En deux mots
On peut dire de Grégoire qu’à 40 ans, ils plutôt bien réussi dans la vie. Ce chef d’entreprise partage ses week-ends avec Lucie et Léon, son fils de huit ans. Il s’inscrit à un cours de théâtre. Il y rencontre la belle Irène. Mariée, et à priori inaccessible, elle va finir par céder. Mais cette nouvelle liaison ne va pas sans poser quelques questions existentielles.
Ma note
★★★★ (j’ai adoré)
Ma chronique
Un homme entre deux femmes
En s’emparant d’un sujet maintes fois traité, le triangle amoureux, Claire Thomasset signe un premier roman d’une redoutable précision psychologique. Autour de la tentation, du désir, de l’incapacité à choisir, elle nous en propose une variation moderne et diablement lucide.
Quand Grégoire a besoin de faire le point, il monte dans sa puissante voiture japonaise et il roule. Une habitude de célibataire, même s’il ne l’est plus vraiment. Le quadra passe ses week-ends chez Lucie, paysagiste de bonne humeur quasi constante, et Léon, son fils de huit ans, rigolo et attachant. « Elle partage avec son fils la maison qu’elle a gardée après son divorce, au sud de Compiègne. Lui vit dans un deux-pièces en centre-ville, acheté sur plan il y a neuf ans. » Et pour l’instant, cette organisation convient à Grégoire, qui n’a pas à renoncer à ses parties de poker ni à ses soirées entre amis. Il s’est aussi inscrit à un cours de théâtre, pour changer d’air après le boulot. C’est là qu’il va faire la connaissance d’Irène.
La grande brune arrive en retard, ce premier jeudi soir. « Une démarche énergique, des cheveux courts, des yeux noirs, un pull vert pomme, pas quarante ans. » Elle dit quelques mots à une fille aux lunettes rouges, sourit à tout le monde. Lui, elle l’a à peine regardé. Mais Grégoire est piqué. Si la mère de famille ne s’intéresse guère à lui au début, sa beauté et sa façon de se mouvoir vont vite l’obséder. Pendant les exercices, il guette son regard. Il remarque son alliance, « presque masquée par un solitaire de bonne taille porté au même doigt. Une main de femme mariée. Plus encore, une main de femme prise. »
Le tournant vient d’un exercice de théâtre, une « marche à l’aveugle » : l’un guide, l’autre se laisse porter. Quand Grégoire pose la main sur l’épaule d’Irène — « elle portait ce soir une robe en tissu très fin » —, il sent la chaleur de son corps à travers l’étoffe, respire « un mélange d’orange et de vanille ». Quand vient son tour d’être guidé, « c’est une main à la fois pleine et légère qui s’est abandonnée sur lui. Ça l’a bouleversé. »
Il faudra toutefois quelques semaines avant qu’elle accepte de s’attarder sur le parking après le cours. Puis un thé. Puis davantage. La relation devient brûlante, clandestine, coincée dans deux créneaux hebdomadaires, le lundi après-midi et le jeudi soir. Un équilibre précaire que chacun tente de préserver, à sa façon.
Les triangles amoureux ont une longue histoire littéraire et scénique. Déjà dans l’Iliade, Hélène était convoitée par Pâris et Ménélas. Dans Oncle Vania, que Grégoire et Irène vont voir au théâtre, ils sont confrontés à cette façon tchekhovienne de montrer des personnages paralysés par leurs sentiments, incapables d’agir ou de renoncer. Au cinéma, je pense notamment à César et Rosalie de Sautet, où David vient bouleverser le couple que forment César et Rosalie. On n’oubliera pas non plus la série L’été où je suis devenue jolie dans laquelle Belly doit choisir entre Conrad et Jeremiah.
Ce qui rend la version de Thomasset particulièrement fine, c’est qu’elle ne condamne personne. Grégoire n’est pas un séducteur cynique. Irène n’est pas une victime. Lucie n’est pas une ombre. Ils sont simplement pris dans une situation qui les dépasse.
Les problèmes surgissent quand la relation se déséquilibre. Quand Irène demande à Grégoire de s’engager. « Il entend à nouveau le mot, clarifier. Ainsi que le sous-texte, « quitte Lucie ! » Il n’avait pas prévu, lui, de clarifier. Il voulait juste passer un bon week-end à la mer avec Irène, un week-end léger, insouciant, déconnecté de tout. » Il s’accroche alors à la table « comme un marin au bastingage sur une mer agitée. Nausée. » L’homme qui roule pour se calmer se retrouve soudain sans volant.
