Editions Le Livre de Poche – Année 2016552 pages
Comment faites-vous votre choix arrivé en librairie ? Pour ma part, tout dépend de mon humeur. J’ai autant de routines pour acheter mes livres que d’états d’âme.
Cette fois-ci, j’ai été attiré par le macaron de la sélection du prix des lecteurs 2016. Et j’ai franchement bien fait de me fier à cette sélection.
Un roman inspiré d’un fait divers.
Paris, 1897. Toutes les femmes de l’aristocratie se pressent au Bazar de la Charité, événement mondain des plus courus. Parmi elles, deux femmes peu habituées à cet univers, Violaine de Raezal, rejetée par ses pairs depuis la mort de son mari, et la jeune Constance d’Estingel, indifférente aux conventions sociales. Quand le bazar prend feu et que le piège des flammes se referme, la tragédie fait basculer leur destin.
D’après le Figaro, La part des flammes peut être comparé à « Downton abbey à Paris ». Cette série TV est sur la longue liste des séries que j’aimerais voir, mais pour l’instant je n’ai vu qu’un seul épisode. Cette comparaison n’avait donc rien d’attirant pour moi, et je peux déjà voir les nombreuses différences entre les deux.
La part des flammes est surement le roman qui va marqué mon année 2016. C’est le genre de roman qui laisse un souvenir impérissable.
Gaëlle Nohant revient sur une tragédie de la fin du XIXe siècle, dont j’ignorais tout avant de lire ce livre.
L’incendie du Bazar de la charité, qui a fait 126 victimes, a décimé une grande partie des femmes de la noblesse. Cet évènement marque les esprits de chacun, car c’est une catégorie de personne qui se croyait intouchable.
D’ailleurs dans la première partie du roman, l’auteure met en évidence que seules les classes les plus pauvres sont touchées par la maladie et notamment par la tuberculose qui ravage des quartiers entiers de Paris. Ces gens n’ayant pas les moyens de payer les soins nécessaires pour se soigner, cela permet à la maladie de se propager. Si un membre d’une famille vient à tomber malade, c’est toute la famille qui est condamnée à brève échéance.
Gaëlle Nohant critique une partie de la noblesse qui fait acte de charité uniquement pour être plus populaire, être bien vue dans la société. Malheureusement à l’époque et encore maintenant, tout est une question d’apparence et lorsque certaines femmes sont défigurées à jamais, elles tombent de leur piédestal.
Cet événement qui intervient à la moitié du roman prend le contre-pied de la thèse précédemment évoquée. Faire acte de charité ne suffit pas à rester indemne et en sécurité. Le malheur touche indifféremment les gens pauvres comme riches.
Cette tragédie romancée par Gaëlle Nohant retrace la vie trois femmes. Violaine de Raezal, veuve depuis peu, cherche la protection de la noblesse pour réussir à survivre dans ce monde qui ne que peut à faire des femmes célibataires et touchées par le scandale.
Constance d’Estingel, jeune fille pieuse sortant à peine du couvent, est jetée dans les bras d’un aristocrate sans qu’elle ait son mot à dire face au choix de sa famille.
Et Sophie d’Alençon, la plus célèbre victime de l’incendie du Bazar de la charité, est la femme la plus influente et vertueuse de son temps qui prend sous son aile Violaine et Constance.
Ses trois femmes sont prisonnières de leur époque et des conventions qui musellent les femmes et les cantonnent à un rôle : celui d’être une jolie poupée dépendante de la gent masculine. Gaëlle Nohant critique la société patriarcale qui soumet la femme à son bon vouloir. Le feu du Bazar de la charité va jouer un grand rôle dans leur émancipation des hommes.
L’auteure manie à la perfection le mélange de fiction et de faits historiques. Un roman que je recommande chaudement à tous les amoureux d’Histoire.
