[Avis] Les derniers jours de l’émerveillement de Graham Moore

[Avis] Les derniers jours de l’émerveillement de Graham Moore
[Avis] Les derniers jours de l’émerveillement de Graham Moore
Voilà un livre difficile à classer, ni biographie ni manuel historique Graham Moore nous livre un roman rempli de faits historiques qui se sont réellement déroulés, en l’occurrence ici le procès qui opposa les 2 célèbres inventeurs Thomas Edison et George Westinghouse. À la fin du livre, l’auteur précise les faits qu’il a adapté à son roman notamment les dates qui diffèrent quelque peu ainsi que les passages purement fictionnels. Dès que j’ai lu le résumé, j’ai voulu lire ce roman. J’adore l’histoire, vous le savez, New York, la fin du 19e et des célèbres inventeurs, j’étais certaine de me plonger dans cette fourmilière de talent qu’a connu cette époque de grande révolution industrielle et je ne me suis pas trompéeQuel beau roman pour les personnes férues d’histoire ! C’est finement écrit, car malgré la quantité de détails scientifiques, surtout physique, l’auteur vous emmène dans son intrigue, quasiment un thriller, on se demande qui des deux hommes remportera finalement cette histoire d’ampoule à incandescence qu’ils jurent avoir inventée, l’un comme l’autre. Pour le défendre George Westinghouse choisit délibérément un jeune avocat Paul Cravath, il sait qu’aucun avocat de renom ne voudra se lancer dans cette affaire qui promet de belles heures de plaidoiries, que ce sera un procès à gros retentissement médiatique peu importe le vainqueur ou pire tous les avocats de New York sont liés de près ou de loin à Edison qui a déjà une très solide réputation. À cette époque, il est déjà célèbre pour toutes ces inventions ou améliorations du quotidien des Américains notamment le télégraphe. Je me suis fortement attachée à Paul Cravath, ce jeune homme ambitieux qui veut bien faire son travail, mais qui n’a aucune idée de la duplicité dont les riches industriels sont capables. Le monde des affaires est un monde où tous les coups sont permis, corruption de la police ou du sénat, incendie volontaire et même tentative de meurtre. Il devra être patient pour gérer, non seulement les 2 principaux intéressés (Thomas Edison et George Westinghouse), mais aussi le talentueux scientifique Nikola Tesla, comme tout génie il vit dans son monde, ne veut rien savoir en dehors de son laboratoire, à un langage peu commun et des tocs étranges. George Westinghouse le veut à son service, ce sera à Paul de le ramener à la raison et bien plus que cela, mais je ne peux vous en dévoiler davantage.Paul rencontrera en la célèbre chanteuse Agnès Huntington une alliée de poids, intelligente, vive et rusée, elle connaît ce monde de faux-semblants et pour cause... elle aidera Paul a plusieurs étapes décisives, les voyages et leurs discussions liera les jeunes gens, mais là encore rien n’est facile Agnès est célèbre pas Paul.Voilà pour le pitch général du roman. J’ai appris énormément de choses durant cette lecture, même si je connaissais Edison, les autres protagonistes principaux non et portant ils ont eux aussi révolutionnés notre quotidien. Vous côtoierez aussi Astor, Rockefeller, Roosevelt et Morgan pour ce qui est des riches hommes d’affaires, vous croiserez Eli Jeanney, William Bell, George Pullman, Faraday, Gramme et plus tard un certain Henry Ford. Un roman riche non seulement en personnages historiques, mais aussi une ville en pleine expansion avec des bâtiments encore connus dans le monde aujourd’hui le MET, l’opéra ou encore Central Park inauguré quelques années plus tôt, le Rockefeller Center, le Dakota Building, etc. Je l’avoue, certain passage lors des explications de Tesla ou Westinghouse, ont été ardues pour moi qui suis nulle en physique, autant j’aime l’histoire autant l’électricité ce n’est pas mon fort du tout, mais cela ne m’a pas empêché d’être prise dans l’intrigueGraham Moore sait maintenir le lecteur en alerte, plusieurs rebondissements ont lieu, des histoires inattendues et une conclusion à la hauteur de tout le roman. On sent le travail de recherche qu’il y a eu en amont de l’écriture, autant pour ce qui purement scientifique, mais aussi pour tout ce qui est brevet (un monde que je ne connaissais pas du tout), les démarches juridiques pour la validation ou l’invalidation des ces fameux brevets. J’ai appris quantité de choses, dans le roman avec toutes les personnes croisées ou ce que Paul, George et Thomas racontent, des objets inventés à cette époque qu’on utilise encore aujourd’hui même s’ils ont été améliorés depuis. La seule invention que je n’ai pas aimée c’est la chaise électrique. Mais bon ce n’est qu’un court passage et cela a existé ce n’est pas une fiction. L’auteur aurait pu se contenter de livrer les faits, mais il s’attache à écrire un roman avec des protagonistes avec une réelle profondeur, il nous plonge dans ce 19e siècle sans forcer dans les détails, il a cette faculté de vous faire voir les lieux comme si vous y étiez, une écriture cinématographie qui m’a beaucoup plu. Ajouter à cela l’histoire et l’avancée scientifique et industrielle en plein bouillonnement, un suspens présent du début a la fin, des données techniques et scientifiques pointues, mais accessibles, le tout vous donne un livre de plus de 500 pages que l’on ne voit pas défiler même si j’ai eu quelques difficultés à appréhender certains aspects purement techniques et du coup j’ai ressenti quelques longueurs par moments, mais je vous rassure ces passages ne sont pas nombreux. Vous voyager dans les États-Unis, vous vous amusez aux soirées mondaines, avec des citations en début de chaque chapitre soit de Steve Jobs soit de Bill Gates. Même si cela reste un roman, 80 % du livre est véridique, les faits sont avérés, Graham Moore cite ses sources, vous donne les dates des journaux, les sites consacrés aux hommesLes paroles d’Edison sont réellement les siennes. Je ne me suis pas posé la question avant de lire ses remerciements, car pour moi son pari était réussi, j’ai fait un voyage dans le temps retrouvant ce New York de la fin du 19e si riche pour tous les aspects, même journalistiques, on se rend compte qu’en fait nos contemporains n’ont rien inventé ou du moins pas autant qu’à cette époque. J’aurais vraiment aimé côtoyer ces gens, bon de loin peut-être, mais être témoin de tout cela c’était merveilleux, Graham Moore me l’a permis. 
Les derniers jours de l'émerveillement de Graham Moore - roman historique - New York - Inventions - Thomas Edison - 512 pages, 22€ - Édition Cherche Midi, sortie en librairie le 7 septembre 2017

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