Un début, un milieu, une fin. Force est de constater que la structure en trois actes – enrichie de points pivots précis – s’est au fil du temps imposée de manière « darwinienne » dans l’industrie du divertissement. Elle est le Cro-Magnon de la théorie scénaristique ! Le concept vous paraît trop simple ? Déjà vu ? Rigide ? Détrompez-vous, car plus on décortique ce modèle type, plus les choses se complexifient. La formule est à la fois plus souple et plus sophistiquée qu’il n’y paraît. Les variantes et les combinaisons sont infinies, comme le présent ouvrage entend le démontrer, des centaines d’exemples tirés du cinéma, de la littérature, de la bande dessinée ou du théâtre à l’appui. En vérité, la seule limite est celle de votre imagination.
Pourquoi ce livre ? Troisième livre dans cette collection, il traîne probablement dans ma PAL depuis sa sortie et, au sortir d’une panne de lecture, je l’en sors enfin.
J’ai beaucoup aimé ce nouvel essai nous donnant moults conseils pour se plonger dans l’exercice d'écriture.
Ce n' est pas pour rien qu’il s’intitule La Charpente du récit. Christophe Lambert s'échine à décrire dans le détail les multiples phases d’un récit pour que chacun comprenne les différentes étapes qui façonnent un ouvrage et qui construit un personnage. C’est très intéressant de découvrir et comprendre un roman en trois actes, avec la phase de présentation, celles des péripéties et autres rebondissements (avec des termes plus techniques que ceux que j’emploie, évidemment) puis le rôle de la fin. Évidemment que l’auteur décline tous les choix possibles en fonction du fond de notre récit et de toutes les fins possibles, pour éviter les écueils et les textes trop convenus. Chaque idée est décrite par le biais d’exemples de la pop culture afin d’aider l’apprenti écrivain à comprendre le propos.
Au-delà du corps narratif, l’auteur prend le temps de décrire les différentes grandes figures dans les personnages et je pense pouvoir affirmer sans mentir que c’est là où j’ai le plus appris.
En revanche, Christopher Lambert ne vous prend pas pour autant par la main. Il ne dit pas “vous voulez écrire ça, alors il faut vous y prendre ainsi…”. À chacun de puiser les conseils qui l’intéressent pour son propre roman, pour son parcours.
L’unique reproche que j’ai à lui adresser porte sur l’approche très académique. Même si l’essayiste n’affirme jamais qu’il n’existe qu’une unique voie, il déroule son propos sans jamais nuancer le fait que beaucoup de récits sortent de cette construction proposée pour sortir des sentiers battus et gagner en originalité. J’ai le sentiment que Christophe Lambert insinue que c'est ainsi qu'il faut faire et c’est tout.
Ce troisième essai dans la collection m’a semblé moins obscur que le précédent volume et plus complet que le premier. Je ne peux m'empêcher de penser que certains ayant déjà lu d’autres essais n’apprendront rien de spécial dans cet essai consacré à la structure narrative et aux différentes figures narratives. Cependant c’est un excellent socle pour tout auteur cherchant à comprendre ce qu’est un roman.
15/20
La Charpente du récit de Christophe Lambert, Argyll, 203 p. Couverture par Xavier Colette
Les autres titres de la saga :
1. Lire, rêver, construire
2. Devenir artisan de ses histoires
3. La Musique du Silence
4. Travailler, écrire au sein d'un cercle littéraire
5. 65 maladresses des jeunes manuscrits
- saga en cours -
