Le Roman de Baudelaire

Par Wolkaiw


      Informations sur le livre      
Publié en novembre 2015
Editions 5 Sens

Fiction140 pages
Je remercie l'auteur et sa maison d'édition qui m'ont permis de découvrir une nouvelle plume ainsi qu'un nouvel univers.





      4ème de couverture     

Trois garçons étranges, presque des hommes, violent délibérément le couvre-feu d’un Paris à la fois tangible et fantasmatique. Plusieurs factions politiques se sont partagé la France en une nouvelle féodalité, dans laquelle les trois Maisons Majeures des Dulac, des Arcadet et des Byron mènent une sanglante guerre d’influence. Un compromis réside encore dans le découpage en trois huit de la capitale : de 2 h à 10 h circule et prospère toute la pègre indépendante, de 10 h à 18 h le commun des mortels sous le regard de la Maison Byron, tandis que le créneau de 18 h à 2 h appartient entièrement aux Dulac.
Mais Charles Byron n’en a cure. Accompagné de son garde du corps, Jules, et de Paul son porte-voix, il profite opportunément d’un crépuscule qui ne semble pas vouloir finir et poursuit n’importe quelle piste qui pourrait les mener à Malika, l’ancienne petite amie de Charles disparue depuis plusieurs jours. Des quartiers de prostitution aux rutilantes tours de la Défense, ils ne cessent d’arpenter la ville sous le soleil rouge et figé. Alors que la trace de Malika se précise, les contours de la réalité, eux, s’obscurcissent : Charles ne cesse de croiser un étrange regard jaune à la voix métallique, tandis que les humains ne s’aperçoivent même plus de l’avancée, au cœur du métro et des cavités sombres, des ténèbres qui rongent chaque jour un peu plus les âmes et les corps.


     Demandez-moi pourquoi ce livre s'appelle le Roman de Baudelaire et je serais incapable de vous répondre. Je ne connais pas suffisamment Baudelaire et son œuvre pour vous fournir ne serait-ce qu'un semblant de réponse. Mes connaissances quant à cet auteur se résument à une lecture rapide et en diagonale Des Fleurs du Mal. Je manque sans doute à mon devoir qu'est celui de lire mes classiques, peut-être percerez-vous le mystère qui plane autour du titre de ce livre. 
     Pierre-Adrien Marciset possède une plume très atypique, mais en plus de cela il nous propose une histoire des plus originales. L'immersion dans son univers fut plutôt difficile je dois le reconnaître, le style est vraiment très particulier et j'ai eu besoin d'une bonne trentaine de pages pour m'y accommoder, et encore. Je me suis donc demandé dans quoi l'auteur m'avait embarquée! A la fin du livre je n'en ai qu'une vague idée tant ce livre demeure un mystère pour moi. Je suis tout bonnement incapable de vous dire s'il m'a plu ou non, je suis par contre sûre de n'avoir pas su saisir toutes les subtilités de cet ouvrage.
     Je garde une impression très étrange de ce livre, non pas une mauvaise image mais une sensation très particulière et indescriptible. Je lirai la suite, je n'ai aucun doute là-dessus, mais je ne sais pas encore quand, j'ai besoin de prendre un certain recul avant de me replonger corps et âme dans cette lecture. Certains livres demandent plus de concentration que d'autres, celui-ci en fait partie. Être au calme m'est apparu comme une nécessité pour lire puis savourer les mots de l'auteur. J'ai ressenti la pleine maîtrise de la langue française dans toute sa splendeur.
    Des personnages loufoques que l'on ne sait comment définir clairement, ce livre en a pas mal! Je n'ai compris que difficilement ( et sans doute partiellement ) le rôle des différents protagonistes, on aurait dit que tous étaient importants mais relayés au second plan en même temps. Lequel ai-je préféré ? Aucun et tous à la fois. Le caractère de chacun est affirmé, on apprend à les découvrir au fur et à mesure sans pour autant les connaître en profondeur.

 
Icons made by Eucalyp from www.flaticon.com is licensed by CC 3.0 BY )
     J'ai eu une impression de fantastique et de magie, mais je ne suis demandé si cela n'était pas dû aux personnages et à leurs égarements, ou alors était-ce une volonté de l'auteur de nous faire douter ? J'ai véritablement eu l'impression d'avoir débarqué dans un autre monde, un monde qui ressemble à s'y méprendre au mien mais qui diffère en bien des points ; un monde qui peut revêtir différents aspects – souvent assez étranges.
     L'auteur nous dresse le portrait d'une frange de la société, le tout dans un univers particulier, j'ai découvert Paris sous un autre jour ( même si l'action se passe le soir et la nuit ), un Paris qui intrigue mais qui prend aussi progressivement forme, ombre mouvante au crépuscule. Des rivalités de même que des alliances saugrenues se dessinent, le lecteur ne sait plus où donner de la tête tant les situations semblent parfois complexes, pourtant, chaque chapitre possède son petit nom, souvent une phrase, en rapport avec ce qui va se passer. Juste de quoi nous mettre l'eau à la bouche.
     J'ai repéré quelques changements d'énonciation du fil des pages, des changements qui peuvent perturber, notamment l'utilisation de la première personne. En quoi cela est-il perturbant ? Eh bien cela devient troublant quand aucun des personnages évoqués ne prend la parole pour exprimer ce "je", comme si l'utilisation de la première personne dans un paragraphe permettait à un personnage non visible ( mais bien présent ) ou à l'auteur de prendre la parole et de donner une certaine consistance à sa pensée, une sorte de prise de recul pour réfléchir.
     Une fois la lecture achevée, il m'est impossible de classer ce livre dans une catégorie. Ce livre est une catégorie à lui tout seul! Je suis juste incapable de lui coller une étiquette, même avec du recul il m'est difficile de vous parler de ce livre. Ce 1er tome se veut pénétrant et percutant, je pense toutefois qu'il ne faut pas le mettre entre les mains de tout le monde.