Joséphine impératrice • Bernard Chevallier

Par Bénédicte

Éditions du Chêne, 2014 (211 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

En suivant le parcours extraordinaire de Joséphine, de ses origines créoles à son mariage avec Napoléon Bonaparte, de son rôle de souveraine jusqu’à sa vie après le divorce, le livre dresse le portrait intime d’une femme étonnamment moderne. Engagée dans son siècle, elle fut la bonne étoile et le grand amour de Napoléon et elle joua un rôle important dans la constitution du style Empire. Passionnée par les voyages, la musique et les jardins, sa vie s’articule entre l’esprit encyclopédique des Lumières et la sensibilité écorchée du romantisme, ce que cet ouvrage retransmet avec goût à travers les photos et les œuvres d’art.

Mon avis …

Joséphine de Beauharnais est une figure féminine de l’Histoire dont je savais, jusqu’ici, finalement peu de choses. Elle fut pourtant le grand amour de Napoléon, la première impératrice des Français, et restera intimement associée au château de Malmaison. Cet ouvrage dresse le portrait de cette femme au destin peu commun. Lorsque je suis tombée dessus par hasard à la bibliothèque, je n’ai qu’une envie : l’emprunter. J’ai beaucoup aimé la richesse des illustrations ainsi que la beauté de l’objet-livre. Je suis ravie d’en avoir appris davantage sur le destin de cette grande dame de l’Histoire.

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie (plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais) est née en 1763, en Martinique. Si sa famille détient une grande plantation de cannes à sucre, elle manque cruellement d’argent. Surnommée Yéyette, la fillette occupait ses journées en compagnie de sa nourrice ou des enfants des esclaves, avec qui elle jouait souvent. La future Joséphine (Napoléon transformera en effet le prénom de sa promise) arrive en France suite à son premier mariage avec Alexandre de Beauharnais, une figure de la Révolution française qui sera exécutée sous la Terreur. Après un séjour de plusieurs mois en prison, Joséphine se met à fréquenter les salons. Jusqu’à ce qu’elle rencontre le général Bonaparte avec qui elle se remarie…

    

Cet ouvrage fourmille de petites anecdotes, j’ai tout simplement adoré en prendre connaissance. Si pour moi les dates qui ont fait l’Histoire ont bien sûr leur importance, je trouve que c’est véritablement grâce à de petits détails (qui sur le coup peuvent paraître bien insignifiants) que l’on peut s’imaginer quel fût le quotidien et la personnalité de nombreuses figures historiques. De Joséphine, j’ai ainsi pu découvrir son désir de protéger les artistes (elle achetait ainsi de nombreuses toiles), sa passion pour la mode ou encore son engouement pour la botanique et les plantes exotiques (elle a demandé à faire construire des serres et fait importer de nombreuses espèces végétales).

Napoléon souhaitait que sa cour rayonne dans toute l’Europe, aussi Joséphine avait-elle une bonne excuse pour dépenser sans compter en toilettes. Même après le divorce, Joséphine de Beauharnais restera une grande dépensière, et se retrouvera très souvent endettée.

    

Des relations qu’elle entretenait avec Napoléon, j’ai été surprise d’apprendre que du côté de notre future impératrice il ne s’agissait pas vraiment d’un mariage d’amour. Si l’empereur envoyait à Joséphine des lettres enflammées, remplies de sous-entendus, elle se contentait de répondre en quelques lignes plutôt insignifiantes. Joséphine est également une femme qui collectionne les amants. À son retour de la campagne d’Égypte (en 1798), Bonaparte souhaitera d’ailleurs divorcer. Il y renoncera : les enfants de Joséphine faisant pression. Jusqu’à la fin de sa vie, Joséphine restera très proche de ses deux enfants (Eugène de Beauharnais et Hortense de Beauharnais, mère du futur Napoléon III). Elle ne sera par contre jamais acceptée par le clan Bonaparte : Pauline, une des sœurs de Napoléon, la surnommera par exemple la vieille alors qu’elles n’avaient que dix ans d’écart.

J’aime à me dire que les portraits connus de Joséphine sont très fidèles à ce qu’elle était. On la reconnaît en effet presque à chaque fois, ce qui est loin d’être le cas de toutes les figures historiques qui ont été représentées sur des toiles. Physiquement, Joséphine était plutôt coquette et gracieuse. Dans ce livre, elle est décrite comme ayant toujours un mot aimable pour chacun, malgré la fatigue des nombreux voyages qu’elle entreprenait pour suivre Bonaparte. La jeune femme a cependant un gros défaut : elle avait les dents très abîmées (peut-être à cause d’une consommation excessive de sucre de canne dès son enfance). Aussi, Joséphine préférait sourire sans dévoiler ses dents !

Joséphine ne pouvant plus avoir d’enfants (même si elle n’était âgée que de 33 ans lors de son remariage), Napoléon la répudie en 1809. Elle conservera pour autant le titre d’impératrice douairière pour se retirer au château de Navarre (près d’Évreux) ou encore à Malmaison.

Pour résumer, j’ai beaucoup aimé me plonger dans le quotidien de la première impératrice des Français. La qualité de cet ouvrage y est pour beaucoup. Si Joséphine de Beauharnais n’est pas la figure féminine de l’Histoire qui me semble la plus sympathique, ou la plus attachante, elle m’est désormais moins inconnue. Cette lecture fut pour moi passionnante !