
Screenshot
" data-attachment-id="32634" height="379" width="648" data-comments-opened="1" aperture="aperture" />En deux mots
Un déjeuner de famille. Une haine qui couve. Un père enterré depuis peu, jamais accepté par sa belle-famille. Un oncle nommé ministre, fêté en grande pompe. Un frère qui rêve de tout brûler. Une sœur qui rêve de disparaître. Et sous le cristal et l’argenterie, une guerre silencieuse qui ne dit pas son nom.
Ma note
★★★ (bien aimé)
Ma chronique
« Une famille de fer et de silence »
Un jour de deuil déguisé en jour de fête, dans une famille où l’on préfère les convenances aux vérités. Le troisième roman de Sara Bourre retrace un affrontement, un règlement de comptes entre fratrie orpheline et grands-parents, après des décennies de mépris. Avec une rage froide.
Tout commence à Prague, dans une rue bordée de tilleuls, devant une maison « blanche et verte ». Héloïse et son frère Matteo y retrouvent leur mère un matin d’hiver. Direction la maison des grands-parents, où l’on célèbre la nomination de l’oncle au ministère de la Culture. Quelques semaines plus tôt, on a enterré leur père. Personne, ici, n’en parlera vraiment.
Sara Bourre pose d’emblée le décor d’un monde figé : l’argenterie, les tableaux de maître, le Cézanne au-dessus du buffet, la télévision allumée sur l’oncle qui signe des papiers sous les flashs. Une bourgeoisie diplomatique, une lignée « d’hommes d’État », qui n’a jamais accepté ce père trop simple, trop pauvre, trop étranger à leur sang bleu. La haine, chez le frère, a pris la forme d’un inventaire : « ses yeux glissent sur les couverts, les assiettes, les bijoux dissimulés, il évalue ce qui pourrait disparaître incognito. » Chez la sœur, elle prend une forme plus trouble, plus intérieure. Une envie de s’effacer plutôt que de se battre : « Là où lui voudrait le combat, tu voudrais l’éclipse, soudaine et brutale. »
Mais la maison a d’autres secrets, plus anciens, plus lourds. Un oncle enfermé, qu’on maintient sous camisole plutôt que de l’envoyer se soigner. Une cousine, promise à une carrière d’actrice, morte trop jeune. En fait, elle s’était donné la mort, mais la famille a parlé d’une méningite, car « ses parents auraient préféré mourir plutôt que cela s’ébruite dans la famille. »
Mais, dans cette « famille de fer et de silence », peu à peu, le vernis craque. Le réel lui-même se déforme : des silhouettes de jeunes filles rôdent autour de la bâtisse, des récits de chasse ressurgissent du passé. La tension familiale devient presque fantastique, jusqu’à un dénouement où les coups de feu répondent aux cris.
Sara Bourre écrit à la deuxième personne. Un « tu » qui ne laisse aucun répit. Ses phrases sont courtes, sèches, précises comme des lames. Elle sait aussi ralentir, installer une image qui s’incruste comme celle de ce grand pin noir dans lequel l’enfant croyait voir des visages, ou ce reflet qui « tremble un instant, puis s’efface comme si quelqu’un, dehors, avait bougé à ta place ». On étouffe avec les personnages, on guette avec eux le moment où tout va basculer.
Après un premier roman remarqué, Maman, la nuit (2024), l’histoire d’une mère et d’une fille vivant en marge, à la lisière d’une forêt, jusqu’à la disparition de la mère et Chambre 908 (2025), Sara bourre confirme son talent à creuser les silences dans les familles, les non-dits qui rongent de l’intérieur, les femmes qui cherchent leur place face à des figures parentales écrasantes.
Dans cette atmosphère suffocante, dans laquelle se distille la rage millimètre par millimètre, on sent que le piège va se refermer. Un moment que l’on attend dans une tension grandissante, parfaitement amenée.
Les sangs bleus
Sara Bourre
Éditions Grasset
Roman
208 p., 19 €
EAN 9782246845256
Paru le 26/08/2026
Où ?
Le roman est situé à Prague.
Quand ?
L’action se déroule de nos jours.
Ce qu’en dit l’éditeur
Un déjeuner de famille, à Prague, un jour de soleil d’hiver givré.
