Sous les branches de l'udala

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SOUS LES BRANCHES DE L'UDALAde Chinelo Okparantachez Belfond, 22€
Exemplaire reçu en service de presse
Rentrée Littéraire 2018

1968. Le Nigeria et la jeune république du Biafra se déchirent. Ijeoma, onze ans, va voir son père mourir, et sa mère démunie et impuissante, lui demande d'aller vivre à Nweni. Hebergée par un professeur et sa femme, Ijeoma rencontre Amina, une jeune orpheline. Les jeunes filles tombent rapidement amoureuse. Seulement, au Biafra, dans les années 1970, l'homosexualité est un crime.
 
Chinelo Okparanta, nous offre un livre sombre sur un amour impossible. Impossible à cause du poids des traditions, de la guerre et de la religion, au Nigeria. On ne peut pas aimer quelqu'un d'une autre race, ou quelqu'un du même sexe, c'est une "abomination". Dieu l'a dit. Ne pas pouvoir choisir la personne que l'on aime, c'est également perdre une part de son identité, de ce que l'on est. C'est ainsi qu'Ijeoma va vivre, perdue entre l'envie d'être elle-même, d'aimer celle qu'elle aime au risque, peut-être, d'en mourir ; et le choix d'écouter ceux qui l'entourent, d'être raisonnable et d'oublier, de vivre une vie qu'elle n'a pas voulu.
Sous les branches de l'udala
On voit la jeune fille évoluer au cœur d'une vie de violence, durant laquelle elle va perdre son père, être séparée de sa mère, pour découvrir qu'elle ne peut pas aimer et être aimée librement. Une succession d'injustices, qui nous rapprochent de celle qui peu à peu va devenir une femme, et qui va devoir faire un choix. Symbole d'une lutte pour la liberté d'aimer, Ijeoma a été choisie pour illustrer le caractère homophobe répandu par l’Église, et pour nous rappeler qu'aujourd'hui encore, cette lutte ne cesse d'être d'actualité. La loi du 7 janvier 2014, criminalise les relations entre personnes du même sexe et les soutiens apportés sont passibles de quatorze ans de prison, alors que dans les États du Nord, la mort par lapidation est prévue.
Ce roman tragique et poignant, est lourd de sens. Écrit sous forme de fiction, quelque chose de fort nous attache à Ijeoma, parce qu'on sait, inconsciemment, que cette jeune femme est le symbole à travers laquelle des millions d'autres personnes vivent. De plus, et parce que je suis athée, je me suis également beaucoup reconnue, dans la réflexion face à la religion, notamment chrétienne. Ainsi, vous l'aurez compris, il s'agit d'une lecture qui demande une grande ouverture d'esprit, mais qui ne promet pas d'en sortir indemne.
Sous les branches de l'udala