Boma Ye

En deux mots

Quatre voix racontent l’envers du ring américain des années 60-70. Charles « Sonny » Liston, boxeur noir sorti de l’esclavage des plantations. Sonji Roy, première épouse de Cassius Clay. Drew Bundini Brown, l’entraîneur fidèle. Yolanda Williams, dernière compagne de Muhammad Ali. Entre les cordes, une seule quête : échapper aux chaînes.

Ma note

★★★ (bien aimé)

Ma chronique

Boxeur en Amérique des les années 60

Frédéric Roux poursuit son exploration du milieu de la boxe aux États-Unis en donnant la parole à quatre témoins privilégiés : Charles « Sonny » Liston, boxeur noir sorti de l’esclavage des plantations. Sonji Roy, première épouse de Cassius Clay. Drew Bundini Brown, l’entraîneur fidèle. Yolanda Williams, dernière compagne de Muhammad Ali.

Le narrateur qui prend la parole pour débuter ce recueil est un boxeur noir américain enterré au cimetière de Las Vegas. Sur sa tombe figure cette inscription : « Charles « Sonny » Liston 1932 – 1970. ‘A Man’ ». Oui, un homme. Il ne s’agit pas ici d’une quelconque forfanterie, mais bien de l’affirmation du combat d’une vie. Car il en aura fallu du temps et de l’énergie pour que ce descendant d’esclaves finisse par trouver sa place parmi les hommes.

Après avoir sué dans les plantations de coton de l’Arkansas, il a fui à Saint-Louis, où il survit de chapardages puis d’agressions pour quelques dollars, avant de se lancer dans des cambriolages dont l’amateurisme le conduira régulièrement en prison. C’est là qu’il découvre la boxe. Comme il le raconte : « J’frappais sur le type en face, même pas de toutes mes forces, et le type en face tombait à plat dos. »

Sa force et son talent vont lui valoir d’entamer une carrière prometteuse et le conduire jusqu’au titre de champion du monde. Mais sa notoriété nouvelle ne l’empêchera pas de rester à la merci des organisateurs de rencontres, soucieux de préserver leurs intérêts, quitte à transiger avec la légalité, à truquer des matchs, voire à renoncer à monter une rencontre. Charles Liston mettra du temps à comprendre qu’il n’est que leur jouet. Il confesse d’ailleurs : « champion du monde ou pas, j’ai jamais cessé d’être esclave. J’ai jamais appartenu qu’à d’autres. »

Le témoignage de Sonji Roy va éclairer cette zone d’ombre. L’épouse de Cassius Clay comprend vite que son homme est entouré d’un groupe malfaisant qui essaie de tirer profit de sa gloire naissante. Elle tente d’ouvrir les yeux de son mari, mais finit par baisser les bras et quitter le champion. Son récit révèle les rouages d’un système où les boxeurs ne sont que des pions manipulables.

Drew Bundini Brown, l’entraîneur surnommé « le fou », a cru à son « Champ' », à une destinée glorieuse. Son expérience va toutefois se heurter à ces règles non-écrites mais terriblement puissantes. Le milieu de la boxe professionnelle aux États-Unis fonctionne comme une mafia, avec ses codes, ses silences et ses trahisons.

Yolanda Williams, la dernière épouse de Muhammad Ali, est sans doute celle qui a le mieux compris le système et mis son intelligence au service de son mari et de sa postérité. Là où Sonji a dû s’effacer, Yolanda résistera jusqu’à sa mort et parviendra à faire de Muhammad Ali une marque, assurant leur aisance financière.

Frédéric Roux construit son recueil autour d’un thème puissant : la soif d’émancipation. Si Charles Liston n’y parviendra pas, Cassius Clay aura plus de chance, même si en devenant Muhammad Ali il finira par passer d’une aliénation à une autre. Les quatre voix se répondent, se complètent, tissent un portrait kaléidoscopique d’une époque et d’un milieu.

L’écriture de Roux frappe juste. Brute, directe. La langue de Liston colle à sa condition : « J’suis libre depuis que j’suis mort. J’suis un homme depuis que j’suis mort. » Les phrases courtes cognent comme des uppercuts. Le rythme ne faiblit jamais. On entend la voix des narrateurs, leurs colères, leurs désillusions.