En phrases courtes, simples, avec des détails choisis avec soin, comme la boîte à gants et ses caramels, elle construit son scénario par petites touches, avec le théâtre comme révélateur de ce que chacun cache. Sous-texte, disait le prof de théâtre. Claire Thomasset, a parfaitement compris comment le rendre, tout en nuances. Avant de laisser le temps faire son office.
Trois saisons
Claire Thomasset
Éditions Buchet-Chastel
Premier roman
160 p., 19 €
EAN 9782283043028
Paru le 14/05/2026
Où ?
Le roman est situé en France, à Compiègne et environs, à Pierre fonds, à Fercy, sans oublier un week-end à Honfleur.
Quand ?
L’action se déroule de nos jours.
Ce qu’en dit l’éditeur
Grégoire a quarante ans. Il dirige une petite usine de confection, joue au poker, plaît aux femmes, en a une dans sa vie, mais chacun chez soi. Vaguement dépressif, il flotte dans sa vie, faute de savoir vraiment ce qu’il veut en faire. Un jour, un peu par hasard, il s’inscrit dans un cours de théâtre, y rencontre Irène. Double choc que la découverte de ce nouvel univers et du désir d’Irène, qui s’impose à lui. Il va vivre avec elle une histoire brève et intense, en parallèle à sa vie ordinaire. Tiraillé entre deux choix, le grand bain avec elle ou le repli, il se laissera porter par le désir des autres, préférant s’imaginer qu’il a choisi et changé.
Les critiques
Les premières pages du livre
« Automne
1.
Dans la boîte à gants
Il roule. C’est son habitude quand il est énervé, quand il sait qu’il ne va pas dormir. À n’importe quelle heure, Grégoire peut prendre le volant, faire trente bornes sur l’autoroute, demi-tour et ça va mieux. Il est bien dans sa voiture. Il l’a choisie après des heures passées sur internet à comparer les modèles. Il a finalement acheté une japonaise haut de gamme, puissante et noire. L’intérieur sent encore le cuir neuf. Il en aime le contact. C’est doux et souple, jamais froid, jamais chaud.
Il roule. Il tend le bras pour attraper un caramel dans la boîte à gants. Il a de quoi parer à tout, dans la boîte à gants : un rasoir, un peigne, une brosse à dents, des mouchoirs, des pansements, de l’aspirine et des caramels, toujours les mêmes. Il veille au bon maintien du stock.
Il roule. Comme prévu, ça le calme. C’est ce premier cours de théâtre qui l’a électrisé, bizarre. Pourtant il est content, il sent que l’atelier va lui plaire : un groupe qui a l’air sympa, un prof qui ne va pas trop le chatouiller, des impros et des textes intéressants en perspective. Il cherchait une activité distrayante, qui lui viderait la tête après le boulot et le changerait de ses soirées poker. Il a traîné tout un après-midi au forum des associations, a hésité longtemps entre salsa, ping-pong et théâtre. En a parlé à Lucie. Il a choisi théâtre, le jeudi soir, au centre culturel tout près de chez lui. Il s’est souvenu du collège. Il avait joué Harpagon en classe, avait fait marrer tout le monde en beuglant « mon argent ! mon argent ! ».
Il est arrivé un peu en avance au cours. Il était le seul nouveau, les autres se connaissaient de l’année d’avant. Ils s’embrassaient, rigolaient, se racontaient leurs vacances, cherchaient à l’inclure. Une quinzaine d’hommes et de femmes, quelques très jeunes, quelques cheveux gris, mais dans l’ensemble plutôt des quadras comme lui.
Une femme est arrivée en dernier, le cours allait juste commencer. Une grande brune, très mince, une démarche énergique, des cheveux courts, des yeux noirs, un pull vert pomme, pas quarante ans. Elle lui a plu. Elle a dit quelques mots à une fille aux lunettes rouges, quelques autres à un petit blond musculeux, a souri à tout le monde. Lui, elle l’a à peine regardé. Grégoire sait qu’il plaît aux femmes, à beaucoup de femmes. Il aurait voulu plaire immédiatement à celle-là.
