Claire Griois – Une toute petite fissure ****

Claire Griois toute petite fissure ****

Quartier Libre – août 2026

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« Elle me dit les gens font ce qu’ils peuvent. Elle ment. Les gens font ce qu’ils veulent, et c’est bien celui-là, le drame de l’existence. Les gens s’aiment à l’aveugle, complètement dans le noir, parce que ça les arrange de ne pas vraiment se voir. Quand il y a une faille, la lumière s’immisce, et les gens se découvrent, sans filtre et sans mentir, tels qu’ils sont. Personne n’est prêt pour ça, surtout pas les hommes. Mais pourtant, ça arrive. Les nappes blanches se déchirent, les lèvres se gercent, les murs opaques se fendent, les parquets des maisons abandonnées craquent. A travers les fissures, la lumière insidieuse, sournoise, traîtresse, voyeuse, qu’on n’a pas invitée, à qui on n’a pas donné l’adresse, vient quand même et jette la vérité sur les ombres statiques. Les gens se voient pour de vrai, et alors ils ont peur. »

Lola et Malo sont amoureux, ils ont vingt-sept ans, ils partent en vacances, se baignent, font du vélo, font l’amour en forêt. Et puis, la hanche de Lola se casse. Sans aucune raison apparente. Aucune chute. Aucun accident. Personne ne sait ni ne comprend pourquoi. À travers cette toute petite fissure, une nouvelle réalité émerge. Une lumière nouvelle est projetée sur cet amour.

J’ai été littéralement happée par ce roman, lu en apnée. L’écriture vive et tranchante, acérée de Claire Griois m’a prise à la gorge. C’est une écriture qui dit la violence d’un amour qui rend fou, qui fout tout en l’air, qui emprisonne, qui tue à petit feu. Un amour tornade qui ravage tout sur son passage. Ses mots sont des coups de canif dans la page blanche, ils m’ont bouleversée.