D’un côté, un frère et une sœur, jeunes adultes, et leur mère qui les a suppliés d’honorer ce voyage chez ses parents, loin de Paris et de leurs vies, pour acclamer leur oncle nommé au gouvernement. Leur père, auvergnat et artiste, est mort quelques mois plus tôt. Sa belle-famille l’a toujours rejeté parce qu’il n’avait pas leur sang bleu. De l’autre, la famille aristocratique : un grand-père fier de lui, une grand-mère rigide et glaciale, un oncle ivre de son pouvoir.
Unité de temps, une après-midi ; de lieu, la demeure traversée par les domestiques et les cris d’un homme enfermé au sous-sol ; d’action ; un repas qui donnera raison à l’adage d’après lequel la vengeance est un plat qui se mange froid.
Le déjeuner nous est rapporté par deux voix en alternance. Celle de la sœur qui commente pour elle les remarques assassines de sa grand-mère, les cris de l’homme enfermé à la cave (le second frère de sa mère, malade mental maintenu sous camisole chimique), et l’arrivée de son oncle, qui l’a violée des années plus tôt. Celle du frère qui se souvient des humiliations qu’a subies leur père, et qui, pour le venger, se met à voler des objets autour de lui : un peu de vaisselle, un tableau, un couteau… L’horloge tourne et peu à peu le réel se déforme : la sœur voit des jeunes filles rôder autour de la bâtisse et entend leurs récits (histoires de bûchés et de chasse aux jeunes filles) ; la rage du frère enfle ; des coups de feu suivent les cris.
Dans ce texte court et brutal, porté par une langue de cristal fine et tranchante, Sara Bourre explore les silences des familles et fait monter la tension jusqu’à faire éclater le vernis des convenances. Bientôt la neige du parc sera tâchée de sang. Un deuxième roman éblouissant, comme un soleil givré.
Les critiques
Les premières pages du livre
« I.
Le ciel dégouline sur les façades d’immeuble, lave les pierres et colmate les brèches. Figé là-haut comme un sommeil qu’on croirait mort, ce grand bleu d’hiver, cruel et nu.
Ce que le ciel vient faire, à cette heure, dans ce matin qui érafle la peau des mains et du visage, personne ne sait. Tu lèves les yeux – tu pourrais aussi bien les baisser, et voir tout autre chose : le noir du goudron frais, les culs de mégots, les feuilles mortes, les canettes de bière, les sacs plastique. Tu attends. Tu te balances d’un pied sur l’autre au rythme de la musique crachée par les haut-parleurs de la terrasse couverte qui s’agite et s’enfume.
De l’autre côté du passage piéton, la longue silhouette de ta mère apparaît par intermittence derrière les bus et les voitures, puis s’engage, rapide et sans hésitation. Ses joues sont froides quand elle t’embrasse. Sur son manteau ce même parfum, dont elle abuse les jours comme celui-ci, Chanel no 5. Tu le vois dans sa boîte en carton blanc et noir, coincé sur la commode de la salle de bains entre une eau de toilette au patchouli et une crème antirides bon marché.
Elle jette un coup d’œil découragé à ton accoutrement, un vieux jean et une doudoune bleu électrique, hausse les sourcils et te dit quand même au moins les cheveux, tu aurais pu faire un effort.
Deux mains t’attrapent par les épaules, ton frère, Matteo, est à l’heure, blouson de cuir et lunettes de soleil, il parle fort et vite pour court-circuiter les réflexions qui démangent déjà les lèvres pincées de votre mère. Puis, d’un même élan, vous vous engouffrez tous les trois dans la bouche de métro, vous faufilez dans le wagon bondé. La chaleur soudaine te fait suer, tu descends la fermeture Éclair de ta doudoune de quelques centimètres, colles ta joue contre la vitre en espérant glaner un peu de fraîcheur.
Ce déjeuner avec ses parents, ta mère y tient. C’était prévu, ce séjour à Prague, vous n’avez pas le choix. Elle tremble à l’idée que vous preniez la tangente. Mais cette fois, comme toutes les autres, vous y voilà, vous n’êtes pas plus propres, pas mieux coiffés, pas plus polis qu’un autre jour, mais vous êtes là, à la regarder se pincer les lèvres et se débattre dans ce qu’elle croit être une tenue de la haute et qui n’est qu’un chandail noir pas très bien coupé dont sa mère s’empressera de lui faire remarquer la mauvaise qualité.
