De l'essence, des sens et bien des plaisirs

De l'essence, des sens et bien des plaisirs

Edward Hopper, "Gas", 1940.


De l'essence, des sens et bien des plaisirsOn pensait que le prix du roman Fnac (qui sera annoncé demain 28 août) ouvrait le bal annuel des récompenses littéraires. Raté pour 2019.
Un nouveau prix, le "G7 littéraire - Maison rouge" devient en effet le premier prix littéraire de la saison. Décerné à Biarritz le 20 août, juste avant le G7, et peut-être cette récompense sera-t-elle ce qui restera de mieux de ce sommet, il a été attribué au premier roman "Chroniques d'une station-service!", du Français Alexandre Labruffe (Verticales, 141 pages). L'auteur, 45 ans, qui se partage entre littérature et cinéma s'est dit "Emu, honoré, ravi, amusé!"

De l'essence, des sens et bien des plaisirs

La Maison Rouge, Biarritz.

Le prix a été créé cet été par sept écrivains et artistes, qui se qualifient eux-mêmes de "G7 littéraire", et par la Maison rouge, un espace de travail et d'événements culturels à Biarritz. Présidé par Philippe Djian, le jury est composé de Frédéric Beigbeder, Frédéric Schiffter, Isabelle Carré, Dominique de Saint Pern, Jean Le Gall, Claude Nori et Diane Ducret. Huit personnes donc. Cherchez l'intrus. "Le Prix Maison Rouge est autant une distinction littéraire qu'un état d'esprit avide de liberté, de spontanéité et de fantaisie", a déclaré Philippe Djian. "Sa vocation est de sortir des circuits parisiens et de s'autoriser à juger et apprécier sans contrainte."
Alors, ce premier roman? Hé bien, "Chroniques d'une station-service" est aussi surprenant que plaisant. Par le choix du sujet (même s'il n'est pas le premier) comme par le ton (même s'il n'est pas le premier non plus). Alexandre Labruffe a opté pour la forme de notules numérotées (de 1 à 189, avec quelques bis, ter et quater, et de A à I comme pour laisser du champ à sa fin ouverte). La plupart sont extrêmement courtes et consignent ce qui se passe ou ne se passe pas dans cette station-service de Pantin, centre du monde à elle toute seule.
Le narrateur nous fait découvrir qui il est, un "pompiste déphasé, qui fait tout sauf gérer sa station-service". Heureusement pour nous car il nous partage son regard aigu, son sens de la formule, sa parole drôle ou acide, son imagination débordante. En résumé, il nous glisse sa vision du monde à travers ses clients et ses habitués, métronomes de cette vie où l'horloge ne semble jamais s'arrêter, une fine analyse de notre société. Entre rêves d'amour et/ou d'érotisme, passages à l'acte ou non, passages à suspense, blancs et trous noirs, ce premier roman procure un grand plaisir de lecture, grâce à une écriture inventive qui a su savamment doser ses effets.

De l'essence, des sens et bien des plaisirs

Piles et liste, c'est bien l'heure du service de presse.
En juin pour Alexandre Labruffe.



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