

Éditions Robert Laffont, 2024 (346 pages)
Ma note : 14/20
Quatrième de couverture …
Georgie est sur un petit nuage lorsque Darcy lui annonce la destination de leur lune de miel : le Kenya. À eux le dépaysement dans des contrées lointaines ! Mais dès leur arrivée, elle soupçonne son époux d’être en mission secrète : des vols ont été commis à Londres et à Paris. Tout laisse à penser que le voleur est un membre de l’aristocratie réfugié au Kenya. Comme le couple séjourne dans la Happy Valley, épicentre déluré de la colonie anglaise, le voilà bien placé pour chercher des indices et débusquer d’éventuels suspects. Cette nouvelle mission pourrait bien faire regretter à Georgie ce voyage de noces hors des sentiers battus…
La première phrase
« – Sais-tu ce dont j’ai réellement envie ?
Je me redressai, manquant de me cogner la tête contre le plafond de la petite cabine. »
Mon avis …
Juillet 1935. Georgiana est aux anges : la voici enfin unie (pour le meilleur et pour le pire !) au ténébreux Darcy O’Mara. Pour leur voyage de noces, ils se rendent au Kenya. Lorsque notre héroïne apprend que son époux a omis de lui préciser une information cruciale, elle est bien sûr furieuse. Darcy opère peut-être pour les services secrets, ce n’est certainement pas une raison pour la mener totalement en bateau ! Alors que celui-ci se lance sur la piste d’un voleur de diamants, Georgie se voit également confier une mission : la Reine lui ordonne d’ouvrir l’œil sur les fréquentations de son fils (le futur Edouard VIII), une certaine Wallis Simpson ne le lâchant pas d’une semelle.
J’ai découvert la série Son espionne royale en 2019. Et depuis, je dois dire que j’apprécie plus que tout retrouver lady Georgiana de Rannoch au fil de ses enquêtes. Si mes opus préférés restent Son espionne royale et les douze crimes de Noël ainsi que Son espionne royale et les conspirations du palais, j’aime toujours autant voir évoluer notre Georgie dans un cadre différent. Après avoir enquêté dans son château familial écossais, voyagé dans les Balkans ou bien encore posé ses valises sur la Côte d’Azur, la voici qui embarque pour un voyage périlleux direction l’Afrique coloniale.
Le Kenya des années 30 n’est guère tendre avec les peuples autochtones. Les membres des tribus locales (les Massaï et les Kikuyu) sont exploités, embauchés en tant que domestiques et considérés comme des êtres inférieurs. Il faudra attendre les années 1950 pour que les premières révoltes éclatent…
Amour et mort parmi les léopards nous fait également rencontrer des colons d’alors. Rhys Bowen nous propose alors un portrait saisissant de ce que pouvait être le quotidien d’une poignée de privilégiés, vivant en totale autarcie sur une terre qui n’était pas la leur. Les fêtes alcoolisées s’enchaînent, tandis que les mœurs se font plutôt légères entre consommation de drogues et pratiques sexuelles délurées. Pour cela, l’autrice se serait inspirée du vécu de lady Idina Sackville qui organisait de nombreuses soirées dans la vallée de Wanjohi, surnommée la Happy Valley.
Dès leur arrivée au Kenya, Georgie et Darcy enchaînent les rencontres mondaines et les parties de polo. La sulfureuse Wallis Simpson se montre de la partie, de même que le prince de Galles. Mais… comble de l’horreur, un meurtre finit par être commis ! Le corps sans vie de lord Cheriton (un coureur de jupons acharné, mais surtout un véritable prédateur) est retrouvé dans une voiture. A-t-il subi l’attaque d’un léopard en pleine nuit ? Des traces de sang mais surtout l’état de son corps (totalement déchiqueté) pourraient le laisser penser.
Si j’ai globalement passé un bon moment de lecture, ce roman ne fera pas partie de mes favoris de la série. La faute à une intrigue policière qui traîne en longueur, et que j’ai trouvée assez décousue. On se demande même comment Georgie parvient à trouver la clef de l’énigme tant celle-ci semble comme sortie du chapeau. Il y a également assez peu de fausses pistes, et cela tourne rapidement en rond. Reste que j’ai apprécié la peinture que Rhys Bowen nous fait des mœurs coloniales anglaises. Je ne m’attendais pas du tout à cela, et c’est surtout cet aspect qui me restera en mémoire.
Extraits …
« Alors que nous étions assis autour du feu après le dîner, nous perçûmes un rugissement, un son que je n’avais jusqu’alors entendu qu’au zoo de Londres. »
