"Je vais vous tuer" de Nicolas Klein

Par Lady's Blog

"Un attentat dans un métro, une série de meurtres inspirée par Nietzsche, des vies qui se croisent,
deux voix mystérieuses qui semblent détenir les clés.
A vous de trouver les bonnes portes..."

232 pages




En lecture commune avec Kerry du blog "Les perles de Kerry" dont vous pouvez retrouver son avis ici ! 
Voici un thriller passionnant écrit avec finesse et d'une machiavélique intelligence.


"Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse"Frederich Nietzsche - "Ainsi parlait Zarathoustra"
Et du chaos il y en a dans ce livre... très noir...  "Je vais vous tuer" nous raconte deux histoires parallèles. D'un côté une rame de métro, plusieurs personnages, un attentat. De l'autre un capitaine de police, plusieurs meurtres, et le philosophe Nietzsche. Le point commun entre les deux ? Par un jeu de "vases communicants" chapitre après chapitre, l'auteur déroule le fil de son roman. D'une plume glaçante et souvent très crue, il n'hésite pas à malmener ses personnages, en leur dressant des portraits au vitriol pour (tenter) de perdre le lecteur tenu en haleine au fil des pages

Nicolas Klein a su manier les codes de (l'excellent) thrillerafin de faire monter le suspense progressivement. Haletant, ce roman se lit d'une traite. Le hic pour moi a été, comme je l'avais très vite dit à Kerry avec qui j'ai lu ce livre, que j'avais compris qui serai(en)t le(s) tueur(s) dès le départ malgré le petit tour de passe-passe de l'auteur. Je vous rassure, si j'avais compris qui, il me restait encore à comprendre comment !
Qui lu cru...
Houla ! Je vous vois arriver... Oui c'est une erreur de français volontaire de ma part et je vous explique pourquoi
Si à la première lecture, ce livreest une simple course folle après le(s) tueur(s), à bien y regarder (ou du moins à lire...), il s'agit surtout d'une course folle après le(s) sens caché(s) de cette histoire. Tel un magicien, l'auteur se joue de son lecteur et détourne son attention par une construction très atypique pour le surprendre au point final.
A travers cette construction machiavélique et intelligente, l'auteur met en relief que les choses ne sont pas toujours aussi évidentes qu'elles paraissent, que parfois il serait bon de creuser un peu, plutôt que de céder (le plus souvent par facilité) à la simplicité des choses.
Et ici l'histoire de Nicolas Klein est exactement cela... au point final l'histoire, le livre et l'auteur ne seront pas forcément ceux auxquels le lecteur s'attend tout au long de sa lecture...
Au fil des pages on peut également voir que ce roman dénonce/évoque l’apitoiement facile au moindre coup dur, l'oubli de se réjouir, le racisme, l'intégration, l'adoption. Un thème revient en permanence : l'abandon. Là encore il faut y lire plusieurs sens !
Il s'agit en premier lieu de l'abandon d'un enfant (et de l'adoption), mais surtout le sentiment d'abandon lors d'une séparation par exemple ou lorsque l'on est pris à partie et que personne n'intervient...

Enfin, l'auteur va bien au-delà du simple thriller. Si sa plume est glaçante, elle est d'abord (très) cultivée. Nicolas Kein fait référence à Nietzsche sur un fond de Carmen de George Bizet, et un clin d'oeil au film "La grande menace" réalisé par Jack Gold (1978).


Il ne reste plus qu'à...
Pour toutes ces raisons exposées, pour cet excellent moment de lecture que j'ai passé, je souhaite à ce roman de trouver un bon éditeur qui saura apprécier ses qualités.
N.B. : merci à l'auteur pour l'envoi de son ouvrage, la confiance qu'il m'a accordée, et les quelques bons jeux de mots que l'on s'est échangés...