Chronique film : En eaux troubles

Chronique film : En eaux troubles


En eaux troubles

Réalisé par Jon Turteltaub
Scénarisé par Dean Georgaris, Jon Hoeber, Erich Hoeber
2018, Etats-Unis
Durée : 1h54
Genre : Action
Avec : Jason Statham, Ruby Rose, 
Fan Bingbing, Winston Chao Wen-Hsuan, 
Rainn Wilson...

Adaptation de Mégalodon de Steve Alten

Synopsis :

Au cœur de l’océan Pacifique, le sous-marin d’une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu’on croyait disparue : le Mégalodon, un requin préhistorique de 23 mètres de long. Le sauveteur-plongeur Jonas Taylor doit risquer sa vie pour sauver les hommes et les femmes prisonniers de l’embarcation… et affronter le prédateur le plus terrible de tous les temps.

Mon avis :

Quand j’ai lu le bouquin dont est adapté ce film (« Megalodon » de Steve Alten) j’avais de gros doutes sur les intentions de l’auteur et sur la façon donc je devais prendre le livre (est-ce qu’Alten avait cherché à faire un livre sérieux mais qu’il s’était complètement vautré ? Ou est-ce que le nanardesque du machin était voulu ?), et quand la bande-annonce du film est sortie, j’ai été fixée ! Et j’avoue que depuis j’avais très envie de voir le résultat !

Jonas (parce que forcément Jonas, gros poisson, vous voyez la subtilité) est un plongeur-sauveteur appelé à la rescousse pour sauver une équipe prisonnière d’un sous-marin nucléaire à 11 kilomètres de profondeur et attaquée par une grosse bestiole qui s’avère donc être un mégalodon, charmant requin mesurant (en vrai) (quand il y en avait encore, rassurez-vous vous ne risquez pas d’en croiser pendant votre baignade en Normandie) une quinzaine de mètres (mais une vingtaine dans le film, parce que 15 mètres on se disait que c’était un peu léger).
Suite à ça le requin réussit on ne sait comment (le film n’en ayant rien à braire contrairement au livre qui fournit une explication –à la con-) à remonter à la surface, boom explosion, le mégalodon bouffe tout (enfin surtout les figurants) sur son passage et Jason Statham cherche à le tataner.

Chronique film : En eaux troubles

Pour commencer, je trouve que c’est une assez bonne adaptation, pas dans le sens où c’est un bon film (parce que c’est daubé) mais dans le sens où c’est plus ou moins fidèle à la connerie du livre, même si pour le coup ils n’ont pas assumé le fait de donner un rôle de paléontologue à Statham (et franchement quitte à ne pas trouver un acteur crédible j’aurais préféré Dwayne Johnson et ses fameux sourcils !), et qu’ils n’essaient même pas de paraitre sérieux avec des explications scientifiques bancales et une soi-disant justification au fait qu’un mégalodon aurait survécu sans qu’on ne le remarque mais ça après tout on s’en fout (on s’en foutait déjà dans le livre pour tout dire), l’important étant de voir ce qui arrive une fois le requin remonté à la surface.

Et étant donné que tout est cousu de fils blancs là-dedans et qu’il y a une multitude de conneries à relever (5 pages de notes pendant mon visionnage) je vais tout spoiler, moi ça me défoulera et vous ça vous épargnera deux heures de visionnage un poil douloureux !

Donc on commence le film sur la dernière mission de Jonas qui tourne mal et qui entraine la mort de plusieurs personnes, (après une grosse explosion avec des flammes partout) (sous l’eau donc) (des flammes) (sous l’eau) (gnééééé ?) lui sait que la tragédie est due à une grosse bestiole mais tout le monde le traite de débile, il est traumatisé, il raccroche et part se bourrer la gueule en Thaïlande, jusqu’à ce que le Docteur Zhang l’appelle à l’aide pour secourir un sous-marin bloqué dans les profondeurs marines, Jonas l’envoie chier mais Zhang lui dit que son ex-femme (à Jonas) fait partie de l’expédition et que Jonas est le seul capable de sauver la situation, du coup Jojo accepte parce que comme tous les films américains nous l’ont enseigné ; une bonne catastrophe est toujours le bon moment pour renouer avec sa femme ! Et puis surtout si Jonas refuse il n’y a pas de film parce que les autres sont trop manches pour faire quelque chose par eux-mêmes.
Et du coup une fois que tout le monde reconnait que le mégalodon existe toujours, Jojo peut se la péter parce que lui savait (d’ailleurs il l’a su grâce à une illumination il faut croire parce que ça aurait pu être à peu près n’importe quoi).
Pendant ce temps dans le sous-marin Ex-femme se retrouve avec un tournevis dans le bide pour installer une tension nulle, Lourdingue fait des blagues lourdes et Figurant n°1 écrit une lettre pour sa femme parce que c’est bien connu que les services de postes sont très efficaces à 11 kilomètres de profondeur et on se rend compte que la vision du mégalodon est basée sur le mouvement la lumière.

