L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

Ernest et Célestine au jour le jour. (c) Fondation M. Martin/Casterman.

Fans d'Ernest et Célestine, amateurs d'émotions dessinées, courez au Rouge-Cloître où s'ouvre une très belle exposition de dessins originaux de Gabrielle Vincent, pseudonyme que la peintre Monique Martin (1928-2000) avait choisi pour entrer en littérature de jeunesse (lire ici). Les deux étages de l'agréable lieu d'Auderghem sont dédiés à deux aspects de son œuvre, que relie son intérêt infini pour l'humain. Comme dans toutes les expositions mises en place par la Fondation Monique Martin qui gère son travail, on retrouve entre les cimaises des meubles et des objets ayant appartenu à Monique Martin, une commode, des tapis, sa table de travail. Autant d'objets qu'on aperçoit dans ses albums d'Ernest et Célestine.

L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

Célestine. (c) Fondation Monique Martin/Casterman.


Au rez-de-chaussée, on trouve les originaux de quatre albums d'"Ernest et Célestine". Quasiment toutes les planches d'"Ernest est malade", une bonne partie de ceux d'"Ernest et Célestine au jour le jour" et de "Noël chez Ernest et Célestine" et quelques-uns des "Questions d'Ernest et Célestine", son dernier album, terminé juste avant de mourir. Il suffit de regarder ces aquarelles délicates, si justes et délicatement dessinées, à la fois précises et d'une immense douceur, pour plonger dans un bain d'émotions, joie, peur, plaisir, angoisse... On voit la petite souris se transformer en infirmière, la paire d'amis profiter de la nature et de la vie. On comprend aussi que Noël peut se fêter sans argent mais avec beaucoup d'invités, il suffit de fabriquer la déco et les cadeaux avec ce qu'on a sous la main. Et on comprend combien son dernier album a été important pour elle.
Une vitrine plus technique dévoile la manière de travailler de Gabrielle Vincent. Comment elle passe de l'idée au dessin en couleurs via un story-board, de très nombreux brouillons, l'usage de bic noir qu'elle passe à l'eau de Javel pour le faire tourner au sépia et d'aquarelles posées en transparence et légèreté.

L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

Maternité. (c) Fondation Monique Martin.


A l'étage, on a rendez-vous avec la peintre d'extraordinaires maternités. De grands tableaux en noir et blanc, encre ou fusain, aux traits esquissés avec sûreté, nous présentent de superbes mères et leurs enfants. Des visages, des mains, des regards. Un travail qui annonce peut-être la relation entre le gros ours et la petite souris qui ne sont pas encore nés à ce moment-là. En tout cas quel sens de l'humain!

L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

La chanson "Orly" de Jacques Brel. (c) Casterman/Fondation M. Martin.


Plus loin, on entre dans plusieurs chansons de Jacques Brel. Monique Martin a travaillé durant un an sur le chanteur, à la fin des années 80, après son décès. C'est "Orly" avec son couple douloureusement enlacé, "Ne me quitte pas" et son couple déchiré, "Jef" et ses encouragements sans doute vains, autant d'aquarelles subtiles et tellement éloquentes, ainsi que ces portraits du chanteur, réalisés au pastel sec et à la sanguine.

L'humain, infiniment, chez Gabrielle Vincent

Une carte postale. (c) Fondation Monique Martin.


Enfin, on découvre avec plaisir quelques originaux des cartes postales que Monique Martin a réalisées à ses débuts. Une série avec des animaux, souris, lapins, ours, déjà, une série avec des enfants croqués de façon charmante. Un travail alimentaire pour elle, charmant pour nous, qu'elle signait Geneviève, Dominique ou Gabrielle pour bien le différencier de son travail d'artiste. Comme elle s'est créé le pseudonyme de Gabrielle Vincent, les noms de ses grands-parents, pour entrer en littérature de jeunesse. Une barrière qu'elle a petit à petit retirée à la fin de sa vie.
A noter que ces originaux ne sont arrivés dans les collections que l'an dernier quand la veuve de l'imprimeur Blanchart qui les possédait toujours a contacté la Fondation au décès de son mari pour lui proposer de les restituer.
A plusieurs endroits, l'exposition établit un parallèle entre l'œuvre exposée et une scène tirée d'un album de la série "Ernest et Célestine", soit en apposant un autre original, soit sous forme de cartel.
Les albums de l'artiste, signés Gabrielle Vincent ou Monique Martin, sont publiés chez Casterman.
L'exposition "Ernest & Célestine à Rouge-Cloître" se tient jusqu'au 20 janvier 2019 au Centre d'art de Rouge-Cloître, du mercredi au dimanche de 14 à 17 heures.
Infos supplémentaires ici.

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