L’auteur adopte le point de vue de chacun avec une justesse remarquable. Les deux femmes qui témoignent sont particulièrement bien placées pour voir ce qui ne va pas, au point de devenir gênantes pour l’entourage des champions. Leurs récits apportent un éclairage précieux sur les coulisses du noble art.

Frédéric Roux, romancier et auteur dramatique, signe avec Boma Ye (cri lancé au combat de Kinshasa en 1974 : « Tue-le ! ») un texte puissant. Il réussit le pari de faire entendre des voix trop longtemps étouffées, celles des boxeurs noirs américains et de leurs proches, broyés par un système impitoyable.

Ce livre happe dès les premières pages. On en ressort sonné, bouleversé par ces destins fracassés.

Boma Ye

Frédéric Roux

Éditions Allia

Roman

96 p., 7 €

EAN 9791030423280

Paru le 9/01/2026

Où ?

Le roman est situé aux États-Unis, à Las Vegas, dans le Missouri et le Nebraska, à Philadelphie, Saint-Louis, Chicago, Denver.

Quand ?

L’action se déroule principalement dans les années 1960.

Ce qu’en dit l’éditeur

“Je pense qu’il a boxé si longtemps juste parce que le ring était le seul endroit où il pouvait être lui même, le seul endroit où il obéissait à personne, le seul endroit où il pouvait désobéir, le seul endroit où il était le boss. Personne pouvait lui dire quoi faire et personne pouvait faire ce qu’il faisait à sa place.”

IL a battu le diable, IL a battu la guerre ; avant de disparaître, IL a tout gagné. Comme IL n’est pas Dieu, mais seulement le plus grand sportif de tous les temps, sans jamais perdre la première place dans le cœur des hommes, IL a été parfois grotesque, pathétique ou pire encore, comme Marilyn, comme Elvis, comme une Amérique rêvée par Walt Disney. Un ring a quatre coins, la terre quatre points cardinaux pour savoir d’où le vent souffle, ils seront quatre à tenter de “fixer” Ali : un homme qui s’est couché à ses pieds puisque les temps avaient changé ; une femme qui était le sexe de toutes les femmes ; un fou qui LUI soufflait son texte, et sa veuve qui a fini par tuer le fou en LUI.

Les premières pages du livre

« un homme

J’suis libre depuis que j’suis mort. J’suis un homme depuis que j’suis mort. Un homme.

Pour ceux qui en douteraient, c’est écrit sur ma tombe au Paradise Memorial Gardens à Las Vegas, pas très loin de l’aéroport McCarran.

Charles “Sonny” Liston

1932 – 1970

‘A Man’

Ma tombe est juste à côté du carré où sont enterrés les enfants. Pour les fleurs, faudra repasser… j’ai les avions dans le ciel !

Dieu? On verra… Les anges? Ils sont à côté, enfermés en train de pourrir dans des boîtes blanches. Le Paradis, c’est encore autre chose, j’crois pas que j’y aie droit, ni même au Purgatoire. Jamais eu droit à grand-chose, le nègre ! Y a les avions qui laissent une trace par-dessus la pelouse et les arbres, c’est marre !

On taille les arbres et quelquefois les traces se croisent. C’est calme. Avant, j’ai été esclave, fils d’esclave, petit-fils d’esclave… et puis aussi champion du monde poids lourd du 25 septembre 1962 au 25 février 1964… J’sais pas pourquoi j’dis ça… champion du monde ou pas, j’ai jamais cessé d’être esclave. J’ai jamais appartenu qu’à d’autres. S’il y a une chose que j’sais depuis toujours, c’est que personne n’est libre. Moi qui suis noir, aussi noir que la suie, encore moins que les autres. J’ai été un esclave jusqu’à ce que j’meure. J’suis libre depuis.

