C'est lundi, que lisez-vous? #276

Ce rendez-vous hebdomadaire consiste à vous présenter chaque lundi mes lectures passées, en cours et à venir en répondant à trois questions :-)

1/ Qu'ai-je lu la semaine passée ?

ALBUMS

C'est lundi, que lisez-vous? #276

Le livre extraordinaire des animaux dangereux. Texte de Tom JACKSON et illustrations de Val WALERCZUK. Editions Little Urban, novembre 2019

Comme j'aime cette collection au très grand format, aux dessins (numériques?) hyper réalistes, à la finition soignée et aux couleurs vintages. L'objet-livre est vraiment superbe et le contenu est à la hauteur.

Après avoir lu et présenté celui sur les dinosaures, découvert grâce à Nathalie celui sur les créatures fantastiques, voici celui sur les animaux dangereux avec un magnifique hippopotame sur sa couverture. C'est qu'à la maison, nous adorons les hippopo (ma fille tout particulièrement)... Et non, il ne faut pas se fier à leur placide apparence!

Ainsi, nous sont présentés trente-six animaux, chacun sur une double page, en sept ou huit caractéristiques, une fiche d'informations, un rapport de taille avec l'homme et une illustration saisissante. Certains animaux sont dangereux, soit, mais aussi très moches! (non cela ne va pas toujours de pair ;-) )

Il y a les attendus comme le tigre, l'anaconda (vert), le grand requin blanc, le lion, le loup gris, des serpents (mais lesquels??), des araignées (brrr... même question!!), des méduses (moi, j'adore les méduses^^) et d'autres auxquels on ne pense pas d'emblée et ceux que l'on découvre.

Bien sûr, le titre suppose une question, à laquelle les fiches ne répondent pas toutes malheureusement. Animaux "dangereux" mais dangereux par rapport à qui, par rapport à quoi? Peut-être est-il normal de d'abord penser aux humains? De fait, de nombreuses fiches précisent ce qu'il en est, mais, et je le déplore, pas celle du grand requin blanc qui, s'il fait peur, s'il attaque l'homme, n'en est pas pour autant l'un de nos "prédateurs". C'est l'inverse qui est vrai.

Il n'en reste pas moins un très bel album qui trouverait idéalement place sous le sapin ;-)

C'est lundi, que lisez-vous? #276

Quelqu'un m'attend derrière la neige. Texte de Timothée DE FOMBELLE et illustrations de Thomas CAMPI. Editions Gallimard Jeunesse, novembre 2019

Timothée de Fombelle, Thomas Campi, Gallimard Jeunesse, cette collection au petit format carré, intimiste et sa couverture rabat, cette magnifique illustration en première... Je n'ai pas résisté.

Nous suivons trois personnages, qui ne se connaissent pas, qui ne peuvent pas se connaître. Très différents, à tous points de vue, il sont voués à se rencontrer, à se retrouver tous, une fois, une unique fois qui va transformer leur vie et les unir à jamais.

Période de Noël, paysages enneigés, beautés glacées.

Il y a Freddy, le livreur de gelati dont l'entreprise est en déclin, son emploi aussi donc. Il est seul. Seul dans son camion et seul dans sa vie. Il se se souvient alors qu'il conduit, quelques regrets peut-être... mais c'est ainsi.

Il y a Gloria, une hirondelle qui a un prénom, sauvée un matin de Noël et qui, seule, brave le froid, la météo et sa nature pour remonter vers le nord, là où les hirondelles ne vont pas en hiver...

Et il y a celui vers qui les deux convergent et qui fait sens.

Timothée de Fombelle signe là un conte grave mais doux, triste mais chaleureux, contemporain mais aussi intemporel. Ses mots instaurent d'emblée l'atmosphère et son contraste, le fait que plusieurs vies se juxtaposent, se télescopent, ou restent désespérément en parallèle sans se voir, se croiser. Période de l'hiver et plus encore de Noël, où il fait froid où nous recherchons de la haleur tant dans les lieux que dans les êtres, mais nous sommes loin des lumières pétillantes, des cris joyeux, des chants rayonnants, c'est l'envers du décor qui nous est décrit. En quelques mots, il saisit tout ce qui fait le pan sombre de notre actualité: la précarité, la solitude, la peur, l'exil mais aussi le besoin de partage et de faire sens.