Le soleil fixe et froid, à gauche des immeubles. Tu bouges pour que le vent souffle sous tes vêtements, sèche la sueur, décolle tes cheveux amassés par paquets à ton front.
Ton frère espère qu’il y aura du vin. Ta mère espère ne pas être en retard. Toi tu espères qu’aucune bouche ne viendra murmurer le prénom de ton père. Présenter ses condoléances. Tu seras mutique, et sale s’il le faut. Tu peux sentir aussi fort que lui. Et faire fuir aussi loin. La même sueur, que la colère épaissit.
Tu aurais pu ne pas être là. Tu aurais pu rester à Paris, prétexter la sidération du deuil, boire seule dans ta chambre en regardant la lune par la fenêtre grossir, ce mauvais œil.
Mais tu es là. Tu es venue pour savoir. Accumuler les preuves. Palper le mépris à la racine.
Ton frère dit que cette fois, il est hors de question de repartir les mains vides. On va récupérer ce qu’ils nous doivent. Il dit que ça y est, la haine il l’a. Les nappes blanches et les domestiques, les discussions dans lesquelles il se noie, les visages figés comme des poupées de cire, ces animaux morts et empaillés, il n’en peut plus. Tu penses qu’il a raison. Face au feu qui brûle en lui, tu as l’impression qu’il te manque quelque chose. Tu sens la brume rendre vagues tes contours. Ce n’est pas la fureur qui t’habite, c’est une très vieille capacité de dissolution qui parfois refait surface. Là où lui voudrait le combat, tu voudrais l’éclipse, soudaine et brutale.
La maison se dresse, blanche et verte, dans une de ces rues silencieuses bordées de tilleuls. Quelques marronniers tendent leurs branches épaisses au-dessus des grilles en fer forgé des villas. Au printemps, une odeur de fleurs et de linge frais dévale par les fenêtres entrouvertes. L’hiver, les lumières sont chaudes et percent les lourds murs de pierre pour laisser voir les ombres s’organiser à vivre. L’été, tous les volets sont clos. L’automne, les feuilles mortes tapissent les marches des perrons.
Aujourd’hui, autour de la maison, une auréole pâle se dessine. Un nuage très fin se dissout sur la cime d’un grand pin noir, planté dans la rue qui bifurque, immobile quelle que soit la saison. Derrière ses aiguilles semble gronder un monde invisible. Il t’arrive de voir s’y dessiner, très vite, les contours d’un visage ou l’éclat de deux bois sombres qui s’effacent aussitôt. Enfant, tu avais l’impression que l’arbre parfois se mettait à pencher vers le sol. Tu redoutais qu’il ne tombe.
Ta mère rajuste nerveusement l’encolure de son manteau puis, d’un geste précis et mécanique, arrange une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle semble hésiter quelques secondes, son visage se crispe avant de revêtir un masque neutre et sans aspérité, impassible. Elle s’engage la première dans le vestibule, accueillie par les éclats de voix enthousiastes de ses parents. Tu la suis, hésitante, et à tes côtés ton frère soupire, déjà excédé par l’accueil grandiloquent qui vous est réservé. Dans le hall, deux escaliers jumeaux s’élèvent en arc de cercle. La rampe en bois noirci dessine des volutes régulières dans lesquelles semblent se creuser des visages. À l’étage, de longs rideaux bordeaux préservent l’accès aux chambres. Derrière tes grands-parents, la salle à manger s’étire le long des baies vitrées qui donnent sur le jardin. À chaque fois que tu entres dans la pièce, l’odeur de cire, le bois des buffets, l’éclat trop vif de l’argenterie te saisissent.
Ta grand-mère s’avance, la main posée sur l’épaule de ton grand-père, et vous invite à les suivre. Dans un coin, la télévision est allumée sur une chaîne d’actualités muette.
Ta mère hésite dans le vestibule, elle triture l’alliance à son doigt, comme une brûlure dont il faudrait se débarrasser, en vain. Son regard se pose un instant sur ses parents, demandant un signe, un accord – mais quoi ? Ton frère a déjà commencé son inventaire, ses yeux glissent sur les couverts, les assiettes, les bijoux dissimulés, il évalue ce qui pourrait disparaître incognito.
