Légion, tome 3 - Les Illusions dangereuses

Légion, tome Illusions dangereuses
Légion, tome Illusions dangereuses
Stephen Leeds, surnommé Légion, est un être multiple : très intelligent, il peut apprendre n’importe quoi en très peu de temps, mais extériorise tous ses savoirs sous forme d’hallucinations, qui sont autant d’aspects de lui-même. Il vit reclus dans une grande maison, entouré de ces nombreuses entités hallucinatoires, toutes dotées de compétences hautement spécialisées. Il est riche, car il loue ses services à qui peut se les payer.
Légion, tome Illusions dangereuses
Pourquoi ce livre ? J’ai le sentiment que cela fait une éternité que j’ai entamé cette saga. Et cela se pourrait bien, vu que j'ai lu le premier tome en 2015 grâce à Netgalley. Bref, plus de dix années plus tard, je termine enfin cette saga composée de trois novellas.
Les Illusions dangereuses m’a un peu moins emballée que les deux premières et pourtant, je me rends compte que je lui ai attribué la même (excellente) note qu’aux deux précédents. Avant d’évoquer l’argument qui a tout changé, je vais revenir sur ce qui m’a moins plu.
Je suis fan de Brandon Sanderson, ce n'est plus à prouver. Il a sa façon bien à lui de créer une histoire originale, qui se veut parfois fun ou au contraire faisant preuve d’un worldbuilding maîtrisé.
C’est le cas avec l’univers de Légion, cet homme possédant de nombreux aspects, répondant à ses besoins en fonction de leurs connaissances. Par exemple, JC est capable d’espionnage et de lui donner les connaissances en matière d’armes ; Tobias est fort en histoire ; Ngozi est la médecin - qui a peur du sang; etc. Forcément que les dialogues sont savoureux voire truculents, forcément que le personnage n’a pas besoin de présence humaine pour compagnie.
Les choses vont basculer dans cette ultime histoire. Certains aspects disparaissent, dont quelques têtes massacrées, quand d’autres phénomènes viennent trouver l'équilibre que Stephen s'était forgé. L’intrigue part de rien, repose sur peu d'éléments, ce qui a conduit au fait que ce ne fut pas un coup de cœur. J’ai trouvé que ça manquait d'élan, que ça manquait de l’esprit retors de l’auteur. Cela paraît donc un peu vide, comme si l’auteur s'essayait à de la littérature cosy. Comme si l’auteur avait tout gardé pour la fin. Pour ceux qui lisent son plus grand cycle, Les Archives de Roshar, nous savons parfaitement que Brandon Sanderson est le roi des fins explosives (voire des cliffhangers). Ici, il a également géré sa fin, conférant émotions et beauté des mots. Mon cœur s’est serré devant la justesse du moment.
Les personnages sont moins attachants dans ce dernier tome, probablement parce que la peur les prend aux tripes - avant qu’ils ne comprennent le but de ces expériences. Au milieu de ses aspects, Steven est perdu, a peur de comprendre, ce qui m’a emplie de compassion, alors même que je ne peux comprendre ce qu’il ressent. D’autres personnages humains gravitent autour du groupe mais ils sont totalement éclipsés par la force de ces liens qui rattachent Stephen a tous ses aspects.
Légion, tome Illusions dangereuses
L’intrigue aurait eu un peu plus de mouvements, un peu plus d'événements impactants, cela aurait été un coup de cœur. Cette dernière novella reste excellente par ses personnages forts, par ses liens qui les unissent, par cette fin digne et juste. Je ne conseille pas de commencer la bibliographie de l’auteur par cette porte, même si c’est fun et court à lire.
18/20
Les Illusions dangereuses de Brandon Sanderson, Orbit, 162 p. Traduit par Mélanie Fazi, Couverture par Jon Foster
Les autres titres de la saga :
1. Légion
2. À fleur de peau
3. Les Illusions dangereuses
- saga terminée -