Les peintures de Thomas Campi sont splendides et restituent les atmosphères traversées par ces personnages. Les jeux de lumière sont saisissants. Ils jouent sur les clairs-obscurs, en nous dévoilant ce qui ne veut pas être vus ou ce que l'on ne veut pas (toujours) voir.

Un conte hivernal et de Noël pour penser à l'Autre, à tous les Autres.

ROMAN JEUNESSE

C'est lundi, que lisez-vous? #276

Lilou. Ma vie comme sur des roulettes. Texte de Yaël HASSAN et illustrations de Terkel RISBJERG. Editions Auzou romans, collection "Pas de géant", septembre 2019

Voici Lilou, dix ans, toute jeune collégienne qui retrouve son ami OScar dans sa classe, qui s'inquiète mais pas trop face à ce changement. C'est normal, non? En tout cas, elle est moins anxieuse que ses parents. Mais Lilou a un truc en plus. Elle est en fauteuil roulant, suite à une maladie contractée à cinq ans. Mais en aucun cas, elle ne considère son fauteuil comme un obstacle ou un objet pour faveurs.

Au collège, la professeure de français, qui est aussi sa professeure principale, anime l'atelier théâtre auquel Lilou et Oscar souhaitent s'inscrire. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde. La raison: son fauteuil. Comme s'il pouvait l'empêcher de déclamer des vers ou d'interpréter un rôle!

L'audition suscite beaucoup de vocations malgré le peu de places, Oscar et Lilou, suite à une idée de sa mère, décident d'interpréter des rôles à contre-emploi et s'attirent compliments comme jalousies, donnant une idée de scénario à leur professeure.

Ainsi se passent l'année scolaire, et le roman, au sein de l'atelier théâtre entre répétitions, moqueries, bouderies, envies et amitiés. Lilou fait la connaissance de Léo qui l'a aidée lorsque l'ascenseur s'est trouvé en panne, ce qui n'a pas plu à Oscar. Emma et Chloé sont persuadées que la présence de Lilou n'est due qu'à son fauteuil et l'une a un (mauvais) plan pour le spectacle final...

Petit roman plein de pep's et de vivacité, il aborde des questions et situations auxquelles sont confrontés enfants et adolescents entre différences et besoin d'intégration, entre amitiés et mesquineries, bêtise ou ignorance. Le ton est juste, réaliste, Lilou est attachante, volontaire,elle a le sens de l'humour et le sens de la répartie. C'est un bonheur d'avoir une héroïne (du quotidien) telle que Lilou.

ROMAN

C'est lundi, que lisez-vous? #276

Vous faîtes quoi pour Noël?Carène PONTE. Editions Michel Lafon, novembre 2019

J'adore la couverture de ce roman et j'adore l'écriture de Carène Ponte, alors il y avait de très grandes chances que l'histoire me plaise!! Et, de fait, je me suis régalée.

Pauline travaille dans une maison d'éditions et s'occupe des guides pratiques. Elle aime son métier, certains de ses collègues mais pas spécialement certains des évènements qui en font partie, comme la traditionnelle soirée de Noël où chacun offre anonymement un petit cadeau à un collègue, où l'on boit (de trop)... ce qui parfois peut amener à faire des bêtises, comme Pauline avec Hervé... La voilà donc dans le pétrin, même si cela ne s'est pas passé au bureau mais dans le parking de son immeuble, flanqué d'une toute nouvelle caméra de surveillance dont les premières images seront bientôt visibles par tous les résidents grâce aux codes d'accès envoyés par le gardien. Pour tenter de sauver son honneur, Pauline cherche à effacer les images mais son plan échoue lamentablement et contrainte d'accepter un arrangement... Et c'est ainsi qu'elle se retrouve dans le charmant village de montagne Santa-les-deux -Sapins, qui, comme son nom l'indique, célèbre Noël de toutes les façons possibles.

