Embraye, Louise

Embraye, Louise

En deux mots

Louise a vingt ans passés. Elle conduit, elle fume sur les toits, elle enchaîne les soirées et les lendemains qui déchantent. Elle cherche sa place dans un monde qui ne lui en propose pas vraiment. Elle embraye. Elle repart. Elle recommence.

Ma note

★★★ (bien aimé)

Ma chronique

Louise ne reste pas en place

Avec ce premier roman fulgurant, Clara Boussion dresse le portrait d’une génération qui en quête d’identité, écrit dans une langue qui ne ressemble à aucune autre. Un texte court, dense, syncopé.

On pourrait dire que ce premier roman met en scène Louise, jeune femme étudiante qui enchaîne les petits boulots et trouve dans les soirées entre amis, les rave parties et les afters passablement alcoolisés de quoi supporter sa vie. On pourrait ajouter qu’elle se ressource en retrouvant son village ou qu’elle trouve dans des virées en voiture un moment de détente bienvenu. Mais ce serait bien trop réducteur.

Louise a vingt ans et quelque chose. L’âge où l’on ne sait pas encore très bien ce qu’on veut, mais où l’on ressent déjà très fort ce qu’on ne veut pas. Alors elle bouge. Elle embraye, comme dit le titre. La voiture, obtenue la première parmi ses amis — « C’est sa fierté » —, est bien plus qu’un moyen de transport. C’est une promesse de liberté. Un espace à soi. Sur la route, les fenêtres ouvertes, la radio à fond, « les basses poussées au max », elle peut être elle-même. Ou presque.

Les soirées chez le Thib, chez Boris, dans les jardins où les tentes poussent comme des champignons, sont sa respiration. Un rhum arrangé qui dort depuis des mois, un pack de bières, des chamallows qui fondent dans la rosée, des corps qui dorment sur des matelas descendus du grenier. Clara Boussion restitue tout ça avec une précision d’entomologiste. Le carrelage qui colle au matin. L’évier plein d’écocups sérigraphiés. Les bouteilles entassées dans la brouette, le trajet jusqu’au container du Lidl, pieds nus sur le goudron. Mais sous cette surface animée, quelque chose gronde. Louise conduit parfois sans savoir où elle va. Elle monte le volume de la radio « pour ne pas entendre le son de sa propre voix et se met à parler aux absents. Puis pour s’assurer du fait d’avoir parlé, elle crie, jusqu’à rayer ses cordes vocales. Après, elle rentre. » Trois phrases. Un abîme. C’est tout le talent de Boussion : dire l’essentiel en peu de mots, laisser le silence faire son travail.

Car c’est d’abord la langue qui frappe. Une écriture syncopée, haletante, qui épouse parfaitement le propos. Les phrases s’allongent, s’affranchissent de la ponctuation, avalent le monde en rafales. Le passage dans le tram est à cet égard saisissant : « Cheveux crépus lisses ondulés rasés décolorés teintés brillants mouillés attachés peignés noués tressés couverts sales fins propres épais vieux jeunes longs courts en épis à bijoux coupe mèche casquette bonnet miki cow-boy durag… » La liste continue, interminable et vertigineuse. Louise ferme les yeux. Encore huit arrêts. Le lecteur, lui, ne ferme pas les yeux. Il est happé.

Cette langue-là dit l’urgence. L’urgence de tout voir, tout ressentir, tout nommer avant que ça disparaisse. Elle dit aussi l’errance, le mouvement perpétuel d’une génération qui ne s’arrête jamais vraiment, de peur de ce qu’elle trouverait dans le silence. Comme dit l’éditeur, c’est une jeunesse « qui tâtonne, qui brûle, qui chute, qui recommence ». Et qui n’est pas à l’abri d’une sortie de route.

Ce roman est né d’un Master de création littéraire au Havre, sous la direction de l’écrivain Frédéric Forte. Clara Boussion elle-même confie avoir eu besoin de cet accompagnement pour aller au bout : « Ç’a été vraiment porteur, je ne sais pas si j’aurais décidé de poursuivre ce récit seule. Aujourd’hui, j’ai très peur, le texte m’échappe encore et je ne sais toujours pas comment je vais faire avec dans le monde réel ! » On prend un vrai plaisir à suivre cette quête d’identité dans un monde où les points de repère restent flous, où l’avenir n’est pas balisé.