Toi, tu observes la domestique qui, de l’entrée de la cuisine, vous adresse un signe de la tête.
Tout semble figé, en attente, et tu redoutes le moment du repas, cérémonie interminable dont chacun connaît les codes et redoute les faux pas. Dans la baie vitrée, ton reflet tremble un instant, puis s’efface comme si quelqu’un, dehors, avait bougé à ta place.
Ton frère compte les tableaux de maître accrochés aux murs. Il n’y connaît rien mais il imagine, et additionne. Multiplie. Recommence. C’est un peu comme appuyer très fort sur la gencive à l’endroit où la dent fait mal. Voilà. Encore un peu. Pour le déplaisir.
Tu n’as pas encore quitté ta doudoune et ta mère te jette des regards où se disputent la colère et l’embarras. Une odeur de cire d’abeille te monte au nez, suivie de celle, grisante, du parfum sirupeux de ta grand-mère qui t’embrasse du bout des lèvres en regardant déjà ailleurs.
C’est un jour de champagne et de cristal, d’ongles vernis sur le marbre, de regards qui voyagent habiles entre les moulures du plafond et le Cézanne accroché au-dessus du buffet, à peine un haussement des sourcils – comme c’est beau – mais sans s’approcher de trop près, pour ne pas se fondre aux arbres tortueux du sous-bois représenté.
Ton oncle a mis sa plus belle cravate, pour prêter serment, c’est ce qu’a dit ton grand-père, et tu ne sais pas en quoi cela consiste précisément, sinon la cravate et les chaussures étincelantes, pour marcher sous les pierres du palais. Il devient ministre aujourd’hui – ministre de la Culture, précise ta grand-mère, comme si ces mots suffisaient à tout expliquer. Lui qui avant travaillait dans les couloirs et les antichambres du pouvoir, comme son père, son grand-père, son arrière-grand-père – toute une lignée d’hommes d’État –, le voilà désormais exposé, passé du décor à la grande scène.
Ce doit être quelque chose d’important. Tu imagines. Ça se voit à la manière dont ta grand-mère tire une chaise de dessous la table pour venir s’asseoir face à l’écran allumé pour l’occasion, parce qu’il y a son fils dedans, reçu en grande pompe par des gens très sérieux dont tu ne comprends pas la langue. À l’image, des drapeaux, des mains serrées, des regards entendus. Sur le bandeau en bas de l’écran, le nom de ton oncle, des mots que tu ne peux pas traduire, des chiffres, des pourcentages. Puis viennent se fondre, comme des flashs, les rues du centre-ville : des corps en désordre courent et se heurtent, des projectiles fendent l’air, la fumée autour s’épaissit, des silhouettes masquées reculent face aux policiers qui avancent, matraques levées.
Puis le visage de ton oncle réapparaît, net, immobile, puis à nouveau la rue, la clameur, qui gronde, comme en écho à ce qui se serre dans ton ventre. Une peur diffuse, mais tenace.
Tu sens que quelque chose résiste, dehors, à l’homme qu’ici on applaudit.
Le fils impeccable, ton oncle, bientôt avancera jusqu’à l’estrade, en distribuant des phrases et des signes de main au monde autour qui se presse, caméra à l’épaule, micro au poing. Et ton grand-père, assis sur le fauteuil cabriolet à droite de la table, à gauche de l’écran, de frapper trois grands coups sur le sol pour faire silence car le moment approche. Le fils dedans l’écran est attendu, les micros sont ouverts, et le rouge vif des murs aux dorures qui l’entourent se marie de manière impeccable au bordeaux discret de sa plus belle cravate.
Tu jettes un coup d’œil à ton frère qui au même moment jette un coup d’œil à ta mère, nerveuse, ses doigts pianotent sur son jean qui lui arrive un peu trop court au-dessus des chevilles – et c’est un jour bien particulier pour que ce détail-là n’ait même pas encore été mentionné. Matteo sirote une coupe de champagne, en passant et repassant sa main dans ses cheveux blonds. Tu connais ce regard qu’il a quand autour de lui tout déjà commence à l’irriter.
