
Screenshot
" data-attachment-id="32634" height="379" width="648" data-comments-opened="1" aperture="aperture" />
En deux mots
Un mariage trop rapide. Un grand amour empêché. Une malédiction qui court sur trois générations. Un petit-fils qui croit fuir le monde et qui, en fait, y entre. Une maison qui respire, qui souffre, qui se souvient à sa place. Un roman plein de mystères et d’envies.
Ma note
★★★★ (j’ai adoré)
Ma chronique
La maison aux esprits
À Heurtevents, entre le Puy-de-Dôme et l’Allier, un jeune homme s’installe dans une maison de famille pour y finir sa thèse au calme. Mais ce lieu, chargé de l’histoire de ses habitants, va l’entraîner dans une quête obsédante. Livre après livre, Caroline Hussar confirme son talent.
Le jury du Prix Jean Anglade se réunit chaque printemps à Clermont-Ferrand pour y délibérer. Un rendez-vous qui est aussi l’occasion de retrouver la lauréate de 2023 pour La Maison aux chiens. Car Caroline Hussar est la « régionale de l’étape », comme on le dit pour le Tour de France. Si je commence ma chronique par ce souvenir personnel, c’est parce qu’à cette occasion la romancière nous a confié quelques mots de ce roman, dont elle faisait alors les dernières corrections. Elle nous a raconté que son grand-père s’était marié à dix-sept ans parce que sa grand-mère était enceinte, et qu’il avait ensuite rencontré l’amour de sa vie. Le livre est dédié à cette grand-mère. Il reprend la trame de ce drame familial. Mais n’anticipons pas.
Le roman s’ouvre sur une scène qui saisissante. Une jeune femme cueille une cerise dans un verger, sous le regard de son homme. Il la gifle, l’accuse de lui voler ses fruits. Le ton est donné : dans Heurtevents, la violence se love dans les gestes les plus doux, et l’été le plus doux peut virer au cauchemar en une phrase.
Dans la première partie qui suit, nous faisons la connaissance d’Antoine. Il s’installe à Heurtevents, « à la frontière du Puy-de-Dôme et de l’Allier », pour y terminer sa thèse de droit. L’endroit lui offre le calme, mais la maison, elle, est loin d’être accueillante. « Trois jours que je suis ici, et j’ai déjà failli repartir dix fois. La maison me fait l’effet d’un cadavre. J’entrevois sa décrépitude derrière la façade qui fait encore illusion depuis la route du cimetière. Une grande fenêtre, étroite comme la cicatrice d’une opération à cœur ouvert, la déchire du grenier au plancher, dévoilant son escalier central, colonne vertébrale bourrée d’arthrose qui crisse comme des grains de sable sous mes pieds quand je rejoins ma chambre à l’étage. »
On l’aura compris : cette bâtisse isolée, qu’on retrouve sur la couverture du livre, est un personnage à part entière. Comme dans Rebecca de Daphné du Maurier, La Chute de la maison Usher d’Edgar Allan Poe ou La Maison hollandaise d’Ann Patchett, les murs parlent ici, les odeurs racontent un passé douloureux, et sous les lés de papier peint, un autre récit affleure. Celui de 1954.
À cette époque, Odile a treize ans, et la maison grouille de monde. Paulette, sa grande sœur, s’est enfuie à Paris rejoindre son amoureux. Mais il reste la fratrie et les cousins pour sortir, explorer les environs, préparer le bal du 15 août. L’enfance s’en va déjà, laissant place aux premiers émois, aux questions qu’on n’ose pas poser aux « grands », à l’envie irrépressible d’aller voir les morts du cimetière, notamment cet Henri, enterré parmi les animaux de compagnie de la Dame Veuve. Peu à peu, ce sont trois générations qui se dévoilent.
Et puis vient la prophétie. La diseuse de bonne aventure annonce à Odile qu’elle ne vivra pas longtemps. Une sentence qui plane sur tout le roman comme un ciel bas avant l’orage. Car Odile tombe enceinte à dix-sept ans, épouse André, et se retrouve prise au piège d’un amour à sens unique. Lui rencontre bientôt la femme de sa vie, mais reste contraint, par les convenances de l’époque, de demeurer auprès de sa femme. Alors il boit. Alors il frappe. Alors la spirale s’enclenche, implacable : « Et puis il se remet à boire. Et puis, un jour, il se bat à nouveau dans un bal. Et puis il perd son travail (…) Et puis c’est la dégringolade finale. » Cette anaphore du malheur, distillée sans emphase, fait plus mal qu’un long discours.
Il y a aussi Mathilde, la Dame Veuve, qui recueille Odile après que sa propre mère l’a chassée pendant qu’André fait son service militaire en Algérie. C’est elle qui, à sa mort, lèguera la maison d’Heurtevents à sa protégée. Une maison-refuge qui deviendra une maison-prison.
Face à cette tragédie enfouie, Antoine s’obstine. Il enquête, il gratte, il croit percevoir des signes qui veulent lui parler à travers la maison. Son obsession grandit à mesure qu’il s’éloigne de Léa, sa compagne, et se sent troublé par une femme plus mûre. Sans s’en rendre compte, il rejoue la partition de son grand-père. Pendant qu’il traque frénétiquement une histoire ancienne, il est déjà en train d’en écrire une nouvelle, terriblement semblable.
