Les frères K · Les fils de la poussière · Écorces vives

Les frères K · Les fils de la poussière · Écorces vives
Ici, les vacances des Fêtes riment avec grasses matinées et légèreté. Pendant mes deux semaines de congé, j’aimarché – mangé – parlé, j’ai repeint ma cuisine et dégringolé de mon escabeau, j’ai popoté et... j’ai lu un bon gros pavé et deux polars. Aucun coup de coeur, rien de vraiment marquant, mais du pur plaisir entrecoupé de quelques bâillements. 
Les frères K · Les fils de la poussière · Écorces vivesL’arbre généalogique de la famille Chance compte de nombreuses ramifications. Le paternel, Hugh, est un joueur de base-ball semi-professionnel dont la carrière est partie en miettes. Un bête accident de travail: un pouce écrabouillé et une carrière sur le carreau. Sa femme Laura, adventiste du Septième jour, aimerait bien que sa foi soit contagieuse. Quatre garçons et des jumelles identiques forment la fratrie. Kincaid, le plus jeune fils, raconte.

Je ne m’étendrai pas sur l’intrigue, qui se vit plutôt qu’elle ne se décrit. L’amour, la religion, le baseball sont le socle sur lequel repose les liens familiauxLes enfants grandissent, se chamaillent, se tirent les cheveux, mais au final, ils se tiennent les coudes serrés. Tous les personnages du roman sont de ceux qui réchauffent le coeur, à la fois accessibles et familiers. Cest une œuvre dense, épique, tantôt hilarante, tantôt d’une tristesse à sortir la boîte de Kleenex.J’ai eu du mal avec les longs passages sur le baseball, au point que jai bien failli en sauter certains. Nen reste pas moins que ce portrait de l’Amérique des années soixante m’a bien plu; la hâte de retrouver les membres de la famille Chance était toujours au rendez-vous.Les frères K, David James Duncan, trad. Vincent Raynaud, Monsieur Toussaint Louverture, 800 pages, 2018.

Les frères K · Les fils de la poussière · Écorces vivesMon histoire d’amour avec l’Erlendur d’Indridason se poursuit. Après une dizaine d’enquêtes mettant en scène Erlendur et Sigurdur Oli, il était temps que la toute première soit enfin traduite.

Ça commence sur les chapeaux de roue. Palmi est témoin en direct du suicide de son frère Daniel, interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík. Le même jour, Halldor Svavarsson, un enseignant à la retraite, est brûlé vif dans lincendie de sa maison. Un fil relie ces deux hommes. Mais lequel?L’enquête est menée parallèlement par Erlendur, aux côtés de Sigurdur Oli et d’Elinborg, et par Daniel, un libraire grugé par la culpabilité. Le voile se lève progressivement et la scène n’est pas reluisante. Il y est question d’une classe de cancresde gélules d’huile de foie de morueet de beaucoup de chantage.Impossible de bouder mon plaisir. J’ai été ravie de lire cette première enquête, de rencontrer Erlendur divorcé, père de deux grands enfants à problèmes et Sigurdur Oli, fraîchement débarqué des États-Unis, où il était parti étudier. Bien au-delà de l’enquête, c’est le plaisir de découvrir les débutsde la relation entre mes flics islandais préférés qui ma le plus ragaillardie. Un bon moment de lecture.Les fils de la poussière, Arnaldur Indridason, trad. Éric Boury, Métailié, 304 pages, 2018.

Les frères K · Les fils de la poussière · Écorces vivesTrois étrangers que rien ne lie viennent se terrer au fin fond du Cantal. Trois exilés venus y trouver refuge, loin de leur passé. Chacun porte son secret sous le bras. Eli, anéanti par la mort de sa douce, met le feu à la ferme où il se voyait vieillir avec elle. Laurentin, gendarme boiteux, ex-parisien divorcé, marche avec ses chiens entre ses heures de travail. Louise, jeune femme maganée par la vie, est accueillie dans la ferme dun couple d'Américains pour s’occuper de leurs chevaux. La venue de ces étrangers bardasse la tranquillité ambiante du patelin, bien encroutée. 

La tension monte, le couvert du chaudron va sauter. L’ambiance qui s’en dégage est inquiétante, peuplée de méfiance et de violence. Aucune longueur, aucun rebondissements douteux, ici. Juste l’implacable réalité d’un coin de pays où les étrangers ne sont pas les bienvenus. Un roman choral que jai trouvé d’une grande efficacité, hautement maîtrisé. La finesse de l’écriture et le style accrocheur sont ce qui m’a le plus emballée. Il est rare de retrouver un souffle narratif aussi puissant dans l’univers du polar.

Écorces vives, Alexandre Lenot, Actes Sud, 208 pages, 2018.

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