J'irais revivre sous d'autres étoiles - Auteur : Francia Place
- Serie :
- Genres : Littérature blanche
- Editeur : City Editions
- Collection : Mosaïc
- Publication: 04/ 05/ 2016
- Edition: Broché
- Pages : 240
- Prix : 16,50€
- Rating:

Résumé :
A 40 ans, la vie de Mathilde vole en éclats : elle découvre que son mari est infidèle et décide de le quitter. Mais comment se reconstruire ? Pour trouver des réponses, elle décide de réaliser un rêve : partir pour un long périple dans le désert. Au cœur de cette nature sauvage et grandiose, Mathilde rencontre des êtres qui, comme elle, ont été cabossés par la vie et sont à la croisée des chemins. Entre fousrires et larmes, chacun se livre et retrouve un certain goût de vivre. Loin de ruminer sa peine au fin fond d'une contrée sauvage, Mathilde se rend compte qu'à quarante ans, son avenir lui appartient toujours. Et qu'il n'est jamais trop tard pour tout recommencer...
Vivre ses rêves, enfin. Un roman tendre, drôle et émouvant.
Avis de TeaCup :
Je tiens à remercier les éditions City pour l'envoi de ce SP.
J'étais curieuse de ce roman car je fais une grosse pause de romance en ce moment (on en voit partout !) et ce roman promettait plus un récit de vie de l'introspection... et c'est bien ce dont il est question.
Le roman commence pourtant par quelques scènes très prometteuses, une explication houleuse suite à la découverte d'une tromperie et une scène mémorable où l'héroïne demande à son fils et son meilleur ami en train de fumer un joint... d'en rouler un pour elle. Pour une mère de famille bien sous tous rapports je me suis dit " ouhouh !!! rock ! "
Mais ça ne continue pas sur cette lancée, l'héroïne se remet en question, part sur un coup de tête dans le désert où elle rencontre tout une galerie de personnage qui est là pour divers raisons (maladie, phobies...) et vont évoluer avec elle. Le petit souci, déjà c'est cette construction : ils sont tous en recherches de, en introspection... je comprends bien l'idée de voyage initiatique, mais à ce point ?
Ce qui m'a aussi perturbée et un début ou l'héroïne, Mathilde est la seule narratrice à part une toute petite incursion dans la tête de son fils (qui semble presque accidentelle). Puis quelques chapitres après, tout le monde intervient à tour de rôle même si Mathilde reste majoritaire. J'ai trouvé ça un peu simple. Effectivement, du coup on ne rate aucune scène, introspection ou avis de Bidule sur Truc. J'aurai aimé cette même richesse sans ce moyen un peu " facile " à mon goût.
Il y a du coup une multitude de réflexions sur notre société moderne, la dépression, les phobies, la méditation... qui sont parfois intéressantes et nous embarquent d'autres fois se révèlent juste presque " bien pensantes ". Je ne vois pas comment le dire autrement, c'est vraiment ce que j'ai ressenti. L'héroïne a parfois un regard très bien veillant, qui la rend attachante, puis, sortie de nulle part on a quelques réflexions beaucoup plus téléphonées.
Au fond, les solutions sont assez simples à trouver, une bonne part des personnages a fait des thérapies. Par exemple, l'un des personnages " tilte " au cours de ce voyage que le portement de sa mère est responsable de bien de ces problèmes actuels. Des thérapeutes lui on dit, mais là, c'est tout à coup limpide grâce à un inconnu, un autre décor... sur le principe, pourquoi pas, mais dans ce roman ça ne m'a pas touché.
J'ai tout de suite pensé au film " Indian Palace " où il y a tout ça : des expatriés qui vont au bout du monde, y évoluent par le contact a une autre culture, le contact entre eux, il y a les gentils, les égoïstes... tout une galerie de caractères, de problématiques comme sur " J'irai revivre sous d'autres étoiles ". Pourtant là, peut-être les choses évoluent elles trop vite, trop facilement. J'aurais aimé sentir uneévolution plus progressive, pour les suivre pas à pas, et peut-être échouer, mais me dire qu'ils sont en route, etc.
Sur la biographie de Francia Place il est marqué qu'elle est " thérapeute par les pierres " mon ressenti sur ce roman est qu'elle a insufflé beaucoup de ses connaissances dans le roman... peut-être au détriment du rythme par exemple.
Au final, je me suis sentie frustrée, comme si on m'expliquait ce que j'avais à comprendre au cas où ça me passe au-dessus. Tiens, ça m'a fait penser au livre " L'homme qui voulait être heureux " le message est tellement clair que le récit m'a laissé de marbre. Et si je reviens à la scène du début : la mère qui demande à son fils de lui rouler un pétard. C'est drôle, décalé, inattendu, il y a un vrai fond d'humour que je n'ai pas retrouvé et que j'attendais.
Je suis sûre que ce roman peut plaire, certains y retrouveront peut-être des choses ressenties, des messages justes, pour ma part certains aspects du roman ont créé un peu de déception et de frustration, d'où la note mitigée. Ce n'est pas une mauvaise lecture, mais il manquait de magie à mon goût. Je ne les remets pas en cause le côté holistique, la vision d'un cancer dû à un choc psychologique et sa miraculeuse guérison... tout ça peut bloquer certains, pour ma part, j'ai trouvé ça très intéressant, mais il y avait la forme du message qui ne m'a pas parlé, même si je ne critique pas la plume, le style est fluide mais pas simpliste et il y a quelques belles images.
Extrait :
Nick et Mathilde s'assoient dans une synchronisation parfaite. Mathilde fait tourner le joint entre ses doigts, en hume l'odeur.
- C'est de l'herbe ?
- Oui, maman, répond Vincent dans un soupir.
- Ah. Cool.
Mathilde attrape le briquet, se demande si c'est vraiment une bonne idée de fumer, surtout devant ces adolescents. Mais sa vie vient de voler en éclats, comme le vase tout à l'heure ; alors, elle n'a plus vraiment les idées claires. Et puis surtout, malgré l'odeur tenace de fumée, le désordre dans la chambre, elle n'a pas envie de rester seule. Elle a désespérément besoin d'une présence à ses côtés, d'une présence rassurante, comme un fil qui la relierait à sa vie d'avant, avant qu'elle n'apprenne ce qu'elle se refuse encore à accepter. Elle allume cette cigarette censée lui faire du bien, tire une longue bouffée, s'étouffe. C'est infâme, ce goût ! Et encore plus mélangé au café qu'elle se force à finir.
- Maman... T'as déjà fumé ? s'inquiète Vincent.
- Bien sûr, mon chéri. Il y a longtemps.
Très longtemps même. Dans une autre vie, avec l'homme qui allait devenir son mari et toute une bande d'amis aussi joyeux et déjantés qu'eux, à l'époque.
- Ouais... Ben... Vas-y mollo, quand même !
Mathilde inspire, fait une deuxième tentative. Sa gorge la brûle, mais pas autant que la brûlure de la trahison. Elle toussote, essaie de se contenir. Elle ne s'en tire pas si mal, mais se sent un peu stupide, à se donner en spectacle de la sorte, yeux bouffis, devant ces deux garçons silencieux.
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