A l’heure où tous les voyants sont au rouge, voilà bien une question primordiale, à laquelle tente de répondre Aurélien Barrau dans un format intéressant.
En effet, la collection Les petits dialogues permet à un spécialiste de rencontrer un groupe d’enfants et de jeunes, et de dialoguer avec eux sur sa spécialité, donnant de la fraicheur et de la spontanéité à la retranscription des échanges.
Ici, il ne s’agit pas de discuter la discipline d’Aurélien Barrau, l’astrophysique, mais de s’adresser plutôt au philosophe et militant pour chercher des voies de traverses des issues possiblement heureuses à la vaste crise que nos sociétés traversent.
Aurélien Barrau n’a jamais caché que sa préoccupation première allait plutôt à la sixième extinction des espèces que nous vivons plutôt que le réchauffement climatique. Depuis quelques années, les mouvements écologistes portent surtout la cause du changement climatique, appuyés par les rapports du GIEC et quelques grandes voix médiatiques, JM Jancovici en tête. La crise de la biodiversité quant à elle, ne récolte que des miettes. Elle est plus ou moins ignorée des débats, des militants, des médias mainstream; Elle passe même en troisième position après la question agricole, comme si tout était décorrélé.
Aurélien Barrau lui, ne désarme pas.
Il propose un cheminement différent et très séduisant, en suggérant de ne plus parler de sobriété mais de beauté et de poésie, pour remplacer un terme connoté négativement par la grande majorité de la population (sobriété étant synonyme de restrictions, de sacrifices) par la révolution poétique. Il faut sortir de l’obsession chiffrée pour retrouver le goût des cieux étoilés.
Je pourrai citer énormément de passages mais en fait, j’ai tout aimé dans ce livre. Aurélien Barrau est une voix singulière dans le paysage actuel, mais une voix nécessaire et sa proposition mérite une vraie réflexion. Et si habiter le monde poétiquement était notre issue de secours ?