

Éditions France Loisirs, 2015 (526 pages)
Ma note : 11/20
Quatrième de couverture …
Caroline du Sud, 1835. Privé de son héritage, Silas veut partir avec sa bien-aimée Lottie vers un nouveau territoire portant le nom de Texas pour y établir sa plantation. Sans argent, il ne peut réaliser son rêve. Fille d’un riche propriétaire terrien, Jessica a caché un esclave fugitif. Pour laver l’honneur de sa famille, son père propose un marché à Silas : il financera son expédition vers l’Ouest s’il accepte d’épouser Jessica, et de partir avec elle.
La première phrase
« Sous le large bord de sa capeline, Elizabeth Toliver observait Silas, son fils cadet, qui, depuis le porche, scrutait fébrilement l’allée bordée de chênes menait à la plantation familiale. »
Mon avis …
La plantation nous transporte en Caroline du Sud dans les années 1830. Alors que Silas et Lettie s’apprêtent à convoler en justes noces, un voyage périlleux se profile pour quitter le domaine familial, héritage de Morris Toliver, l’aîné de la famille. Silas n’ayant droit à rien, il envisage de partir faire fortune sur des terres où absolument tout reste à construire. Il place plein d’espoir en Somerset, sa future plantation de coton qui, il en est convaincu, lui apportera un train de vie plus que confortable. Seule ombre au tableau : le voici sans argent. Lorsque Carson Wyndham lui fait une proposition en or, car propice à la réalisation du rêve de sa vie, le voici qui hésite… L’expédition vers le Texas et la construction du domaine seront financées si, et seulement si, une union maritale est contractée avec Jessica. Or Silas, nous l’avons dit, est déjà fiancé, mais surtout amoureux fou de sa promise.
Après avoir lu Les roses de Somerset, premier roman signé Leila Meacham, j’ai donc eu l’occasion d’ouvrir La plantation. Cette saga familiale a été publiée à la suite des Roses de Somerset : elle est en est le préquel. L’autrice nous propose de retrouver les Toliver et construit son intrigue sur plusieurs générations, de 1835 à 1900.
L’autrice retrace ici soixante-dix ans de l’histoire américaine, tandis que le lecteur est amené à découvrir comment les Toliver, les Warwick et les Dumont ont réussi à fonder Howbutker, une florissante ville texane. Sous fond de conquête de l’Ouest et d’esclavagisme, c’est bien l’aspect romance qui reste au premier plan. Le personnage central de ce récit n’est autre que Jessica Toliver, une héroïne forte et courageuse, qui n’espère au départ rien d’autre que survivre à un mariage forcé ainsi qu’au convoi destiné à la conduire, malgré des conditions sanitaires difficiles et de possibles attaques des Indiens, vers ce qui sera bientôt l’État du Texas.
Mon ressenti quant à cette lecture reste mi-figue mi-raisin. Je l’ai en effet dévorée en un rien de temps, et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution du lien entre Jessica et Silas. Pourtant, au fil des chapitres, mon intérêt s’est émoussé. J’ai adoré la première partie du récit (des premiers chapitres jusqu’à l’installation au Texas, en passant par le convoi avec les Conestogas). Puis, les bonds dans le temps s’enchaînent rapidement jusqu’à épuiser un récit au départ prometteur. De nouveaux personnages apparaissent, parfois comme sortis du chapeau, sans qu’on puisse avoir le temps de s’attacher à eux. D’autres au contraire disparaissent ; les drames s’enchaînent. J’ai alors eu le ressenti que l’autrice se dépêchait de tout boucler pour enfin nous faire rencontrer Mary Toliver, l’héroïne des Roses de Somerset.
J’aurais donc préféré que Leila Meacham prenne son temps, comme au démarrage du livre. Quitte à ne pas exploiter autant de décennies d’un seul coup, et à nous proposer deux tomes distincts pour La plantation. Je suis déçue de rester sur ce ressenti d’une seconde partie bâclée, alors même que je voyais le coup de cœur poindre à ma lecture des premiers chapitres. Pour retrouver le contexte guerre de Sécession, je m’en tiendrai donc au mythique Autant en emporte le vent (que j’espère d’ailleurs relire bientôt). La plantation reste une romance historique divertissante, mais qui ne fera pas date dans ma mémoire.
Extraits …
« – Je vais te dire une chose, Silas William Toliver : si tu te maries selon les termes fixés par cet accord, tes terres du Texas seront maudites ! Rien de bon ne peut sortir de ce qui est construit au prix d’un tel sacrifice, de l’égoïsme et de la cupidité.
Silas avala son whisky d’une traite. La silhouette de sa mère se troubla. Il partirait sans sa bénédiction ; sa rupture avec sa famille serait consommée. Mais il entrevoyait déjà des champs regorgeant de coton, autour d’un manoir prestigieux dont il serait le maître. Son fils grandirait à son côté et, un jour, il transmettrait le domaine de Somerset à ses héritiers. »