Et qu'elle doit jouer la petite-amie de son gardien, David, devant la famille de ce dernier.

Carène Ponte a totalement respecté le déroulé et les étapes d'un film/romance de Noël: la rencontre, l'annonce, Noël célébré à tout va et de toutes les façons possibles, les sentiments qui s'installent peu à peu, l'imprévu qui fait presque tout rater, le rattrapage et le happy end (bah oui!)

Bref, c'est tellement bien écrit, c'est si drôle, prenant, doux, réaliste (dans le registre) que c'était (presque) comme si j'y étais: les description du village, des activités hivernales et de Noël, les situations et les sentiments. Petite pointe au coeur au moment de tourner la dernière page, je serais bien restée là-bas avec eux !

BD

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Les vestiaires. Timothé LE BOUCHER. Editions La boîte à bulles., mai 2014

Je pensais que les deux premiers albums de Timothé Le Boucher étaient Ces jours qui disparaissent et Le Patient, mais non, il y a eu celui-ci "bien" avant (et peut-être même d'autres?). Outre le trait, très reconnaissable, aux couleurs appuyées, on retrouve l'attrait pour ce qui dérange, pour une intrigue, glaçante, qui monte crescendo, nous questionne et nous laisse quasi interdit, sans voix à la fin, presque sous le choc. D'autant que cette intrigue-ci (contrairement à Ces jours qui disparaissent) ne présente aucun élément fantastique ou de SF, "juste" une (horrible) banalité quotidienne et collégienne avec ce qu'il se passe entre les murs d'un vestiaire de garçons.

La couverture associée au titre dit déjà tellement de choses.

Des vestiaires collectifs, sans cabines individuelles, qui nient la pudeur, l'intimité, l'individualité, pour se changer ou se doucher, avec une aération ou une serrure pour entrevoir celui des filles, logées à la même enseigne. Des garçons qui ont sport le jeudi, avec une prof peu amène, aux traits fatigués, bouffis, sans aucune empathie. Des garçons chez qui il existe une pyramide "sociale" entre les leaders, les sympas, les boloss, et le bizut. Des garçons qui n'osent pas prendre leur douche "ensemble" puis qui font les forts, les fiers, qui se moquent, taquinent, bousculent, conspuent ceux qui ne suivent pas, ceux qui ne veulent pas ou restent en retrait. Les situations s'enveniment, se retournent, la violence prend de plus en plus de place, violence physique, violence virile, violence verbale, violence technologique, jeux malsains...

J'ai détesté cet album. Je l'ai détesté car il sonne si juste., à cause du mal que l'on peut (se) faire. Il retranscrit si bien le vrai et le vécu (de l'auteur peut-être, le mien oui) et cette atteinte, en apparence si anodine, gratuite, méchante, horrible, au corps et à l'âme. Timothé Le Boucher a horriblement bien rendu ces innombrables situations et je ne comprends pas qu'il puisse encore y avoir des vestiaires collectifs, dans les gymnases ou écoles ou lieux de colonies de vacances. Timothé Le Boucher excelle lorsqu'il s'agit d'instaurer des ambiances oppressantes, dérangeantes.

2/ Que suis-je en train de lire en ce moment?

C'est lundi, que lisez-vous? #276

13 à table.Collectif d'auteurs. Editions Pocket, novembre 2019

Une évidence! Chaque année lorsque ce recueil de nouvelles au bénéfice des Restos du Cœur sort, je l'achète. Certains auteurs sont là dès le début, d'autres sont partis, arrivés. Maxime Chattam ne fait pas partie du cru de cette année, dommage, j'aimais commencer par sa nouvelle...

Chaque année un thème, et là, il s'agit du voyage et les seize auteurs nous en livrent une version différente. J'en ai déjà lu cinq et celles de Philippe Besson et de Michel Bussi m'ont particulièrement plu quand celles d'Adeline Dieudonné ou Leïla Slimani m'ont laissée en marge... C'est le jeu! A voir pour les onze autres!