J’ai jamais su quel putain de nègre j’pouvais bien être, j’sais même pas quand j’suis né… ça aide pas à savoir qui on est. Personne le sait vraiment non plus, hein ? En général les gens ont des papiers pour savoir ce genre de choses, moi j’en ai pas qui remontent à cette

époque. Ma mère a toujours dit que j’étais né le 8 mai 1932 parce qu’elle l’avait marqué

sur la Bible ou alors en janvier, parce qu’en janvier ça caille. De toutes les façons, j’vois

pas bien comment elle s’en souviendrait avec le nombre de gosses qu’elle a eus, et la Bible, elle l’a perdue la Bible, on l’a jamais retrouvée, mais bon, elle a ses raisons. C’était gravé sur un arbre… ce qui est con c’est que l’arbre a été abattu! J’étais le dernier garçon de la portée ou l’avant-dernier. Des tas de types disent que non… que j’suis pas né en 32, que je suis né plus tôt… ils s’emmerdent pas, ils traitent ma mère de menteuse ! Faut pas se gêner! Elle est pourtant mieux placée qu’eux pour savoir quand que j’suis né. Pourquoi elle dirait des conneries? Les journalistes en disent davantage, ils regardent le soleil et ils demandent s’il brille. Peut-être que s’ils pensent que j’suis plus vieux que j’en ai l’air, c’est parce que j’ai jamais été vraiment jeune. C’est facile d’être jeune, c’est facile d’avoir été jeune quand on a été un joli bébé, un gentil garçon… un gentil petit Blanc, les fesses roses, les joues pareil… dans sa jolie petite maison avec tout le confort moderne depuis toujours, l’eau qui coule du robinet quand on l’ouvre, à droite… à gauche ! bleu… froid ! rouge… chaud ! En haut… en bas! la lumière qui vient à peine on appuie sur le bouton qu’est fait pour ça et la négresse pour vous torcher le cul ! Après, on devient journaliste, on a un stylo, un micro, on sait tout… même l’âge des nègres et ce qu’ils pensent, mieux qu’ils le savent eux-mêmes.

Qu’est-ce que ça peut bien foutre ? Où je suis né, j’sais pas non plus… j’étais pas là, hein ?

Pine Bluff, Forrest City… où est la différence?

Pine Bluff ou Forrest City, des villes qui sont pas des villes… qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ? J’ai rien eu à bouffer, des tas de frères et d’sœurs dont j’savais pas si c’étaient vraiment mes frères et sœurs… vingt-cinq! j’me souviens du nom de certains… Clytee, Shorty, Alcora, Curtis, Ezra, mais pas de tous. Ceux du dedans, ceux du dehors, ça allait, ça venait! Pas de chaussures, rien à se foutre sur le dos et partir au travail dans les champs aussitôt qu’on pouvait porter un sac, tenir un manche, et si ça merdait… la ceinture qui cingle le dos pour vous apprendre à filer droit! Une journée entière ballotté sur un chariot pour aller en ville chercher les semences. Dans les champs, du lever du soleil jusqu’à ce qu’il se couche.

Tous les jours. Par tous les temps. Chaud l’été… froid l’hiver! Pas vraiment le genre de vie qui fait la peau douce ou qui rend bavard.

Les enfants comme moi à l’endroit où j’suis né, à l’époque où j’suis né, en Arkansas, pendant la Dépression, ont jamais été des enfants.

Ça existait pas dans leur monde. J’allais à l’école quand il me tombait un œil… des fois, j’sais pas pourquoi, Tobe donnait le droit, et Helen disait… “Va à l’école !”, et j’y allais…

Jamais eu le temps vraiment d’apprendre à lire ou écrire, les autres savaient un peu, je restais au fond sans rien comprendre, j’étais deux fois plus grand qu’eux, deux fois plus gros, deux fois plus vieux. Me tournaient autour, s’foutaient de ma gueule. Le reste du temps, Plantation Mortledge, commune de Johnson, comté de St Francis, on était assis sur le cul dans la terre sèche où rien ne pousse quand un homme le vent souffle ou dans la boue quand la pluie tombe, la chemise relevée en toile raide déchirée… la lessiveuse devant les marches où l’eau grise bout, trois poulets, une mule. L’Arkansas! Cul nu devant la baraque en planches de cyprès, les cartons coincés pour que la poussière entre pas, la toile goudronnée qui bat quand le vent se lève, la cuisine où il gèle dans l’ombre d’avant l’aube, quand on a les yeux encore collés, le fourneau, la bouillie, le gruau. La nuit, ensemble, endormis les uns sur les autres en tas, les crevasses au talon, la morve au nez, les larmes, la bave et pire. Le train au loin.

