANS POISSON D'AVRIL Tout ceci était trop plat et convenu pour être vrai. Et ça tombe bien, c'était faux! On manipule Ray depuis le départ, ce n'est en définitive que le jouet personnel du projet Rising Spirit, et son utilité est d'accomplir de basses besognes meurtrières sur commande. Là on rejoint le coté pathétique du personnage des comics, dont les souvenirs sont confus, parcellaires, ou simplement faux. Bloodshot n'est pas libre, c'est une arme, et chaque fois qu'il pense pouvoir s'affranchir, la boucle repart de plus belle, et il reste prisonnier de cette captivité high-tech. Sauf qu'il n'est pas seul, chez Rising Spirit, et les autres habitués de la boite ne lui veulent pas tous du mal. Enfin, ce n'est pas le cas de la charmante Eiza Gonzalez, dans le role de TK, capable d'effectuer un ballet kung-fu dans une piscine et d'en sortir maquillée comme avant une soirée en discothèque. Sa contribution au film est simple; émoustiller ces messieurs que la plastique de Vin Diesel n'inspire pas franchement, et aider Ray a trouver une résolution à sa captivité, parce que tout seul, ce bon vieux Bloodshot n'y serait pas parvenu. Coté méchant, Guy Pearce fait ce qu'il peut, et se révèle assez crédible et étoffé, c'est déjà ça. Les effets spéciaux sont globalement assez cheap et pas toujours très réussis, et la lisibilité de l'action peut en prendre un coup, comme dans une bien trop longue séance de bourre-pifs et cascades variées en chute continue le long des parois d'un building. Et cerise sur le gâteau, évoquons l'apparence physique de Bloodshot, son dress code tiré des comics, ce à quoi vous avez peut-être l'habitude de l'identifier. Dans le film, il ne s'en rapproche que pour une seule et unique scène, le reste du temps Bloodshot c'est Vin Diesel en habits civils, qui s'en prend plein la tête et se régénère aussi vite. Que ressent-il vraiment, comment compose t-il avec cette nouvelle réalité qu'est devenue sa vie après être tombée entre les mains de ceux qui l'ont amélioré (et réssuscité) à renforts de nanites? Tout le monde s'en fout, et oui!
On vous aura prévenu. Ce Bloodshot est une bonne petite série B, sans prétentions, rien de plus. Loin d'être un film capable de rivaliser ou d'approcher ce à quoi nous sommes habitués en salle, et c'est un vrai crève-coeur que de l'avouer, car j'aime sincèrement l'univers Valiant, et le personnage méritait tellement plus et mieux! 

BLOODSHOT : LA REVIEW DU FILM GARANTIE 100% SANS POISSON D'AVRIL
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