Pendant cette première séance, ils ont fait plusieurs exercices faciles. Des respirations, des murmures, des mots projetés au loin. Des déplacements dans la pièce à différentes allures, croisements, arrêts, regards. Il n’a jamais réussi à attraper celui de la femme brune. À un moment, alors qu’ils étaient tous en cercle, ils ont tendu leurs mains devant eux. Grégoire a remarqué une alliance à son annulaire gauche, presque masquée par un solitaire de bonne taille porté au même doigt. Une main de femme mariée. Plus encore, une main de femme prise.
Il roule. Il accélère. Elle s’appelle Irène. Il n’a connu personne portant ce prénom, un prénom désuet. Celui d’une reine peut-être.
2.
Parcours rouge
Le week-end, Grégoire prend ses quartiers chez Lucie. Elle partage avec son fils la maison qu’elle a gardée après son divorce, au sud de Compiègne. Lui vit dans un deux-pièces en centre-ville, acheté sur plan il y a neuf ans. Il aurait largement eu les moyens de s’offrir plus grand, mais n’en a pas éprouvé le besoin. C’est un appartement tout blanc et sans cachet, dans lequel il ne s’est jamais totalement installé. Pas de rideaux aux fenêtres et quelques cartons toujours pas déballés dans un coin de la chambre. Alors, comme une évidence, il va chez Lucie et elle ne vient que très rarement chez lui. Depuis deux ans et demi qu’ils se connaissent, ils envisagent de vivre un jour ensemble. Mais pour l’instant, se voir par intermittence, Grégoire ça lui convient. Un week-end sur deux, quand il n’est pas chez son père, Léon est avec eux. Léon a huit ans. Grégoire l’adore, il est rigolo. Ensemble, ils jouent au foot, regardent des dessins animés, lisent des mangas, racontent des blagues. Grégoire ne demande jamais à Léon s’il a des bonnes notes en maths ni ce qu’il veut faire plus tard. Il n’est pas son père.
Ce samedi, Léon est chez Lucie qui propose, au petit-déjeuner, d’aller faire de l’accrobranche. Lucie, faut tout le temps qu’elle soit dehors, ce n’est pas par hasard qu’elle est paysagiste. Elle prononce « accrobranche » devant Léon qui file direct mettre son jogging et ses baskets. Pour Grégoire, plus possible de dire que lui, ça ne le branche pas trop l’accrobranche, qu’il aurait préféré buller au jardin avec un bon bouquin, faire la sieste avec elle, c’est le moment qu’il préfère pour faire l’amour, puis aller tous les trois au ciné en fin d’après-midi voir un film d’aventures. Mais le voilà embarqué dans un autre genre d’aventures : trois quarts d’heure de route, du jus de carottes et des pauvres sandwichs concombre-tofu pour le pique-nique dans le coffre – jamais de carné dans le frigo de Lucie – et heureusement, un Léon frétillant sur la banquette arrière qui lit à voix haute sur sa tablette le descriptif et les tarifs du site. Il jubile, il pourra faire le parcours rouge, avec la grande tyrolienne du lac. Il a juste la taille requise.
Sur le parc, il y a un monde fou. Pour défendre son idée, Lucie a proclamé : « Faut profiter du beau temps avant l’automne ! » Le monde fou a dû avoir la même info, ce qui veut dire poireauter des plombes, attendre qu’un Quentin grimpe en haut de l’échelle à une allure d’escargot, qu’une Charlotte surmonte sa crise d’angoisse pour s’élancer dans le vide, pendant qu’un Jérémy vous gueule dans les oreilles : « Ben vas-y ! ben vas-y ! » Grégoire connaît, Lucie a déjà fait le coup l’année dernière, à la même époque. Il se souvient, il avait râlé pareil mais il s’était bien marré finalement.
Les voilà harnachés. Ils commencent par un parcours vert, enchaînent sur un jaune, un violet. Il ne peut pas le nier, l’accrobranche était un bon plan. Léon n’arrête pas de dire « c’est trop bien » et Lucie s’accroche à son bras. Elle rit et pousse des petits cris de souris. C’est ce qu’il adore chez elle, sa bonne humeur quasi constante et une joie de vivre qui le contamine souvent, lui qui ne brille pas sur ce terrain-là.