Je me rends compte qu’à ce moment-là (le film a commencé depuis une vingtaine de minutes) je commençais à être un peu salée et mes notes sont parties en brioche avec notamment des « Drama. Drama everywhere. » et « Ça cabotine de partout, mais ça aurait été plus drôle avec The Rock » (et vous allez voir plus tard que cette critique est justifiée) !
Donc Jojo arrive à sauver tout le monde sauf Figurant n°1 qui se sacrifie (le dramaaaaa) et il se retrouve donc dans la base marine du coin, il rencontre la scientifique qui craque pour lui (forcément), scientifique qui a une fille de 8 ans qui est forcément un petit génie (mais elle est toute choupie donc je veux bien passer l’éponge sur ce cliché) (parce que ça change des chiards insupportables dans les films) (et dans la vraie vie), et forcément Jonas le gros bourrin se transforme en gros nounours en guimauve au contact de la gamine (j’ai déjà dit que ce film était cliché ou pas ?!).
D’ailleurs en parlant de la petite, est-ce que la garder dans un labo sous la mer alors qu’un poiscaille de 20 mètres ayant la dalle se balade dans le coin est une bonne idée ? Bizarrement, j’suis pas sûre !
Et pour continuer les interrogations est-ce que le réalisateur et les scénaristes étaient obligés de jouer aux gros connards en faisant bouffer de pauvres baleines par l’autre machin préhistorique ? Non mais je veux bien qu’on bute des humains ou des saletés comme les méduses ou les poulpes mais c’est tout, si je regarde un film catastrophe c’est pour voir les humains clamser, pas les bestioles, elles n’ont rien demandé, merde !

Chronique film : En eaux troubles

Bref, Jojo fait toujours tout parce que les autres sont des branques sauf la scientifique qui est moins empotée mais qui reste une demoiselle en détresse ayant besoin d’être sauvée 30 fois par le héros, il y a des jump scares discount, mais j’avoue qu’il y a quand même deux-trois scènes où il y a une assez bonne tension, comme celle qui se déroule dans la cage à requins, dans le silence complet avec le cadre qui montre l’immensité et l’obscurité de l’eau qui entoure le personnage, mais c’est très vite expédié et c’est trop rare vu que le reste du film se contente de scènes de boucherie filmées de manière quelconque. Et ce n’est même pas compensé par des effets spéciaux de grande qualité (pourtant vu le budget de 130 millions de dollars on pouvait s’attendre à un résultat un peu moins faux et un peu moins moche !)

Bref, je vous passe les détails chiants de la suite (style la scientifique se retrouve dans une cage cassée avec le requin qui attaque mais Jonas réussit à la sortir de ce guêpier) pour arriver directement au moment où la bestiole est butée (ne vous réjouissez pas trop vite, le film est loin d’être fini) et hissée sur le petit bateau de l’équipe. Oui vous avez bien lu, un putain de mégalodon (qui selon les estimations pesait entre 40 et 60 tonnes) est hissé sur le bateau (avec en plus la grue qui est en morceaux), et même en imaginant que ça pouvait être un bébé mégalodon je pense quand même que niveau poids il pèse forcément un peu plus qu’une crevette grise !
Au passage il y a encore eu un sacrifice mais c’est un personnage secondaire donc on s’en fout, on fait de la philosophie de comptoir et on apprend qu’il y a en fait plusieurs mégalodons.

Dans mes notes on a en est à « On se fait chier » bon bin écoutez c’est suffisamment parlant ! J’ai également relevé que le mégalodon n’a pas sauté sur les hélicos qui tournaient autour de lui et c’est franchement décevant, c’était une vraie occasion de faire une scène bourrine qui n’a aucun sens pourtant.
Donc pour rester dans les clichés le second mégalodon se dirige vers les côtes, va  terroriser les vacanciers et s’en mettre quelques-uns sous la dent et ce film est vraiment trop propre, je ne demande pas une marée de boyaux mais pourquoi il n’y a pas la moindre goutte de sang dans l’eau ?
Y a des explosions (pour respecter le quota) qui sortent de nul part et Jojo finit par se battre au corps à corps avec le requin (voyez, Dwayne Johnson pour faire du catch avec le mégalodon ça aurait été plus crédible !) et il arrive à faire le poids (parce que America fuck yeah) et au passage on voit un petit chien sortir des eaux tel la petite sirène alors que le requin lui collait au train cinq minutes avant et allait s’en faire un cure-dent.
Le requin est vaincu, punchline de merde, plein de gens sont morts, la science la dans le baba mais hey Jojo a trouvé l’amour alors tout est bien qui finit bien et dernier plan sur les profondeurs marines avec musique angoissante parce qu’attention il y a peut-être d’autres mégalodons, boooouuuuh.

Chronique film : En eaux troubles

J’sais pas vous mais moi j’ai mal au crâne après un tel flot de conneries ! Voir le film n’était déjà pas des plus funs mais le résumer en détails ressemble à une punition et je me rends compte que j’aurais dû faire ces deux choses en étant un minimum bourrée pour que ça passe mieux !
Autant le livre était potable pour se vider la tête et ricaner comme une morue en voyant la nullité du truc autant le film ne marche pas, la trame du bouquin est respectée mais ce sont tous ces ajouts qui rendent le film générique, que ce soit les moments « d’humour » ou les scènes vues et revues, ça n’ose rien, le débile assumé est tiré du livre et le reste est « feignant » du coup ça donne un mélange bancal qui ne tente même pas d’être original ou impressionnant dans l’action et qui n’a aucune vraie scène horrifique, sans parler du suspense qui est à 98% absent du film.
Je ne vais pas parler des personnages parce que ce serait comme foutre le feu à l’ambulance après lui avoir tiré dessus ni des acteurs qui sont aux fraises, ni de la technique ou des musiques qui n’ont rien de notable, c’est le genre de films qu’on regarde vraiment seulement pour l’intrigue nulle (même si le réalisateur et les scénaristes auraient pu se casser le bonnet pour soigner un minimum le reste) en espérant juste passer le temps et se marrer en découvrant des rebondissements perchés, mais même là il y a de quoi être déçu.

Bref, j’ai vu des films bien pire mais « En eaux troubles » ne vaut pas le coup qu’on perde deux heures à le voir, au pire si on est un rat de bibliothèque il vaut encore mieux lire le livre qui est moins ennuyeux et plus drôle dans sa bêtise et si vraiment on cherche un film où un requin se fait un buffet froid autant se (re)diriger vers « Les dents de la mer » !


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