Ce vertige des répétitions, cette manière qu’a la maison d’aspirer les vivants dans le sillage des morts, rappelle furieusement Ismaïl Kadaré et son roman autobiographique La Poupée. De sa propre grand-mère, l’écrivain albanais disait : « Cela faisait fort longtemps qu’elle donnait l’impression de ne plus faire qu’un avec les voûtes, les poutres et les murs porteurs. Sa décision de s’y cloîtrer ne faisait qu’accentuer l’impression de cette lente et inévitable incorporation. »
L’incorporation, c’est le mot qui convient. Comme tous ceux que pose Caroline sur le papier, choisis avec soin, avec une rigueur qui jamais ne sacrifie l’émotion. Mêlant violence et douceur, dans un moment d’accalmie avant que l’orage ne reprenne.
Le fantastique, lui, reste toujours en lisière. Un Pierrot qui change de place. Une odeur qui revient sans qu’on l’appelle. Le vent qui travaille les arbres derrière la vitre. Rien n’est jamais franchement surnaturel, et c’est bien là toute la force du roman : le doute s’installe sans jamais écraser la chronique rurale, âpre et sensorielle, du charbon, du froid, des étoffes humides.
Heurtevents fait suite à La Maison aux chiens (déjà une maison), son premier roman couronné par le prix Jean Anglade et au Rivage le plus sûr après lequel elle a réécrit les Contes d’Auvergne. Un détour qui, selon ses propres mots, l’a « libérée » avant d’attaquer Heurtevents.
On retrouve dans ce troisième roman une parenté évidente avec La Maison vide de Laurent Mauvignier, et, dans cette même rentrée, avec Le Pays des étés de Pierre Adrian : même goût du territoire, même manière de faire du lieu un révélateur de l’âme humaine. Un grand roman, à ne surtout pas laisser filer.
Heurtevents
Caroline Hussar
Presses de la Cité
Roman
272 p., 21 €
EAN 9782258213074
Paru le 10/09/2026
Où ?
Le roman est situé en France, « à la frontière du Puy-de-Dôme et de l’Allier ».
Quand ?
L’action se déroule sur deux temporalités, dans les années 1950 et en 2015, pour s’achever en juillet 2024.
Ce qu’en dit l’éditeur
Un roman ténébreux aux frontières du fantastique et de la folie, le destin d’une jeune femme perdue, prisonnière des convenances et de la violence, l’histoire d’une passion destructrice. Par l’autrice de La Maison aux chiens.
C’est à Heurtevents, vieille bâtisse à la façade mangée par la vigne, qu’Antoine est venu vivre pour terminer sa thèse. Huit mois seul, loin de la tentation, du monde et des hommes. Les lieux, moribonds, appartenaient à ses grands-parents, Odile et André. Des signes étranges intriguent bientôt le jeune homme : la photo d’une inconnue trouvée par hasard ; une poupée au visage de Pierrot qui semble vouloir lui transmettre des messages, et cette odeur entêtante de plâtre, qui va et qui vient…
Que cachent les murs d’Heurtevents ?
Au fil des mois et des confessions des villageois, Antoine découvre les ombres du passé des siens. Toute jeune fille, Odile a été rejetée par sa mère parce que enceinte. Un jour de fête, elle reçoit la plus terrible des prédictions. Son histoire, tragique, et celle d’André sont en marche…
Un roman puissant et ténébreux sur les mystères des âmes et des destins.
Les critiques
Actualitté (Nicolas Gary)
Les premières pages du livre
« Souvenir
Je suis dans le verger. L’été est bien mûr. Je porte une robe légère qui poisse sur ma peau. J’ai relevé sur ma nuque mes cheveux que je ne supporte plus. Il fait si lourd. Le bébé barbote dans une cuve métallique que j’ai remplie d’eau. C’est un bon jour. Il est assis sur un banc contre le mur, à côté de l’enfant qu’il surveille du coin de l’œil tout en nettoyant le canon de sa carabine. Je le regarde. Il se tient, arrogant, les jambes écartées, l’arme posée en équilibre d’une cuisse à l’autre. Il porte une chemise aux manches retroussées, ouverte sur un maillot de corps sombre. Sa médaille de baptême pend à son cou lorsqu’il se penche. J’ai fini de mettre le linge à sécher sur l’étendoir. Je reviens vers eux sans me presser, le panier pend au bout de mon bras. Des bourdons volent pesamment autour des lavandes. Les herbes me piquent les pieds à travers les lanières de mes sandales rouges. Je passe sous le cerisier dont il est si fier. Je tends la main vers une branche lourde de grosses cerises noires et en cueille une.
— Regarde la pie, dit-il au bébé. Tu la vois, la pie qui vole mes fruits ?
Il rit, découvrant sa dent en or. Le bébé rit avec lui en battant l’eau avec fureur. Il pose l’arme à ses pieds et s’avance vers moi. Ses bras bronzés moulés dans sa chemise, ses hanches fermes, ses jambes légèrement arquées. Il est beau comme un acteur de cinéma.