Le concombre-tofu l’ayant laissé sur sa faim, Grégoire s’est acheté un hot dog. Il est en train de le savourer, tranquille sur un banc pendant que les deux autres refont le parcours jaune, quand tout à coup il la voit, à quinze mètres de lui. Irène, la fille du théâtre. Elle est de dos, silhouette fine, cheveux courts, pull vert pomme. Il pense à elle depuis jeudi. Il ne fait pas exprès, elle passe sans arrêt devant ses yeux. Il pense à elle alors c’est normal qu’elle soit là, debout au pied de la grande tyrolienne. Il se lève, prêt à aller vers elle, à inventer n’importe quoi pour qu’elle ne s’envole pas tout de suite dans les airs. Le pull vert pomme fait volte-face. C’est pas elle.
Grégoire a envie de rentrer, il s’ennuie tout à coup. Le parcours rouge le fatigue à l’avance. Derrière Léon et Lucie, il prend la fameuse tyrolienne – trois cents mètres au-dessus du lac – sans le moindre frisson. Il se dit que d’ici jeudi, il faut qu’il aille chez le coiffeur.
3.
À l’aveugle
Quatre jeudis qu’il la regarde, qu’il la guette, qu’il cherche les occasions pour se rapprocher d’elle, lui parler. Irène non, c’est clair. Quand il faut choisir un partenaire pour un exercice, elle fond sur sa copine à lunettes rouges ou sur le petit blond musculeux. Mais aujourd’hui, Grégoire a eu de la chance, ils n’étaient là ni l’un ni l’autre. Elle n’a pas pu refuser son invitation.
Le prof a expliqué la consigne, une marche à l’aveugle. On est par deux. Il y a un aveugle, les yeux bandés, et un voyant. L’aveugle met sa main sur l’épaule du voyant qui se déplace avec lui dans la pièce, en même temps que les autres duos. Le voyant peut changer d’allure – ralentir, accélérer – mais fait en sorte de ne percuter personne. L’aveugle, lui, fait confiance au voyant. L’exercice dure quelques minutes, on inverse les rôles, puis on débriefe.
Irène a d’abord voulu être le voyant. Quand Grégoire a posé la main sur son épaule – elle portait ce soir une robe en tissu très fin – il a senti au travers la chaleur de son corps. Il a suivi ses pas comme un enfant, respirant en même temps son parfum, un mélange d’orange et de vanille. Puis il est devenu le voyant. C’est une main à la fois pleine et légère qui s’est abandonnée sur lui. Ça l’a bouleversé. Il a guidé Irène avec douceur, son souffle rapide dans son cou. À la fin, ils se sont remerciés. Pour la première fois, elle l’a regardé dans les yeux. Puis une sorte de gêne s’est immiscée entre eux. Elle s’est écartée pour se mêler au groupe.
Après l’atelier, hasard ou pas, ils partent ensemble vers le parking. Tout à l’heure – c’est décidément le jour du jackpot –, Grégoire a pu garer sa voiture juste à côté de celle d’Irène. Arrivée devant sa Clio, elle n’a pas l’air pressée. Ils continuent de parler du cours qui était vraiment bien, du prof qui les emmène sur des chemins inattendus, du texte amusant qu’ils ont à apprendre pour début novembre. Il fait froid sur le parking. Il la sent frissonner sous son imper. C’est maintenant qu’il doit se lancer, lui proposer de boire un verre un de ces soirs. Mais c’est maintenant qu’elle se débrouille, il ne sait pas comment, pour dévier la conversation sur elle, sur ses deux filles, des jumelles, qui viennent d’entrer au lycée. Elle lui assène qu’elle n’a pas beaucoup de temps, qu’elle est mariée. Elle le répète, mariée. Grégoire s’entend dire « moi non ! » avec une drôle de fermeté, en agitant sa main gauche devant le visage d’Irène. C’est vrai qu’il n’est pas marié, mais il s’entend surtout clamer haut qu’il est libre pour elle. Il l’entend en sous-texte, leur prof leur a fait tout un laïus la semaine dernière sur ce que c’était, le sous-texte. Et il s’entend aussi, en deux petits mots, éclipser Lucie. Il y repense plus tard, pas très fier de lui. Il n’y peut rien, c’est sorti tout seul.