Embraye, Louise

Clara Boussion

Éditions L’arpenteur (Gallimard)

Premier roman

132 p., 16 €

EAN 9782073139030

Paru le 12/02/2026

Où ?

Le roman est situé en France. Si l’endroit n’est pas précisément situé, on pourra toutefois reconnaître Bordeaux et sa région.

Quand ?

L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Ils ont grandi dans des villages, sur des routes de campagne, entre soirées improvisées et boulots de courte durée. Ils croyaient que l’amitié serait leur maison, leur refuge. Louise en faisait partie.

Mais à l’heure où chacun choisit une voie, Louise vacille. Elle cherche à habiter son corps, son identité, sa place. Comme s’il fallait atténuer ce flou persistant, comme s’il fallait tout déterminer. Elle avance, travaille, roule la nuit fenêtres ouvertes, se réinvente dans la ville, dans la création, dans les gestes qu’elle apprend à refaire elle-même.

Embraye, Louise est l’histoire d’une génération qui se soustrait aux trajectoires déjà tracées. Une génération qui tâtonne, qui brûle, qui chute, qui recommence.

Un premier roman sur la force qu’il faut pour se transformer avec courage et détermination sans jamais renier ce que l’on a été.

Les critiques

Babelio

Les premières pages du livre

« Au fond du jardin, deux vieux sont assis sur la balançoire. Leurs jambes se plient et se déplient, ils s’envolent puis redescendent chacun à leur tour. L’herbe est sèche et jaunie. L’air est lourd. Depuis le bord de la terrasse en bois, une petite fille, un appareil photo jetable en main, les regarde.

1

140 sur la ligne droite

Sur le toit de la maison de bois, les tuiles sont tièdes, le soleil décline orange, l’air est chaud.

Soirée chez le Thib demain

soir, tu m’emmènerais ?

Yeees, trop cool ! Tu ramènes

quoi ?

J’ai un rhum arrangé qui dort

depuis des mois

Louise a obtenu son permis la première. C’est sa fierté. Il faudra se décider entre un pack de 16 ou une mauvaise bouteille de rouge. Elle jette le mégot dans le conduit de cheminée et s’avance vers le Velux. C’est par là qu’elle grimpe. Pour descendre, elle se met à plat ventre sur les tuiles, glisse ses jambes par l’ouverture, et recule

pour finir par toucher des orteils la caisse en bois posée sur la chaise de bureau. Les hanches font bascule, la peau pince parfois. Il ne faut surtout pas que la chaise pivote, si Louise ne veut pas tomber lourdement sur le plancher.

Téléphone connecté à sa chaîne hi-fi, du disco pour célébrer ce moment en solo. L’été commence.

Dix minutes de route, le temps de faire du 140 sur la ligne droite et de freiner en douceur avant le grand virage. Antenne télescopique tirée, radio à fond et les basses poussées au max, parce que le soir la programmation est idéale. Les fenêtres sont ouvertes, la tiédeur de l’air annonce une douce soirée.

Elsa habite un village minuscule aux maisons éparpillées le long d’une route de campagne. Pas plus d’une centaine d’habitants. Espadrilles à talons hauts, elle sort de chez elle. Sa longue chevelure rousse scintille dans son dos au moment de fermer la porte.

— Coucou! Ça va? J’ai mis des collants quand même, je me dis qu’il fera peut-être froid plus tard. On est toujours dehors chez le Thib.

— J’ai pris des duvets, j’en ai un pour toi if you want.

Dans la voiture les filles se taisent. Se sont vues quelques jours avant, ont discuté des projets d’été, du groupe, et peut-être même, d’avenir. Elsa tourne le bouton du volume, la musique emplit jusque dans les interstices l’habitacle. La fraicheur commence à descendre vers la terre. sur les pieds de vigne, et quelques étoiles se sont allumées dans le ciel encore clair.

La voiture se gare devant une maison de lotissement, derrière celle de Boris. C’est un break. Il anticipe, Boris, il a toujours de quoi faire, et même dans la vie c’est comme ça : il a un salaire et un projet d’emprunt, il a construit avec son père la maison où il vit encore et où il fait lui-même ses lessives. En général, c’est lui qui ramène la sono mais chez le Thib il y a ce qu’il faut.