Dans l’écran, le fils – le frère, l’oncle – prend place à présent au bout d’une grande table en bois et sous les flashs et devant ce mur dont le rouge te paraît suspect bien que de bon goût, il étend son bras pour attraper le stylo qui se trouve à une cinquantaine de centimètres de lui. Puis les flashs encore, et la main sur la feuille appose ce que tu imagines être une signature. Ta grand-mère s’exclame, formidable. Le mot surgit en français – comme souvent ici, les langues glissent d’une rive à l’autre, vous permettant, à ton frère et toi, de suivre l’essentiel des conversations. Ton grand-père répond aussitôt par un petit gémissement de joie, ta mère suit. Leurs voix s’accordent parfaitement. Ils ont l’air heureux.
Tu rejoins ton frère pour te servir un verre. La sueur dans ton dos, sous tes bras, dans le pli de tes seins, pas encore tout à fait sèche, et les vêtements par-dessus, synthétiques, qui collent à la peau te donnent froid. Tu n’as pas enlevé ton manteau. Tu as toujours la sensation de devenir trop visible quand tu te dévêtis, le corps comme dessiné par la saillie impudique des vêtements. D’habitude, cela t’attire des réflexions. Mais vu le jour qu’on est, tu y échapperas. Tu éviteras les regards agacés de ta mère, et ceux, lointains, de tes grands-parents. »
Extraits
« Ton frère continue de balayer de ses yeux tous les recoins de la salle à manger. Ici l’argenterie, là des bijoux. Tu sais qu’il additionne, multiplie, ne veut rien savoir des ruines et des grands bois à travers la pièce. Tu voudrais capter son regard, lui faire comprendre que non, là, tout de suite, ce n’est pas une bonne idée. Ça ne sert à rien. On ne répare pas des années de haine et d’indifférence en dérobant une poignée de bibelots qui n’ont au fond, pour eux, aucune valeur. Tu voudrais que la journée se termine le plus rapidement possible. Ne pas être là. Tu pressens que personne ne gagnera cette guerre que vous êtes seuls à mener. Il n’y a pas d’adversaire. Il faut bien se rendre à l’évidence, il n’y a que vous, ton frère et toi, qui vous croyez prêts à braver les bonnes manières pour rendre à votre père ce qui lui a manqué : une place, ici. Mais tu voudrais que cela se fasse sans fracas. Tandis que ton frère a toujours eu le goût du sang et du western. » p. 29
« Tu as appris sa mort quelques semaines plus tard. Pendant des années, tu as cru qu’une méningite fulgurante avait eu raison de sa jeunesse. Ce n’est que très récemment que ta mère t’a avoué qu’il s’agissait en réalité d’un suicide et que ses parents auraient préféré mourir plutôt que cela s’ébruite dans la famille. » p. 82
À propos de l’autrice
Sara Bourre © Photo James Weston
Sara Bourre est née à Paris en 1988. Écrivaine et comédienne, diplômée en lettres et en philosophie à la Sorbonne, elle s’est formée parallèlement au théâtre. Elle intègre ensuite le master de création littéraire de l’université Paris-VIII, où elle écrit son premier roman, Maman, la nuit (Noir sur Blanc, 2023). Elle publie également de la poésie au Castor Astral (Chambre 908, 2025). Elle se produit régulièrement sur scène avec des musiciens dans des projets mêlant texte, matière sonore et visuelle. (Source : Éditions Grasset)
Compte Instagram de l’autrice
Tags
#LesSangsBleus #SaraBourre #Grasset #secretsdefamille #collectiondelivres #hcdahlem #roman #RentréeLittéraire2026 #litteraturefrancaise #litteraturecontemporaine #RentreeLitteraire26 #rentreelitteraire #rentree2026 #RL2026 #lecture2026 #livre #lecture #books #blog #parlerdeslivres #littérature #bloglitteraire #lecture #jaimelire #lecturedumoment #lire #bouquin #bouquiner #livresaddict #lectrice #lecteurs #livresque #lectureaddict #litterature #instalivre #livrestagram #unLivreunePage #writer #reading #bookoftheday #instabook #litterature #bookstagram #bookstagramfrance #lecturedumoment #bibliophile #avislecture #chroniqueenligne #chroniquelitteraire #jaimelire #lecturedumoment #book #bookobsessed #bookshelf #booklover #bookaddict #reading #bibliophile #bookstagrammer #bookblogger #readersofinstagram #bookcommunity #reader #bloglitteraire #aupouvoirdesmots #enlibrairie