Grégoire a compris. Ce n’est pas demain qu’il verra Irène hors de l’atelier. Mais ce soir, il a senti une brèche. Dans sa voiture, il attrape un caramel. Il va rouler un peu.
4.
Noir et bleu
Le réveil sonne. Sept heures trente. Grégoire grogne, appuie sur repeat sans ouvrir les yeux. Trop tard, le rêve est perdu. Il sait qu’il tenait quelque chose dans ses mains, quelque chose de léger, un tissu peut-être. Il en est sûr, c’était important, ce rêve. Mais c’était quoi ? Ça l’énerve, les mystères dans sa tête. Il repousse sa couette. Il ne doit pas traîner, rendez-vous aux ateliers à neuf heures. Pourtant il se rendormirait bien. Son corps est lourd, engourdi, et sa bouche encore pâteuse de sa soirée d’hier. Pizza-poker-bière, couché tard. Il joue au poker une à deux fois par semaine, avec un pote rencontré il y a quinze ans à l’école de commerce, qui lui a fait rencontrer d’autres potes. Pas vraiment des amis, pas comme Mathieu, juste des gars avec qui il partage ce plaisir.
Grégoire est un bon joueur. Il a de la pratique et une excellente mémoire des cartes. Il aime l’ambiance de la table de jeu, ce mélange de désinvolture et de concentration. Et surtout, il aime le pari. D’abord, au moment où il reçoit sa main de départ, parier sur le hasard. Avant la distribution des cartes communes, décider à l’aveugle de suivre ou de passer. Sentir le vent. Mettre en jeu des centaines d’euros. Jauger son adversaire, observer son comportement, ses clignements d’yeux, parier sur sa défaite. À chaque tour d’enchères, parier sur le bon choix : miser, checker, suivre, relancer ou se coucher. Prendre des risques dosés. Certains jours, se dire qu’il a la baraka, qu’il maîtrise toutes les variables du jeu. Parier sur sa chance. Avoir le bluff osé mais pas abusif. Au quatrième tour, avant la
Extrait
« Il entend à nouveau le mot, clarifier. Ainsi que le sous-texte, « quitte Lucie !», Il n’avait pas prévu, lui, de clarifier. Il voulait juste passer un bon week-end à la mer avec Irène, un week-end léger, insouciant, déconnecté de tout. Il pensait qu’elle aussi. Il supposait même que l’alternance ne lui convenait pas si mal, comme lui s’en arrangeait en tout cas… Qu’est-ce qu’il a loupé ? II s’accroche à la table comme un marin au bastingage sur une mer agitée. Nausée. Il voudrait qu’elle arrête de pleurer, il demande un délai. Il promet, il clarifiera. Conjugué au futur, le mot est déjà plus supportable. » p. 96
À propos de l’autrice
Claire Thomasset © Photo Philippe Matsas
Claire Thomasset vit en région parisienne. Tour à tour professeure de français, bibliothécaire et formatrice en écriture, elle navigue depuis toujours entre littérature et transmission. Elle a publié plusieurs recueils de nouvelles. Trois saisons est son premier roman. (Source : Éditions Buchet-Chastel)
Compte Instagram de l’autrice
Tags
#troissaisons #ClaireThomasset #BuchetChastel #RentréeLittéraire2026 #premierroman #triangleamoureux #chroniquelittéraire #Adultère #Théâtre #collectiondelivres #hcdahlem #roman #RentréeLittéraire2026 #litteraturefrancaise #litteraturecontemporaine #RentreeLitteraire26 #rentreelitteraire #rentree2026 #RL2026 #lecture2026 #livre #lecture #books #blog #parlerdeslivres #littérature #bloglitteraire #lecture #jaimelire #lecturedumoment #lire #bouquin #bouquiner #livresaddict #lectrice #lecteurs #livresque #lectureaddict #litterature #instalivre #livrestagram #unLivreunePage #writer #reading #bookoftheday #instabook #litterature #bookstagram #bookstagramfrance #lecturedumoment #bibliophile #avislecture #chroniqueenligne #chroniquelitteraire #jaimelire #lecturedumoment #book #bookobsessed #bookshelf #booklover #bookaddict #reading #bibliophile #bookstagrammer #bookblogger #readersofinstagram #bookcommunity #reader #bloglitteraire #aupouvoirdesmots #enlibrairie