All aboard, the night train

Miami, Florida

Atlanta, Georgia

Raleigh, North Carolina

Miami, Florida,

Atlanta, Georgia, Raleigh, North Carolina

Washington D.C.

Oh, and Richmond, Virginia too

Baltimore, Maryland

Philadelphia

New York City

Take it home

Boston, Massachusetts,

And don’t forget New Orleans

The home of the blues

Oh, yeah, night train

Night train, night train

Night train, carry me home…

Les spectres, les fantômes, les croix en flammes sous les paupières dans le noir. La peur. Et un pied devant l’autre et recommencer derrière la herse. Juste comme juste avant. Juste comme juste après. Juste comme depuis toujours. Nos doigts comme des pattes d’araignée parmi les coques de coton. En juin et en juillet, y avait la coupe, de septembre,

quelquefois jusqu’en mars, la cueillette. Tobe disait: “Assez grand pour manger, assez grand pour marner!” J’aimais nager dans la mare, j’aimais monter la mule, j’aimais choper les poissons-chats dans la vase. J’aimais être seul.

Une fois, j’me suis flanqué un coup de hache entre le pouce et l’index, Helen m’a trempé la main dans du pétrole pour que ça saigne plus. J’ai gardé la cicatrice jusqu’à la fin. Pour les filles et les meilleurs, y avait l’église, des fois New Sardis, des fois Jones… une fois baptistes, une fois méthodistes… ceux qui se lavaient le dimanche ou qui avaient quelque chose à se mettre sur le dos qui sortait de la lessiveuse allaient avec ma mère et les filles, pour tous les autres, la ceinture… Pour moi, double dose. Côté boucle. C’est encore meilleur. Ça laisse des traces, on s’en souvient et comme ça les autres savent ce qui vous est arrivé, d’où vous venez et qu’il faut pas déconner avec ça non plus. La seule chose que mon père m’ait donnée, c’est des coups. Le reste, c’est pas que j’sais pas, c’est que j’connais pas. Ce que j’connais pas, je sais pas que ça existe… ça m’intéresse pas. Tobe sortait sa ceinture si souvent qu’il était obligé de tenir son pantalon avec sa main gauche quand j’cavalais. Il poussait rien sur sa putain de ferme, le ruisseau se perdait dans le sable. Cinquante acres! Tobe était pas bien costaud, soixante kilos tout mouillé, pas bien grand non plus… si j’suis comme j’suis, c’est à cause de ma mère.

En définitive, j’suis pas beaucoup plus grand qu’elle et moins lourd, elle devait bien faire ses cent vingt kilos! J’suis sûr d’une chose, avec Tobe, un jour ou l’autre, ça se serait mal fini et j’voulais pas me briser le dos, me casser le cul entre la mule, les ballots de coton et les poissons-chats avant de le tuer de mes propres mains. Encore heureux, Helen est partie chercher du boulot à Saint Louis, elle a trouvé à s’embaucher dans une usine de chaussures.

Elle a loué une piaule au 1017 O’Fallon Street et moi, j’l’ai rejoint là-bas aussitôt que j’ai pu. À l’époque, j’sais pas quel âge j’avais… c’était en 46, j’croyais que la ville c’était comme par chez nous, on se pointait, on demandait où habitait Helen Baskin et tout le monde savait qu’elle habitait la rue juste à côté ou bien celle au bord du Mississippi, mais quand j’me suis pointé, personne savait où elle habitait, personne savait même qu’elle était là. J’ai marché toute la journée et une partie de la nuit jusqu’à ce que les flics me ramassent. C’était la première fois, ça n’allait plus arrêter. J’leur ai raconté mon histoire, ils se sont arrêtés dans un bar de nuit et y avait un des types au comptoir qui savait où que ma mère habitait.

