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4 3 2 1 – Paul Auster

Actes Sud (2018)
Traduit de l’américain par Gérard Meudal

Qu’est-ce qui détermine le parcours d’une vie, quelle est la part du hasard et des choix que l’on fait ? C’est ce que j’ai perçu de ce gros roman de Paul Auster, plus de mille pages où il raconte quatre vies de son héros Archie Ferguson, petit-fils d’immigré russe venu de Minsk. Mille pages pour proposer quatre chemins différents selon les évènements qui se déroulent dans l’enfance, selon les choix des parents, au gré des accidents de la vie, en fonction des goûts et des envies du garçon puis de l’adolescent. 
Au côté d’Archie Ferguson, on revisite l’histoire des États-Unis d’après-guerre, le mandat de Kennedy et son assassinat, la lutte des noirs pour les droits civiques, la guerre du Vietnam, la révolte des universités, l’émancipation féminine, des évènements que l’on croit connaitre et qu’on redécouvre différemment, par le regard de quatre personnages, même s’il s’agit toujours de Ferguson.
C’est un livre que j’ai hésité à aborder, à cause de son nombre de pages et en raison de ma crainte d’y être noyée, d’y passer trop de temps, de ne pas m’y retrouver dans ces quatre histoires. Et c’est vrai que ma lecture n’a pas toujours été facile : plusieurs fois, j’ai dû relire quelques pages du précédent chapitre concernant l’un des Ferguson pour me remettre dans son histoire, me souvenir de ce qui lui était arrivé. L’auteur nous facilite un peu la tâche puisque la vie de l’un de ses Ferguson s’achève assez rapidement dans un accident imprévisible raconté d’une façon neutre et sèche qui m’a laissée abasourdie et incrédule jusqu’à ce que je termine le chapitre 3.1, que je tourne la page, que j’arrive au 3.2 et que sur la page suivante, je lise le 3.3. Ainsi, c’était vrai, l’histoire de cet Archie s’était arrêtée. Les autres Archie auront plus de temps pour vivre leur vie mais un seul conclura le roman, celui que j’aurais dû pressentir, celui dont le parcours rappelle beaucoup celui de Paul Auster.
Ce qui peut aussi rebuter, c’est le poids de ce livre, son épaisseur, sa présence physique, 1210 grammes dans mes petites mains, je les ai bien sentis et j’ai souvent préféré lire ce roman posé sur la table en étant assise sur une chaise plutôt que de le tenir devant moi, adossée à l’oreiller de mon lit ou bien lovée dans un fauteuil. J’aurais pu choisir de le lire en version numérique pour éviter cet inconvénient mais je n’ai pas franchi le pas, je préfère encore tourner les pages en papier !
Une belle lecture qui m’a fait renouer avec l’écriture de Paul Auster que je n’avais pas lu depuis assez longtemps et que j’ai eu plaisir à retrouver. Et vous, l’avez-vous lu, ce pavé et qu'en avez-vous pensé ?
Pour prolonger l'expérience vécue avec ce roman, j'ai apprécié les vidéos et les émissions de radio qui lui ont été consacrées, regroupées sur le site d'Acte Sud.

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