C’est Antoine, une bière à la main, qui ouvre la porte de la maison alors qu’elles traversent la route. Sa silhouette longiligne se détache en contre-jour dans l’entrebâillement. Hello! fait-il en laissant durer le « o » musicalement. Il se penche vers elles pour leur faire la bise, et Louise reconnaît l’odeur de son déodorant, un de ceux qui empêchent la transpiration jusqu’à soixante-douze heures, avec un parfum de supermarché qui se veut mâle. D’autres sont déjà là, bières, clopes, musique, chips, saucisson. Les salutations rituelles totalisent une vingtaine de bises claquées en quelques secondes, bon courage au suivant, et gare à celui qui ferait « bisou de loin » accompagné d’un signe vague de la main, lâche.

Dans la cuisine, Elsa et Louise restent songeuses devant la porte ouverte du réfrigérateur.

— Tu prends quoi toi ?

— Peut-être bien ça, ça me mettra bien assez vite, après j’aurai juste à entretenir le truc.

— Ah oui, tu joues tactique toi! Moi j’ai envie de commencer doucement. Je vais prendre ça.

Alors qu’elles reviennent dans le salon, un des garçons leur sourit en levant sa cannette :

— La 8/6, c’est la vraie bière des…

Louise n’entend pas la fin de la phrase, la musique passe par-dessus, un morceau de salsa choisi par Boris pour danser avec Elsa.

Il est environ midi, Louise a dormi sur un matelas posé par terre. Sur le lit deux places à côté sont allongés Samy et Julie. Entre le lit et le matelas où elle a dormi, il n’y a pas assez de place pour une personne supplémentaire mais elle constate que juste à côté d’elle, la Serpillière ronfle, couchée à même le sol.

La Serpillière n’est pas une serpillière au sens propre, il s’agit d’un surnom. Un surnom très vieux maintenant. Peut-être que seule Louise s’en souvient. Il date de leur première fête ensemble. De leur première nuit blanche aussi. Ils avaient vu le soleil se lever, assis en cercle dans la rosée, Cette nuit a sans doute changé beaucoup de choses pour Louise, des choses qui font qu’après, la vie n’est plus jamais pareille mais ça on ne s’en rend compte qu’avec le temps. L’histoire de ce surnom fait partie des anecdotes qui ne se racontent pas, puisque souvent, lorsqu’elles sont racontées, elles se dégonflent et quelque chose disparaît en même temps, pour toujours.

Elle se lève en faisant le moins de bruit possible, laisse la Serpillière migrer sur le matelas et rejoint Manue dehors. Manue a dormi avec Antoine sur le canapé du salon, c’est là où la soirée se termine quand les autres vont se coucher. Manue, dernière couchée, première levée. Louise se sert un verre de jus d’orange dans une bouteille entamée la veille, se demande avec quoi il a été mélangé. Elle tousse, elle a trop fumé cette nuit, sa gorge est glaireuse. Manue lève la tête vers elle :

— Bon matin! Il y a de la brioche et du Nutella dans la cuisine.

Brouette de verre

Ce matin Louise se réveille dans la chambre où le père a découpé à la disqueuse le mur de brique pour y poser une autre fenêtre. Cette même chambre où elle passe par le Velux pour aller sur le toit. Elle sait qu’elle a trop bu hier soir, elle a même vomi dans la nuit sur le pantalon tirebouchonné au pied du lit.

Igor dort encore lorsqu’elle tourne la tête vers lui. Sur le futon déplié, il est à droite, Clem à sa gauche, Elsa à l’autre bout. On ne distingue que leurs tignasses qui dépassent des duvets, brun pour Igor et Clem, châtain qui tire sur le roux brillant pour Elsa. Allongée, Louise baisse la tête et au pied du lit, sur le pantalon tirebouchonné, il y a… Igor repartira sans son pantalon, elle le lui ramènera lavé lorsqu’ils se reverront.

Louise descend l’escalier qui craque, c’est silencieux dans la maison. Dans la cuisine c’est un champ de bataille. Il y a des verres empilés à moitié pleins, d’autres quasi vides, et des bouteilles de verre, partout. Il y a des demi-citrons écrasés, du sel et une bouteille de tequila vide, des miettes de chips, des capsules et des paquets de tabac. De la vie de la veille, tout est retombé. Dans le salon, sur le canapé et sur des matelas descendus du grenier, des corps dorment. II fait jour, les volets ne sont pas fermés, aujourd’hui encore il fait beau. Des tentes sont plantées dans le jardin : une bleue aux arceaux arrondis, une autre rouge, plus longue et pyramidale. Des chamallows rose et blanc fondent dans la rosée. Bouteilles mégots filtres mouillés peaux de saucisson bords de pizzas.