— Viens là, ma pie voleuse.
Je m’avance et lui souris en retour. Il lève une main vers moi, me gifle avec force. Je me mords l’intérieur de la joue. Le goût du sang se mélange à celui du fruit. Le bébé arrête de rire.
— Qui t’a autorisée à manger mes fruits, sale garce ?
Ce n’est pas un bon jour, en fin de compte.
Première partie
La prophétie
1
Novembre 2015
Il pleut. Si l’on en croit ma mère, il ne pleuvrait pourtant presque jamais dans le village de son enfance, à la frontière du Puy-de-Dôme et de l’Allier. Dans ses souvenirs, l’air y est sec et brûlant. Mais aussi elle n’y est venue qu’en été. Il faut bien que les nappes d’eau se remplissent un jour ou l’autre. Eh bien, maman, tu sauras qu’en novembre, ici comme ailleurs, il pleut. Beaucoup. Me voilà contraint à l’enfermement. Je devrais m’en réjouir, puisque je suis venu me cloîtrer à Heurtevents pour y achever la rédaction de cette thèse qui pèse sur mon esprit intranquille depuis cinq longues années. C’est ma mère, encore elle, qui, devant mes plaintes récurrentes et à la suite de la dernière semonce de mon directeur de thèse, m’a suggéré de m’isoler dans l’ancienne maison de ses parents. Elle a tenté de la louer, mais l’agence immobilière qu’elle a contactée refuse de prendre le mandat si elle n’y fait pas de travaux de mise en conformité. Et elle n’en a pas les moyens. Il faudra bientôt vendre. Bon débarras. Trois jours que je suis ici, et j’ai déjà failli repartir dix fois. La maison me fait l’effet d’un cadavre. J’entrevois sa décrépitude derrière la façade qui fait encore illusion depuis la route du cimetière. Une grande fenêtre, étroite comme la cicatrice d’une opération à cœur ouvert, la déchire du grenier au plancher, dévoilant son escalier central, colonne vertébrale bourrée d’arthrose qui crisse comme des grains de sable sous mes pieds quand je rejoins ma chambre à l’étage. La vigne vierge mange la clarté et baigne le palier dans une lumière d’algues, un crépuscule permanent qui floute les contours des objets pour mon regard très myope.
Dans la journée, pour travailler, je me suis installé dans la cuisine, la fenêtre en bas à droite depuis la rue. C’est là que se trouve le cœur palpitant de la maison : le poêle à charbon. Tout le reste est fermé, des pièces froides et humides, vides de meubles pour la plupart, où pèle le papier peint. J’ai fait un peu de ménage au premier dans une chambre qui donne sur le bois à l’arrière, avec une salle de bains attenante où trône la baignoire sabot qui me sert de douche. Ces trois pièces seront mon ermitage pour les huit prochains mois. Je rendrai ma thèse à temps à la fin de l’année universitaire ou je quitterai la fac de droit avec le master que j’ai décroché il y a cinq ans. Quoi qu’il arrive, c’est la fin d’un cycle.
Huit mois ici, seul, loin de la ville, de la tentation, du monde et des hommes. À part Colette, qui habite juste en face. La vieille amie de ma grand-mère, devenue ensuite une sorte de tante pour ma mère. Elle vit de l’autre côté de la route qui mène au cimetière. Elle me fait signe lorsqu’elle m’aperçoit à ma table de travail depuis sa véranda. L’après-midi, elle y prend le café. Rarement seule. C’est un défilé de gens que j’observe de ma fenêtre. Je n’y vais pas. Je reste dans le ventre de la maison, auprès du poêle. Je m’attelle à ma tâche. Dehors, il pleut.
2
Août 1954
Odile passe la porte en caressant du bout des doigts le rideau en lamelles de couleurs vives qui protège la maison du soleil et des mouches. Elle aime le bruit du plastique collant, un bruit d’été. Dehors, l’air est grumeleux de poussière, le soleil noir du mois d’août s’abat sur ses épaules. Elle a attendu à l’intérieur que passent les heures les plus chaudes, mais elle s’ennuie. Pierre est trop grand pour s’amuser avec elle, même s’il y consent encore de temps à autre, parce que c’est le plus gentil de tous. Pourtant, elle a bien vu qu’elle le gênait. En ce moment, quand il n’est pas au travail, il passe son temps à écouter de la musique allongé sur son lit en fumant. Marie-Claude l’a chassée avec moins de manières de la chambre des filles, de l’autre côté de la soupente. Elle se prépare pour le bal du 15 août qui aura lieu ce soir. Odile s’en moque. De toute façon, Marie-Claude ne l’intéresse pas. Elle lui a toujours préféré Paulette. Mais leur plus grande sœur a quitté la maison avec fracas au début de l’été. Il paraît qu’elle est partie à Paris pour suivre son jules. Enfin, c’est ce qu’Odile a cru comprendre des bribes d’informations glanées auprès de ses aînés. Ils n’ont pas le droit d’évoquer Paulette devant la mère, alors elle n’en sait pas plus. Elle lui manque, sa sœur fantasque, avec ses gros bijoux et ses grands châles noirs au crochet. Et il a fallu qu’elle parte.
