Louise Browaeys – La Reverdie ****

Louise Browaeys Reverdie ****

Libretto – février 2026 – 179 pages

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Le vert fascine la narratrice ; il est « son exil intérieur », elle traque cette couleur partout, elle se nourrit de légumes verts autant que de silence, d’écriture, de jardinage et de lectures. La jeune femme écrit sur cette obscession colorée et nous offre « un livre-cabane construit année après année avec des phrases, des débris, des clartés, des ombres vertes, des petits morceaux qu’on peut prendre dans la main et poser un à un sur la charpente. Les plus petits éclats des ruines qu’il reste après les naufrages et qu’on réassemble avec détermination. » Pour elle, la lecture et le jardinage sont devenus des actes de résistance. Écologie et littérature sauvent la vie, elles sont sciences de lien, elles nous font rencontrer le vivant. À travers ce livre-cabane, elle veut créer un pont entre ces deux mondes. Elle rêve d’une vie simple et sincère. Mais ce petit bijou parle aussi de renouveau, d’écriture, d’enfance, de liens, d’amour.

Cela faisait si longtemps que ce livre me faisait de l’oeil. Rien qu’au titre, je savais qu’il me plairait. Il est allé au-delà de mes attentes. Il est d’une beauté. L’écriture de Louise Browaeys m’a prise par la main et ne m’a plus lâchée. « Les mots-serpents muent, ils se transforment en ailes de libellule, ils partent dans toutes les directions, je ne peux plus les arrêter. » Certaines réflexions m’ont fait pleurer. J’ai rarement lu un texte aussi juste, aussi percutant de poésie. Je manque de mots pour dire à quel point ce texte m’a parlé, le mettre en mot serait le réduire. Ce n’est ni un roman, ni un essai, ou bien c’est les deux à la fois. C’est un petit ovni de verdure qui interroge nos liens avec la nature et les êtres vivants.

« Plus que décroissante, je crois que je cherche une écriture qui s’enforeste. Je crois que j’aime entrer dans un livre comme dans une forêt. Je crois que les livres et les arbres ne nous offrent à lire qu’un seul texte, une seule étoffe sauvage, parfois indéchiffrable. »