C'est lundi, que lisez-vous? #276

Notre part de cruauté.Araminta HALL. Editiosn Préludes, 4 septembre 2019

Mike et Verity s'aiment. Il s'aiment d'un amour intense, violent, quasi inné mais qui a des règles. Des règles instituées par Verity et qui forment le Jeu. Pour elle, il s'et plié à tout, sculptant son corps comme elle le désire, lui obéissant, car il n'a qu'un désir, qu'elle soit heureuse.

Lorsque ce roman commence, Mike revient juste de New York où il vient de passer deux ans pour faire de l'argent et servir sa carrière dans le monde bancaire, comme elle le souhaitait. Elle, elle travaille à Londres dans l'intelligence artificielle.

Il a acheté une maison dans un beau quartier, l'a faite décorer selon ses goûts à elle et il n'attend qu'une chose, la revoir.

Mais ce n'est pas si simple. Il a fauté et Verity s'est détournée. Elle va même se marier avec Angus. Doit-il faire capoter le mariage, doit-il au contraire le laisser se faire. De toute façon, c'est elle qui décide, même si elle n'écrit pas, même si elle n'appelle pas ou ne répond pas au téléphone. Il n'a qu'à guetter les signes. Car il en est sûr, elle lui en envoie. Même lorsqu'il ne semble pas y en avoir, surtout lorsqu'il ne semble pas y en avoir. Aussi doit-il être en alerte, sur le qui-vive et doit-il être attentif à tout, à rien, toujours, n'importe où.

Voici un roman, présenté comme psychologique, tout à fait retors.

Mike, enfant "enlevé" à sa mère alcoolique à ses dix ans, passé en foyer puis aimé par sa famille d'accueil, a trouvé en Verity (quel prénom!) sa voie. Il ne vit que par elle, que pour elle.

Tout n'est pas toujours clair car dans la narration s'imbriquent des moments du passé ou du présent, et surtout , comme si nous connaissions la situation, leur situation. Mais cela se lit plutôt facilement.

3/ Que vais-je lire ensuite?

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Dévorer le ciel. Paolo GIORDANO. Editions du Seuil, août 2019

Présentation de l'éditeur: Dix ans après La Solitude des nombres premiers, un adieu à la jeunesse, un bouleversant roman d'amour et d'amitié. Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s'appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont " ceux de la ferme " d'à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l'ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l'unissant à ces trois " frères " pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n'hésitera pas, malgré l'opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d'une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l'image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d'appartenance, mais entièrement tendue vers l'avenir, avide de tout, y compris du ciel.

C'est lundi, que lisez-vous? #276 C'est lundi, que lisez-vous? #276

Et je n'ai toujours pas fait mes photos...

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C'est lundi, que lisez-vous? #276

Sur Instagram, @delphineolympe et @nicolemotspourmots ont concocté un Calendrier de l'Avent littéraire pour (re)mettre en avant des lectures qui ont marqué notre année.

#MonAventLittéraire2019

Troisième jour:

Le livre dont l'écriture m'a éblouie:Rien n'est noir de Claire Berest

Quatrième jour:

Le livre le plus bref que j'ai lu: Comment j'ai raté ma vie. Ou comment ne pas rater la vôtre. Bertrand Santini

Cinquième jour:

Mon plus gros pavé: Mon territoire de Tess Sharpe.

Sixième jour:

La plus belle couverture: Le tome 1 de Beyond the clouds de Nicke (Manga)

Septième jour:

Le livre le plus dépaysant: Secret de Polichinelle de Yonatan Sagiv

Huitième jour:

La découverte d'un auteur: Marie Darrieussecq avec La mer à l'envers

Pour finir, je vous mets les liens des articles publiés la semaine passée et je vous souhaite de belles lectures et découvertes pour celles à venir!

Blandine

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Le Secret de Ji, tome 2 - Le Serment orphelin
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C'est lundi ! J'ai lu, je lis et je pense lire #6 - 2020
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Paul Morand : Tais-toi