Les flics m’ont amené, pour une fois pas au poste. C’est mon frère Curtice qui m’a ouvert la porte. Ma mère m’a demandé pourquoi j’étais venu et j’lui ai dit que j’en avais marre

de la campagne et des champs de coton. Après, hein! c’est l’histoire ordinaire… qu’est-ce qui peut bien arriver au jeune nègre qui sait pas lire, pas écrire, rien faire et dont la mère travaille toute la journée? Pas vraiment beaucoup de coton à ramasser O’Fallon Street… emballer des poulets morts? travailler aux abattoirs? ramasser les ordures? quinze dollars la semaine ! J’ai vendu de la glace, j’ai vendu du charbon, j’ai vendu du bois… Et puis quoi encore ? Ça va bien un moment, hein! J’étais pas parti de là où j’étais parti pour retomber un homme là-dedans… manger un jour, pas manger l’autre… manger, c’est une habitude dont il est difficile de se débarrasser! Des conneries, en revanche, y en avait un bon paquet qui attendaient à chaque coin de rue et des tas de types avec qui les faire. J’ai connu un type sympa, Willie Jordan qui habitait la 10e Nord, on traînait dans les barbeuk’, avec un autre type… James. James comment? Jamais su comment il s’appelait. James, ça suffit largement pour c’qu’on faisait ensemble.

On récupérait les choses qui allaient se perdre… on cherchait les types qu’on pourraitdépouiller. C’était pas compliqué, on repérait le type, on le coinçait, on lui prenait son fric et on recommençait. Les types, c’était pas des rupins, c’était des cloches… ils avaient pasgrand-chose sur eux… quelques dollars, huit ou neuf, des fois moins, des fois, rien. Willie

Jordan connaissait un type, Sterling Belt avec une bagnole, une Mercury 48 et un flingue, un Hopkins & Allen calibre .32. Un soir, on est partis ensemble braquer une station-service, Wedge Filling et un bar… la station-service à l’angle de Broadway, trente dollars et des poussières, l’Unique Café au 1502 Market Street, un peu plus de quarante dollars.

On a mis moins de vingt minutes. C’était un 13 janvier, on s’est partagé l’argent et on a été le boire dans un rade, 901 O’Fallon Street, pas très loin de là où j’habitais avec ma mère. À la sortie, j’me suis fait serrer par un flic qui avait repéré ma chemise jaune… il me restait sept dollars et soixante-dix cents en tout et pour tout. Le reste, j’l’avais bu. Ils ont serré Belt et James un peu plus tard. J’ai plaidé coupable… pouvais pas vraiment faire autrement, hein ?

J’ai pris cinq ans au pénitencier d’état du Missouri à Jefferson City. J’ai été incarcéré le

1er juin 1950. La prison, franchement, j’m’en foutais. J’étais peinard, personne m’emmerdait. Avec la gueule que j’ai, la force que j’ai, le regard que j’ai et les poings que j’ai, personne m’emmerde… par certains côtés ça rend la vie plus facile… par certains autres, ça la complique. J’avais une cellule propre, des vêtements repassés, une paire de chaussures en bon état, trois repas par jour. J’avais connu pire. C’est en prison qu’j’ai commencé la boxe. J’aurais pas été doué, ça m’aurait pas intéressé… j’veux dire, s’il avait fallu que j’travaille, ça m’aurait pas intéressé, mais là, ça roulait! C’était dans mes cordes. J’frappais sur le type en face, même pas de toutes mes forces, et le type en face tombait à plat dos. C’était pas sorcier. J’tendais le bras gauche et le type tombait sur son cul. Ça m’a plu. C’était comme savoir chanter ou jouer de la guitare »

À propos de l’auteur

Frédéric Roux © Photo Richard Dumas

Né en 1947, Frédéric Roux a exercé douze métiers, treize misères. “Légende vivante” pour certains, il préfère se qualifier d’“intellectuel d’ameublement” ou de “prophète diesel”. Artiste pour écrivains, écrivain pour artistes, il a publié presque deux douzaines de livres chez un peu moins d’une quinzaine d’éditeurs. Prix France Culture/Télérama pour Alias Ali, la première biographie orale écrite en français. Considéré (à tort) comme spécialiste de la boxe, il n’écrit pas sur quelque chose, il écrit quelque chose. (Source : Éditions Allia)

Site internet de l’auteur

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