Ils sont tous devenus trop grands, ils l’agacent, avec leurs histoires sans intérêt. Odile a treize ans. Et ce qui l’énerve, c’est qu’elle se sent grandir, elle aussi. De toutes ses forces, elle s’y refuse. Elle s’accroche à ce dernier pan de l’enfance, aux étés à rallonge, même si elle doit castrer les maïs à la ferme du cousin Gilbert pour aider sa mère, qui peine à faire vivre toutes ces bouches depuis que la mort du père ne leur a laissé qu’une maigre pension. Odile ne l’a pas connu. Pierre lui a raconté sa fin tragique, son accident en forêt, lorsque la scie qu’il maniait l’a projeté au sol dans un mouvement de ressort, l’empalant sur une branche dépassant d’une souche qu’il n’avait pas fini d’éclaircir ; sa jambe trop faible, blessée à la guerre, a cédé sous son poids. Il est resté là à se vider de son sang. La nuit précédente, un hibou était venu se fracasser contre la fenêtre du grenier. Signe de malheur, a affirmé sentencieusement Paulette, drapée dans ses châles. Elle a forcé Odile à se signer avec elle, même si la gamine ne croit pas à toutes ces simagrées. Pas plus que Pierre. Mais il n’a pas voulu se moquer de leur grande sœur.
Il est si gentil, Pierre, si doux, avec ses grands yeux bleus sous sa tignasse noire, la même qu’ils arborent tous, mais seuls Paulette et lui partagent ces yeux clairs. Les deux autres sœurs ont le regard brun. Tout ce qu’Odile a en commun avec Pierre, ce sont ces cheveux noirs et épais, et cette joie de vivre qui fait défaut à Marie-Claude la geignarde. Paulette est joyeuse, elle aussi, à sa manière mystique et inquiétante. Il paraît que son jules est peintre, et pas en bâtiment. Odile ne voit pas trop ce que l’on peut peindre d’autre que des murs, il faudra qu’elle interroge Pierre à l’occasion, quand la mère ne sera pas dans les parages. Or il s’absente beaucoup en ce moment. Marie-Claude prétend qu’il courtise Monique, la fille du patron de son usine. Marie-Claude méprise Pierre, jalouse Paulette la Parisienne – ainsi qu’elle l’appelle à présent. Mais elle tolère Odile. Tous aiment leur jeune sœur, la petite orpheline qui n’a pas connu le père, et qu’ils plaignent pour cela, alors que c’est la seule à ne pas avoir pris une taloche un soir de paie et de beuverie, à ne pas avoir vu la mère se faire battre comme plâtre. Elle va et vient à sa guise, cet été-là, délaissée par ces presque adultes que sont devenus ses frère et sœurs. Désœuvrée, elle erre un moment dans la cour, s’en prend aux oies qui cherchent à la pincer à travers le grillage que sa mère et son frère ont tendu dans un coin pour leur dessiner un enclos. Odile a trop chaud. Elle aimerait éliminer la poussière de l’été qui colle à ses jambes maigres de petite fille trop vite montée en graine, et poisse sur ses genoux encore potelés. Reste le lavoir.
3
Novembre 2015
Le vieux poêle en fonte marche au charbon de bois. Il faut lui bourrer la gueule à l’aide d’une pelle en fer creuse qui grince contre les cubes noirs de la réserve quand je la remplis. J’ai assez vite pris le coup de main. Ce que j’ai mal évalué, c’est la quantité qu’il me faut pour parvenir à atteindre une température correcte dans cette grande baraque battue par les vents. Depuis hier soir, je peux voir le fond de la réserve quand je vais remplir mon seau dans l’arrière-cuisine. J’ai tout au plus deux jours devant moi avant de tomber en rade. Or, même dans la pièce la moins délabrée de la maison, assis à ma table de travail, j’ai froid. Dans la bonnetière de ma chambre, j’ai trouvé un couvre-lit en satin orange. J’ai dû l’aérer pendant plusieurs nuits sur l’étendoir à linge gondolé qui pendouille au-dessus de ma baignoire pour qu’il perde son odeur de moisi. Je me roule dedans pour travailler. À présent, il sent l’âtre humide, comme tous mes vêtements. J’ai plus chaud, mais je ne tiendrai pas sans feu.
Par la fenêtre, j’épie la véranda de Colette, qui ne désemplit pas. Elle tient salon comme dans un roman de Zola. Aujourd’hui, il pleut trop pour que je puisse identifier clairement ses visiteurs. Et puis la nuit tombe déjà. Dans le halo jaune qui se dilue jusqu’à moi, il me semble apercevoir deux silhouettes installées autour de la table en fer forgé, avec Colette qui fait la navette depuis la cuisine. Devant chez elle, une deux-chevaux gris-bleu est garée de travers. Les visites durent tout l’après-midi en règle générale. Mais je ne peux me permettre d’attendre. Il faut qu’elle me conseille un fournisseur de charbon de toute urgence. Comme souvent depuis que je vis seul ici, je me parle à voix haute :
— Mon vieux, je crois qu’il te faut retourner à la civilisation.
Comme pour m’approuver, le charbon dégringole contre la vitre du poêle dans un bruit d’éboulis de dragées.
