Veille de fête et nids de poule, textes de Marc-André Lévesque…

Veille de Fête. — Matin du 16 mai 2017, le gris est parti, en voyage vers de mauvais rêves. À la place, un ciel bleu, une montagne contente, des rues qui s’éclatent au soleil, des feuilles dans les arbres, les oiseaux qui montrent leur présence, de l’ombre. Ah ! l’ombre. J’avais oublié que j’en faisais (Aujourd’hui, j’irai vérifier). La veille du 375e de Montréal, tout s’est mis en place pour illuminer la fête. Tiens, je porterai peut-être un chapeau de paille pour me mettre sur la sellette, j’entends déjà les rumeurs provenant des vieilles pies de jardin qui, frustrées, diront : « Mais où va-t-il avec son vieux chapeau ? Il veut faire fuir les oiseaux ou quoi ? ». Je crois que, finalement, j’irai tête nue me faire voir par les rayons de soleil invitant, parce que rares. Les mains dans les poches, j’avancerai entre les ombres et la clarté en sifflant un air d’été.

Fête et nids de poule. — 17 mai, 15 heures. Il vente si fort que mes idées se sont envolées. Un Boeing 727 vient tout juste de les éviter au-dessus de Dorval. Même libres, les idées sont dangereuses. Un jour, quelqu’un qui en avait, qui ne les avait pas encore perdues, s’était présenté à la porte de la Ville. Poli, réservé, malgré cette responsabilité, Le Maire lui avait ouvert : « Vous savez vos fêtes de fondation de votre ville devrait être un moment pour amener les citoyens à développer cette histoire particulière, en devenant le patrimoine vivant, cette fête doit nécessairement être populaire. Pourquoi cet événement serait-il coûteux ? Au moment où tout est si difficile pour tous, ne serait-il pas venu le moment de dire à tous qu’ils sont importants, qu’ils constituent le cœur de la ville et, qu’à cet égard, ils sont partie prenante de cette belle histoire que cette ville et du pays », avait-il mentionné. Le Maire avait souri, il savait déjà que le destin de la fête avait été confié à grands frais à l’entreprise privée. Plus de 1 milliard, pourquoi ? Les nids de poule seront-ils comblés à ce prix ?

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecRetour du beau temps. — Après expérimentation, j’ai encore une ombre, donc je suis. Je suis les sentiers du beau temps, du bon temps qui nous échappe faute de réalisme. Je suis de souvenirs douteux d’époques lointaines qui ont émigré dans des têtes neuves. Je suis un serpent désenchanté qui se tient au fond d’un panier d’Inde, une flûte à ses côtés, le corps du charmeur gisant sur le sol. Je suis un carré d’as qui garde mes pas dans l’ombre que je suis.

L’auteuralain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Né à Saint-Ulric, près de Matane, sur la rive sud du fleuve, j’ai été créé par les images de ce désert d’eau qui change de forme selon les saisons.  Je lancerai bientôt (le 23 novembre) Des mots sur des couleurs, mon premier recueil de récits, en collaboration avec l’artiste peintre Pierre Morin de Varennes qui appartient, tout comme moi, aux paysages de la Matanie, mon pays, mes amours.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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