Le carrelage de la cuisine colle. La plus grande casserole contient encore des spaghettis qu’elle transvase dans une assiette creuse à cerises bleues. L’évier est rempli, écocups sérigraphiés des festivals du coin, saladier de punch où il ne reste plus que des tranches d’orange imbibées. Croquettes pour le chat. L’odeur est forte, son ventre fait un soubresaut mais elle s’accroupit pour passer la main sur le dos tiède qui ronronne. Dans un tiroir, il y a un rouleau de sacs-poubelle de 50 l qu’elle pose sur le plan de travail en poussant quelques bouteilles.

Elle ouvre la porte de La cuisine, terrasse fraîche, Étend sur des dossiers de chaise des serviettes humides de la baignade de la veille, d’ici quelques heures le soleil aura séché les fleurs hawaïennes et les vamos à la playa. Sur le bois de la terrasse, on devine le dessin du réseau brillant du trajet nocturne des limaces. Oranges comme la brique. La nuit, quand les pieds sont nus et écrasent l’une d’entre elles, la surprise serre la gorge et désarme, le rire démarre dans la foulée, il faut frotter tout de suite au savon et même après le gluant reste collé à la peau. On les balance dans haie, elles mettront du temps à revenir, le mieux pour les envoyer loin c’est la raquette de badminton.

Au bord de la terrasse, une partie de la maison est en construction. À la même époque l’année dernière n’étaient coulées que les fondations de béton, remplies de débris de tuile. Cette année, les murs en ossature bois sont montés, l’isolation terminée, il ne manque plus que le bardage pin. Des espaces sont vacants pour les futures menuiseries double vitrage, Là aussi il y a des matelas entassés et des duvets qui se mélangent. Sur les tréteaux, la porte à l’horizontale est toujours à l’horizontale, la chaîne hi-fi éteinte et la guirlande débranchée. Sur un des tourets récupérés se trouve un paquet de cartes, hypothèse de poker ou belote. Deux paires de pieds s’emmêlent sous un même duvet. La grosse Marshall dort aussi, il faudra la ramener à la grange.

Petit à petit, les corps se lèvent. Il y a des torses nus, du jogging enfilé par-dessus le caleçon, pas de soutif encore agrafé, des T-shirts, des toux d’excès, et des voix plus graves de réveils laborieux. De nouveaux regards sont échangés, les sourires sont plus francs. C’est muet ce matin de lendemain mais ce mutisme est différent de celui que certains retrouveront peut-être quelques heures plus tard, de retour chez eux C’est un mutisme qu’on n’a pas besoin de troubler. La fonction phatique n’existe pas ici, tout a lieu déjà avant Le son des mots. Alors, bien dormi le Pierrot? Le concerné baisse les yeux et sourit en attrapant un verre. Des bras s’étirent vers le ciel. La cafetière italienne siffle et Louise la rejoint.

Ça va la tête ce matin? La voix provient d’un corps qui traverse la cuisine, Louise regarde son propre doigt qui éteint le feu, empreinte digitale sur le verre. Le corps qui traverse la cuisine a rejoint les autres dehors, blond décoloré, épis, impression porc-épic dans lesquels elle aimerait passer la main. Elle aimerait passer la main dans les cheveux de celui-là, mais cette envie, elle ne se la formule pas elle-même.

Toutes les bouteilles en verre ont été empilées dans la plus grosse brouette et Laure tenant la poignée de droite, Louise celle de gauche, elles vont jusqu’au container du parking du Lidl, pieds nus sur le goudron. Elles rient en imaginant les réflexions des conducteurs qui ralentissent en passant à leur hauteur. Le bruit du verre brisé résonne dans le container et les rend méditatives, elles ne disent que peu de mots là encore et sur le retour le trajet est plus court. Le goudron a monté en température.

Dans la pyramide, Paulo dort encore, ils rigolent et guettent son réveil. Une des voitures emmène ceux qui prennent le bus. Ils auraient pu marcher c’est vrai, l’arrêt n’est pas si loin. Maaais booon, ils rentabilisent leurs permis récents, ceux qui l ont et dont les parents ont bien voulu prêter leur voiture pour hier soir.