Colette est toute petite, un buste frêle sur un postérieur massif, des cheveux châtains permanentés serré, avec une minuscule mâchoire qui sourit large, rit encore davantage. Elle étreint mon torse à défaut de pouvoir atteindre mes épaules, m’appelle mon grand, me dit que j’ai l’air fatigué et m’intime de m’asseoir entre ses deux invitées pendant qu’elle fait chauffer une nouvelle tournée de café. De la cuisine, elle me crie qu’elle va téléphoner à son frère pour qu’il passe nous rejoindre et me conseille un fournisseur fiable. Elle parle, parle, parle, comblant le silence gêné autour de la table tandis que nous attendons son retour dans la véranda pleine comme un œuf. Partout, des meubles en osier, des plantes qui dégoulinent du plafond, rampent sur le sol ou écrasent leurs feuilles le long des vitres pour y chercher la lumière. J’entends le café couler dans le filtre avec ce sifflement humide qui appartient au passé, la voix de Colette qui passe un coup de fil avec le téléphone mural accroché dans l’entrée. Elle crie à nouveau :
— Armand sera là d’ici une heure, mon grand. Il est en train d’aider son fils à couler une dalle derrière le local des pompiers, mais il n’en a plus pour très longtemps. Il s’arrêtera en remontant.
Elle m’apporte une tasse en porcelaine fine tout en continuant :
— Mon neveu est un brave garçon, mais empoté comme pas deux. Je ne sais pas comment il fera quand son père ne pourra plus venir l’aider.
— Il ne devait pas prendre sa retraite ? avance une de ses deux visiteuses, une grande femme sèche.
Cheveux gris et raides coupés court, elle porte un chemisier blanc boutonné jusqu’au col. Une chaîne en argent ornée d’une simple croix pend sur les boutons de son gilet bleu marine.
— Oh, il est déjà à la retraite, répond Colette. Mais il aide son fils à reprendre les rênes de sa société. Je pense qu’il n’aimerait pas le voir faire faillite avant de mourir. C’est pas gagné. C’est un gentil garçon, mais fainéant comme une couleuvre. Enfin, je ne devrais pas dire ça. Il fait de son mieux.
Elle finit de verser le café dans ma tasse et m’approche un bol de biscuits secs, maternelle sans y penser.
— Sers-toi, mon grand. Au fait, vous ne connaissez pas encore mon voisin d’en face, Antoine ? Antoine, je te présente sœur Georgette et sœur Marie-Michelle. Il vit à Heurtevents, souligne-t-elle.
Les deux femmes hochent la tête d’un air entendu.
— Nous étions en train d’établir le programme des cérémonies à venir pour la confirmation et la communion, au printemps, reprend Colette à mon intention. Non, tu ne nous déranges pas, nous avons bientôt fini, bois ton café en attendant, et après je suis à toi.
Je ne suis plus habitué au café filtre, que je trouve imbuvable. Je le noie dans le lait et le pompe à l’aide de sablés enrobés de sucre, bercé par leurs conversations de vieilles dévotes. C’est la première fois que je suis en contact avec des religieuses. Je les observe pendant que leur attention est attirée ailleurs. La seconde est plus petite et plus avenante que la première, elle a les traits doux et ronds d’une vieille jeune fille ; elle fait plus effacée. Assise juste en face de moi, sœur Georgette monopolise la parole, et j’aimerais qu’elle s’en abstienne, car son haleine terrible m’enrobe de ses effluves pâteux.
Deux phares s’immobilisent devant le portail, un homme descend l’ouvrir sans se presser malgré les trombes d’eau.
— C’est Lucien qui rentre des champignons, il doit être rincé ! Il va aller se changer au sous-sol avant de monter ; ressers-toi en café, mon grand, il arrive.
Puis Colette reprend sa conversation, alors je replonge dans la réserve de biscuits.
Un quart d’heure se passe avant que Lucien n’émerge de l’escalier du sous-sol. Son maillot de corps se voit en transparence sous son polo à manches longues tendu sur son ventre par la vaillante ceinture de son pantalon de grand-père. Il est en charentaises. Sa voix porte aussi fort que dans mon souvenir.
— Antoine, qu’est-ce que tu fous au milieu de ces bigotes ? Elles vont chercher à te baptiser si tu n’y fais pas gaffe !
Lucien me serre la main droite en m’accrochant le coude de l’autre. D’aussi loin que je me souvienne, il est le maire du village. Anticlérical de gauche, il a épousé une femme très versée dans la religion, qui fait le catéchisme et s’investit dans toutes les activités de l’église. Ce qui les a rapprochés, c’est leur côté instituteurs jusqu’à l’os, la foi inébranlable dans l’école publique et les vertus de l’instruction. Ils s’entendent bien, après toutes ces années de mariage, trouvent encore plaisir à se taquiner. D’ailleurs, Colette ne relève pas sa remarque, se contente de lui désigner l’assiette de biscuits et de lui ordonner de me tenir compagnie le temps qu’elle en termine avec ses invitées.
J’ai le vertige. Tous me semblent parler trop fort et trop vite après ces jours de solitude et de silence. Je tente de me joindre à la conversation.
