Ce qu’il nous faut c’est un mort d’Hervé Commère

Par Erine @6Erine
  • Maison d'édition: Editions Fleuve Noir
  • Nombre de pages : 396 pages
  • 4ème de couverture : " I will survive ". C'était le dimanche 12 juillet 1998. À quel prix ? Ça, la chanson ne le dit pas. Cette nuit-là, trois garçons pleins d'avenir ont renversé une femme, une étudiante s'est fait violer, un jeune flic a croisé son âme sœur et un bébé est né. Près de vingt ans plus tard, voilà que tous se trouvent concernés par la même cause. On est à Vrainville, en Normandie. L'usine centenaire Cybelle va fermer ses portes. Le temps est venu du rachat par un fonds d'investissement. Cybelle, c'est l'emploi de la quasi-totalité des femmes du village depuis trois générations, l'excellence en matière de sous-vêtements féminins, une réussite et surtout, une famille. Mais le temps béni de Gaston est révolu, ce fondateur aux idées larges et au cœur vaste dont les héritiers vont faire une ruine. Parmi ces héritiers, Vincent, l'un des trois garçons pleins d'avenir. Il a la main sur la destinée de quelques centaines de salariés. Mais il n'a pas la main sur tout, notamment sur ce secret étouffé dans un accord financier vingt ans plus tôt par son père et le maire de Vrainville, père du 2e larron présent la nuit du 12 juillet dans la voiture meurtrière. Le 3e gars, Maxime, n'a la main sur rien, personne n'a payé pour lui et surtout il n'a pas oublié. C'est l'un des seuls hommes employés par Cybelle et un délégué syndical plutôt actif. Côté ouvrier, on connaît déjà le prix de la revente de Cybelle. Ca signifie plus que la fin d'une belle histoire entrepreneuriale : la mise au ban, la galère et l'oubli. Alors c'est décidé, ils n'ont plus le choix : puisque personne ne parle d'eux, ce qu'il leur faut, c'est un mort.
  • Y-a-t-il une suite ? : Non
Mon avis:

Ce qu'il nous faut c'est un mort est un thriller étonnant avec un contexte développé sous la forme d'un roman historique durant les premières pages. Hervé Commère veut nous sensibiliser à l'âme de ce petit village de Vrainville en Normandie, théâtre de deux tragédies en 1998. L'auteur prend le parti de remonter le temps afin de nous mettre au fait de la naissance de l'identité de ce petit coin de " paradis " avec la création des Ateliers Cybelle, entreprise qui crée des sous-vêtements pour femme dès le tout début du XXème siècle. Cette société va modeler le village et ses habitants autour de valeurs fortes ancrées sur la famille, la solidarité, l'optimiste.

Le décor de ce thriller se construit autour de 2 évènements majeurs : le viol de Marie, habitante de Vrainville et l'accident de voiture dont est victime Fanny. Un parallèle est fait entre cette année 98 et l'époque d'aujourd'hui, environ 15 ans plus tard.

Sincèrement, je m'attendais à un contenu et une structure bien différente pour un thriller qui est très certainement à l'origine de mon sentiment mitigé. En effet, je reproche à ce thriller son manque d'action, son orientation assez ambiguë où l'on voit lentement l'objectif surgir. De plus, il y a de trop nombreux apartés de l'auteur sur le récit de plusieurs évènements ou pans de vie de personnages. Par contre, je me suis laissée le temps d'apprécier ce récit à sa juste valeur. Autant de travail de la part d'Hervé Commère sur le contexte de cette histoire, sur ces personnages laisser présager du positif. Et c'est ce qui finit par arriver, à force d'insistance la lumière se fait grâce aux nombreuses diversions faites.

Au travers de Ce qu'il nous faut c'est un mort, c'est aussi la découverte d'un auteur. Un bavard, un monsieur qui aime bien faire, qui s'étale sur des pages afin de faire de certains éléments anodins, des moteurs et des indices. Un style assez particulier que je respecte mais qui ne m'attire pas plus que cela.

Dans les points que j'ai aimés, je citerais aussi le poids psychologique et sociologique que représente ce récit avec ces personnages fortement identifiés à un milieu géographique commun.

En conclusion, je ressors mitigée de cette lecture car j'attendais plus d'actions, un récit plus direct qui ne passe pas par mille détours et où l'on se demande encore à la fin dans quel genre le classer. Cependant, j'ai apprécié tout ce travail mis en avant par Hervé Commère et les réflexions multiples qu'il a su apporter.