Plus tard, la maison est vide, Louise passe la serpillière sur le carrelage. Elle détache sa main du manche et regarde sa paume, les couleurs et les plis. Bouge les doigts un à un puis tous ensemble. Ouvre et referme le poing. Fait faire des mouvements à sa main dans l’air, une petite danse qui dessine des formes invisibles. Elle s’arrête et regarde dehors. Dans la cuisine. Le salon. Il y a des fantômes tout autour d’elle. Elle plonge les franges dans l’eau savonneuse, essore, et continue de laver le sol. »

Extraits

« Aller quelque part

Parfois, sur les routes de campagne, Louise conduit sans trop savoir où elle va, où il faudrait aller. Elle monte le volume de la radio pour ne pas entendre le son de sa propre voix et se met à parler aux absents. Puis pour s’assurer du fait d’avoir parlé, elle crie, jusqu’à rayer ses cordes vocales.

Après, elle rentre. » p. 60

« Tram A direction aéroport dit la voix dans les haut-parleurs. Louise est coincée entre le caoutchouc de l’accordéon et une barre en inox. Mains de toutes tailles couleurs accrochées dessus. Le wagon est plein, tous les corps serrés, immobiles. Cheveux crépus lisses ondulés rasés décolorés teintés brillants mouillés attachés peignés noués tressés couverts sales fins propres épais vieux jeunes longs courts en épis à bijoux coupe mèche casquette bonnet miki cow-boy durag bec de canard gavroche cous grains de beauté taches de naissance fronts rides sourcils piercings tatouages boucles d’oreilles taches de rousseur maquillage cicatrices mentons barbes moustaches fossettes bec-de-lièvre yeux gris verts marron noirs bleus blancs vairons paupières cils nez bouches oreilles lunettes dents vestes T-shirts foulards bandana colliers écouteurs épaules bras henné veines ongles bagues montres paumes coudes côtes ventres ceintures pantalons jupes collants leggings shorts robes tissus matières couleurs marques chaussettes sandales talons chaussures de sport de sécurité de marche tongs bottes zip élastique tissu respirant déperlant plis taches sacs sacoches trous lacets scratchs nœuds ficelles lacets étiquettes peau attelle béquille parfums odeurs motifs couleurs paillettes Louise ferme les yeux se laisse balloter par le roulis. Encore huit arrêts. Prochain arrêt Museum d’histoire naturelle. Museum d’histoire naturelle dit la voix dans les haut-parleurs. Clac. Pardon merci je descends |à serrez-vous s’il vous plaît il reste de la place dans les allées. Bipbipbipbipbip clac. Encore sept arrêts. La vitre est embuée. Quartier d’affaires. Buildings et escalators. Dans dix jours c’est le retour. Le bus de nuit et traverser deux pays. Revenir au pays. Repartir recommencer. Encore. » p. 85-86

À propos de l’autrice

Clara Boussion © Photo Francesca Mantovani

Clara Boussion a trente ans. Elle travaille dans l’organisation d’événements culturels à Bordeaux. (Source : Éditions L’Arpenteur)

Page Facebook de l’autrice

Compte Instagram de l’autrice

Compte LinkedIn de l’autrice

Tags

#embrayeLouise #ClaraBoussion #larpenteur #Gallimard #Chroniquelittéraire #ComingOfAge #hcdahlem #roman #RentréeLittéraire2026 #litteraturefrancaise #litteraturecontemporaine #premierroman #MardiConseil #RentreeLitteraire26 #rentreelitteraire #rentree2026 #RL2026 #lecture2026 #primoroman #livre #lecture #books #blog #parlerdeslivres #littérature #bloglitteraire #lecture #jaimelire #lecturedumoment #lire #bouquin #bouquiner #livresaddict #lectrice #lecteurs #livresque #lectureaddict #litterature #instalivre #livrestagram #unLivreunePage #writer #reading #bookoftheday #instabook #litterature #bookstagram #bookstagramfrance #lecturedumoment #bibliophile #avislecture #chroniqueenligne #chroniquelitteraire #jaimelire #lecturedumoment #book #bookobsessed #bookshelf #booklover #bookaddict #reading #bibliophile #bookstagrammer #bookblogger #readersofinstagram #bookcommunity #reader #bloglitteraire #aupouvoirdesmots #enlibrairie