— Alors, comment ça se passe, à la mairie ?
— Oh, tu sais, c’est mon dernier mandat. Je me fais trop vieux pour ça…
— Ne l’écoute pas, intervient à nouveau Colette. Il dit ça à chaque fois.
— J’ai besoin de me reposer. Je veux pouvoir jardiner et pêcher tranquille, sans qu’on vienne me demander un avis sur la couleur de la décoration du village vacances ou m’apporter une réclamation sur le tri des déchets du voisin.
— Tu vas être dans mes pattes, voilà ce qui va se passer.
— Si t’as le temps de m’asticoter, t’as le temps de t’occuper d’Antoine.
— On finit tout juste.
— Il en a bien de la chance, votre curé, d’avoir toutes ces femmes pour faire le travail à sa place.
— Un peu comme toi avec tes conseillers municipaux, tu veux dire ?
Lucien éclate d’un rire qui grésille comme de la friture, puis lève une main pour accueillir son beau-frère. Ce dernier arrive par la porte-fenêtre de la véranda. On dirait un oiseau déplumé.
— Ah, tu tombes bien ! Viens me soutenir, on est envahis par les grenouilles de bénitier par ici. Ça sent l’encens jusque dans ma cave !
Armand me tend le poignet pour me saluer, m’indiquant qu’il a les mains sales. Pendant que sa sœur repart vers la cuisine lui préparer de quoi dîner, il sort de sa poche un papier graisseux.
— Les coordonnées du fournisseur de charbon. Appelle-le de ma part, il est prévenu, et il sait que c’est urgent. Il bosse avec l’épicerie de ma fille, dans le bourg. C’est une bonne cliente, alors tu peux y aller, il te la fera pas à l’envers. Tu devrais pouvoir être livré d’ici la fin de la semaine.
— Il lui faut pour dans deux jours au plus tard.
Colette passe la porte du salon, les bras chargés de Tupperware. Elle lui donne des instructions de cuisson, puis lui demande qui est le livreur.
— Le petit-fils de Gégé Miallier.
— Quentin ? Je l’ai eu dans ma classe, c’était en 1997, je crois. Non, en 1998. Dis-lui que tu viens de ma part, mon grand, et qu’il a deux jours pour faire le travail. Et qu’il doit passer prendre un café ici après sa livraison.
Les bonnes sœurs sont en train de plier boutique. Je ne peux m’empêcher d’être désolé pour elles.
— Je vous ai empêchées de finir votre travail.
Colette répond à leur place.
— Mais pas du tout, mon grand ! Ça vous aura permis de vous rencontrer.
C’est vite dit. Nous n’avons pas échangé deux mots. Je n’avais pas spécialement envie de faire connaissance, mais peut-être est-ce le fruit d’un a priori mal placé. Je profite de leur départ pour me lever.
— Attends-moi ici, je les raccompagne et j’arrive.
Je les observe par la baie vitrée de la véranda, à travers les coulures qui zèbrent la buée que nous avons dégagée, tous entassés dans cette chaleur de baignoire. La deux-chevaux effectue un départ en trombe après un demi-tour dangereux, sœur Georgette au volant. Ses phares d’un jaune dépareillé s’estompent bien vite dans le rideau de pluie. Colette revient au pas de course et retire la capuche en plastique qu’elle avait nouée sous son menton pointu. Elle s’engouffre dans sa cuisine, et en ressort avec deux nouveaux Tupperware.
— Tiens, de la blanquette et du flan aux prunes. Tu me rapporteras les boîtes si tu en veux d’autres. Je ne te retiens pas pour dîner, tu as du travail. Mais, au moins, je sais que tu auras le ventre plein. Allez, file maintenant.
Elle me pousse presque dehors. La tête penchée pour préserver mes lunettes des gouttes d’eau, je reste un moment sous la pluie, étourdi par le calme qui règne ici. La porte-fenêtre coulisse à nouveau et Colette me lance :
— Tant que j’y pense, tu ne voudrais pas un chat ?
4
Août 1954
Odile s’est attribué la bicyclette que Paulette a laissée derrière elle en s’enfuyant à Paris. Elle est encore un peu grande pour elle, alors elle ne s’assied pas sur la selle. De toute façon, depuis la Poivrière, il lui faut monter la côte des Gays en danseuse pour se rendre au lavoir comme Pierre le lui a enseigné. Adolescent, il a fait des courses de vélo. À mi-chemin, elle passe en trombe devant la ferme du cousin Gilbert malgré la sueur qui lui pique le dos et le feu dans ses jambes. Elle ne voudrait pas devoir s’encombrer de ses cousins, Dominique, qui a son âge – déjà qu’il lui colle aux basques à l’école –, et sa petite sœur, Micheline, la poupée qui chouine à la moindre contrariété. En haut, sur le plat, il y a l’étang des Gays. Il est assiégé par les pêcheurs, et ils s’en prennent aux mômes qui s’y baignent et font fuir le poisson. Mais si l’on pousse un peu plus, par les chemins de traverse, on peut atteindre le lavoir des Graves. Accoudé au pont de pierre du passage à niveau, niché dans la végétation, il est plus confidentiel.
