Les Vétos | Film

Par Wolkaiw

Bonjour mes renardeaux, j'ai le plaisir de vous proposer un nouveau genre d'article ainsi que de nouveaux contenus. Comme vous l'avez deviné, je vais vous parler de films, et plus particulièrement des derniers films que j'ai eu l'occasion de voir, que ce soit au cinéma ou chez moi. Il ne s'agit pas, comme pour les livres, de vous proposer des chroniques complètes mais plutôt de vous livrer mon ressenti de simple spectatrice, de vous dire ce qui m'a marqué ou non etc. Je n'ai pas la prétention de faire une analyse ou quoique ce soit du genre, il s'agit d'écrire un avis plutôt court et synthétique. C'est un exercice dont je n'ai pas l'habitude, je ne suis pas une spécialiste du grand écran. 
Pour ce premier article je vais vous parler du film Les Vétos : 
🎬 BANDE ANNONCE 🎬

Une comédie dramatique française de Julie Manoukian, d'une durée de 1h32, sortie le 1er janvier 2020.

J'ai la fâcheuse tendance à traîner des pieds lorsqu'il s'agit d'aller voir une comédie. J'ai toujours peur de ne pas être sensible à l'humour, d'être mal à l'aise face à certaines blagues et/ou situations, de ne pas entrer dans l'histoire, tout simplement. Le sujet m'a ici interpellé, il s'agit de parler d'un métier que tout le monde pense connaître mais qui réserve bien des surprises : le métier de vétérinaire. 
Julie Manoukian, avec ce film, a choisi d'aborder ce métier selon l'angle du rural, de cette campagne et de ces villages que nous avons tous en tête, ces mentalités particulières et cette éducation un peu à la dure. Nous sommes loin de la ville et de son confort, loin des cabinets vétérinaires high-tech. Tout est beaucoup plus rustique, convivial d'une certaine manière. Le véto connaît tout le monde, le moindre animal, il assiste à toutes les mises bas. Il est l'ami, le confident, celui qui apporte les bonnes nouvelles, qui accompagne et soutient les familles, c'est un des piliers du village, une de ces figures emblématiques. Dans ce film, un des deux vétérinaires en charge d'une commune et de ses environs (et des nuits de garde qui vont avec), quitte le navire et prend sa retraite. Panique à bord. Il faut le remplacer. Le souci ? Qui voudrait venir se terrer et s'enterrer dans un trou perdu, à ne plus compter ses heures et se faire payer avec de la nourriture ? Pas grand monde...
Ce film s'est révélé être d'une tendresse insoupçonnée, très doux et pourtant violent sous certains aspects. Alexandra, une jeune doctorante, va renouer avec son passé et ainsi redécouvrir le village dans lequel elle a grandi. Son personnage incarne le choc entre la ville et la campagne, entre ce que l'on espère et ce qui nous attend. Alexandra illustre le basculement qui peut s'opérer, la jeune femme désemparée qui réalise que l'on peut vivre de différentes manières et qu'aucune n'est meilleure qu'une autre. Elle va souvent être poussée dans ses retranchements, confrontée à certaines réalités et je dois admettre que j'ai aimé son caractère têtu, son tempérament de feu ainsi que son esprit torturé. Son parcours correspond à une véritable quête identitaire, à un questionnement permanent sur elle, sur la personne qu'elle pense être et ce qu'elle est vraiment. Noémie Schmidt, que je ne connaissais pas, joue très bien le rôle d'Alexandra, de cette jeune femme qui devient adulte et accepte de croquer la vie. 
Ce long métrage peut s'avérer violent par moments. Violent dans les relations entre les individus, dans les jugements et la peur de l'inconnu, dans ce qu'il reflète et insinue. L'arrivée d'un "étranger" dans le village est comparable à une catastrophe naturelle. Tout le monde épie tout le monde et les rumeurs vont bon train. Les tensions et doutes sont superbement exploités, on a vraiment l'impression, le temps d'une heure et demie, d'être un villageois à part entière, on se familiarise avec chaque personnalité, avec les soucis des uns et les excentricités des autres. Les galères des éleveurs qui peinent à joindre les deux bouts, l'animal qui remplace un être disparu, les petits soucis et les chagrins, rien n'est épargné. Il s'agit d'un microcosme riche et passionnant.

Les minutes passent, les interventions des vétérinaires se succèdent, entre mises bas et consultations à la clinique, une romance se dessine. Nous l'observons, tentons de comprendre les mécanismes, analysons les petites attentions et les sourires. Elle est timide et très rapide, sans doute un peu trop rapide. Elle contribue à apporter une touche de douceur, un peu de légèreté dans ce monde qui ne laisse que peu de place à la tendresse entre les humains. L'amour des animaux et envers les animaux est omniprésent, ces petites boules de poils, tellement attachantes, ne peuvent que nous faire sourire, nous attendrir. Les scènes avec des animaux étaient vivantes, prenantes, le genre qui vous captive et vous touche, qui vous fait réaliser la force tranquille que représente la nature, qui vous fait comprendre comment le lien entre animaux et humains est puissant... 
Le métier de vétérinaire est aussi merveilleux que compliqué, aussi chronophage que palpitant. Il s'agit d'une profession qui met vos nerfs et votre cœur à rude épreuve, qui vous demande une énergie considérable et des qualités insoupçonnées. Je trouve que ce film met en lumière les vétérinaires des zones rurales, ces individus surmenés qui font leur possible pour aider tout le monde, ces personnes qui s'oublient parfois dans le travail et peinent à concilier vie professionnelle et vie privée. Clovis Cornillac s’est totalement imprégné de son rôle et délivre une très belle prestation, entre père de famille et vétérinaire obstiné. Ce film met en exergue les difficultés comme les bons moments, les passages proches du burn-out comme ceux qui donnent envie d'aller de l'avant, tout ce qui fait la beauté et la richesse du métier. 
Dans l’ensemble, j’ai passé un très bon moment avec ce film, j’ai été ému et touché, agréablement surprise par la tendresse et la violence de quelques scènes. Une scène en particulier me revient en mémoire, à la fois difficile et pourtant si belle. Le long-métrage est plutôt bien rythmé et nous immerge totalement dans ce petit village, au cœur d’un drame familial, de ce microcosme dans lequel les tensions vont crescendos. L’angle adopté permet de cerner toute la difficulté et la beauté du métier de vétérinaire, en somme, une très belle mise en lumière.