Au lavoir, elle retrouve Françoise. Daniel aussi, qu’elle a connu à l’école, mais qui ne prépare pas comme elle le certificat d’études, puisqu’il n’en a pas besoin pour reprendre l’auberge de ses parents, dans le bourg. Lui est venu avec son frère jumeau, Joseph. Tous les mômes pataugent dans l’eau noire et glacée, c’est délicieux. Ils glissent sur les rebords de pierre à s’arracher le cuir du derrière. Pour se sécher, ils se couchent le dos contre les pierres du pont de chemin de fer, et c’est comme si elles pompaient les gouttes sur leur peau. Parfois, un train de marchandises passe au pas, faisant sonner sa sirène à les rendre fous. Mais il n’y a pas de danger.
Qui le premier s’est lassé de ces jeux de pataugeoire ? Il faut dire qu’ils commencent à être trop vieux. D’ailleurs, Françoise a refusé de retirer son chemisier pour se baigner en maillot de corps. Peut-être est-ce Dominique, qui, après avoir vu passer sa cousine devant la ferme un peu plus tôt, a deviné sa destination et a embarqué sa petite sœur dans son sillage ? Tous sont là à se chauffer sur les pierres comme des lézards quand Odile propose :
— Et si on allait faire un tour au cimetière ?
Daniel rejette sa suggestion.
— Quelle drôle d’idée, et puis pour y faire quoi ? Si encore il faisait nuit, ça pourrait être effrayant, mais là ! En plus, on y va tout le temps. On y était encore il y a deux semaines quand le père de Gégé Miallier a cassé sa pipe. Tu parles d’une proposition originale…
Odile s’agace. Daniel lui vrille souvent les nerfs.
— Pas ce cimetière-là, idiot !
Odile est parvenue à les intéresser, mais ils restent dubitatifs. Il n’y a qu’un cimetière à Saint-Sylvestre. Ceux de Saint-Yorre ou de Saint-Priest, même celui de Mons, sont bien trop loin pour s’y rendre à bicyclette par cette chaleur.
— Je veux dire qu’il en existe d’autres sortes.
Bien sûr, elle n’a pas voulu en dire plus, alors ils la suivent. Même Micheline, avec ses jambes potelées de gamine de dix ans, serre les dents et enfourche son vélo rose et blanc tout neuf, parce que son père lui achète tout ce qu’elle veut, comme elle le leur rappelle à tout bout de champ. Ils rebroussent chemin vers l’étang, puis ils longent la scierie, prennent la route qui mène au cimetière, mais Odile s’arrête bien avant, à l’orée du bois, juste avant la maison de l’instituteur.
— Bon, faut qu’on planque les vélos parce qu’on va devoir continuer à pied.
— Tu vas finir par nous dire où tu nous emmènes ?
C’est Françoise qui a pris la parole, et à elle Odile ne sait pas tenir tête.
— D’accord, mais vous devez me jurer de garder le secret.
Ils jurent tous.
— Dans le cimetière des animaux d’Heurtevents, triomphe Odile.
Elle exulte, et avec ses joues qui ont trop pris le soleil et ses cheveux en désordre, encore humides de leur baignade, elle leur fait presque peur.
— Tu es complètement folle, décrète Daniel.
Odile va pour lui donner une gifle, mais Dominique l’interrompt. De caractère placide, il déteste le conflit.
— Heurtevents est hanté, c’est maman qui l’a dit.
Micheline se cache derrière son grand frère pour éviter les bottines de sa cousine, après son affirmation péremptoire.
— Et alors ? Ceux qui ont peur n’ont qu’à pas venir. On n’a pas besoin de pisseuses pour aller explorer.
Joseph ricane, mais personne ne fait attention à lui. Françoise suit toujours Odile, bien qu’elle soit plus réfléchie.
— Tu es sûre de savoir où tu vas ?
— C’est Pierre qui me l’a raconté. Avant son accident, mon père coupait du bois derrière la grande maison. Il a vu le caveau. Celui de tous les animaux de la Dame Veuve.
— C’est bien un truc de riches, de faire des manières pour les bêtes, dit Dominique.
— Allez, venez, on y va ! »
Extraits
« Mes grands-parents auraient dû pouvoir faire ce bébé hors mariage. Ou ne pas le faire du tout. C’est parfois mieux.
Je me rends compte de ce que je viens de dire.
— Enfin, je parle pour mes grands-parents. Je ne cherche pas à te dire quoi faire, j’espère que tu le sais.
— Antoine, je ne me compare pas à une femme-enfant de dix-sept ans dans les années 1950. Je suis mariée à un homme bien, j’ai déjà porté deux de ses enfants. J’aurai bientôt quarante ans, je prends mes décisions en connaissance de cause. Ce n’est pas plus facile pour autant.
J’ai l’impression de n’avoir rien vécu, de ne rien pouvoir lui apporter. Je ne sais pas quoi lui répondre, et 1l est temps de rentrer. Elle devait m’accompagner chez la sœur, voilà qui est fait. Je n’ai plus de raisons de la voir seule, en dehors de son travail. La voiture est pleine de sa présence et du désir si malvenu qu’elle m’inspire. Mon chagrin d’adolescent ne m’aide pas à me sentir plus mature. Quand elle me dépose chez moi, je contourne la voiture et lui fais signe de baisser la vitre.
— Céline, je ne devrais pas te le dire, mais je Crois que, dans une autre vie, j’aurais été très amoureux de toi. ‘
Un silence, puis elle répond :
— Tu as raison, tu n’aurais pas dû me le dire.
La maison accueille mon dépit avec son parfum d’ironie encollée. » p. 153
« Très bien! Sauvons les apparences. Mais vous n’avez pas le pouvoir de m’empêcher de mener ma vie comme je l’entends. Pour le peu de temps qu’il vous reste à vivre, je vous laisse réfléchir à ce qui se passera quand vous aurez cassé votre pipe.
Il sort et court se réfugier dans la cabane à outils. Il le fera souvent dans les mois, dans les années à venir. Mathilde s’effondre contre le dossier de son fauteuil. Faut-il qu’elle aime Odile et la petite Jeanne pour laisser un tel homme souiller de sa présence les pierres d’Heurtevents. Mais elle a fait ce qu’il fallait. Du moins le croit-elle, et elle ne sera pas détrompée jusqu’à sa mort, six mois plus tard. On ne peut lui reprocher de s’être leurrée. Tout comme, sans doute, on ne peut reprocher à la mère de s’être soumise aux règles de son temps. L’une dans la faiblesse de l’amour, l’autre dans la rigidité, chacune à sa manière a fait le mauvais choix. Et Odile s’apprête à en payer le prix. » p. 163
« Il continue à vivre avec Odile, à la traiter comme sa femme en public, même si tout le monde sait qu’il a sa putain au bourg. La douce Odile se délecte de la qualifier de la sorte, juste pour elle au début, puis à voix haute. Il souille tout ce qu’elle a pu être, elle n’a plus aucune dignité. Mais Mathilde n’en a rien su, et c’est pour Odile un apaisement. Colette ne lui dira jamais que si, bien sûr, elle a su. Qu’elles en ont parlé, qu’elle n’a perdu ni l’ouïe ni la vue. Que les cris et les marques, elle les a bien identifiés. Que peu avant de mourir, quand ils sont tous venus à son chevet lui dire adieu, les amis, la famille, elle leur a fait prêter serment de prendre soin d’Odile, de Jeanne, des bébés à venir — puisque André continue à la toucher, avec rage, d’une manière infâme et dégradante, mais il continue, et Odile s’en réjouit presque, de savoir que tout n’est pas pour l’autre. Oui, ils ont tous prêté serment de protéger Odile. £t aucun ne tiendra cette promesse. » p. 176
« Et puis il se remet à boire. Et puis, un jour, il se bat à nouveau dans un bal. Et puis il perd son travail et se rappelle qu’il vit chez sa femme. Et puis on veut bien l’embaucher chez Verredis, mais seulement pour de l’intérim, comme cela on pourra le virer s’il crée des problèmes. Et puis son père meurt d’une crise cardiaque. Et puis Éliane se fatigue de cette vie un peu trop rangée, et lorsqu’il vient pleurer à sa porte elle ne le repousse pas. Et puis c’est la dégringolade finale. » p. 199
À propos de l’autrice
Caroline Hussar © Photo DR
Née en Auvergne, Caroline Hussar a grandi dans la campagne bourbonnaise. Dans le cadre de ses études au sein de la faculté de droit de Clermont-Ferrand, elle s’est intéressée au droit de la santé, ce qui l’a amenée à poursuivre des études à la faculté d’Aix-Marseille. Elle a choisi de revenir exercer son activité d’avocate en Auvergne, et de se spécialiser dans la défense des victimes, notamment auprès des enfants. Elle vit aujourd’hui au pied du Puy-de-Dôme. Lauréate du Prix Jean Anglade du premier roman 2023 pour La Maison aux chiens, elle est aussi l’autrice du Rivage le plus sûr. (Source : Presses de la Cité)
Compte Instagram de l’autrice
Tags
#Heurtevents #CarolineHussar #PressesDeLaCité #secretsdefamille #saga #Auvergne #maisonhantée #collectiondelivres #coupdecoeur #hcdahlem #roman #RentréeLittéraire2026 #litteraturefrancaise #litteraturecontemporaine #VendrediLecture #RentreeLitteraire26 #rentreelitteraire #rentree2026 #RL2026 #lecture2026 #livre #lecture #books #blog #parlerdeslivres #littérature #bloglitteraire #lecture #jaimelire #lecturedumoment #lire #bouquin #bouquiner #livresaddict #lectrice #lecteurs #livresque #lectureaddict #litterature #instalivre #livrestagram #unLivreunePage #writer #reading #bookoftheday #instabook #litterature #bookstagram #bookstagramfrance #lecturedumoment #bibliophile #avislecture #chroniqueenligne #chroniquelitteraire #jaimelire #lecturedumoment #book #bookobsessed #bookshelf #booklover #bookaddict #reading #bibliophile #bookstagrammer #bookblogger #readersofinstagram #bookcommunity #reader #bloglitteraire #aupouvoirdesmots #enlibrairie