Charlotte McConaghy – Je pleure encore la beauté du monde ****

Charlotte McConaghy pleure encore beauté monde ****

Actes Sud Babel – 2026 – 420 pages

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Un père, vivant au Canada, qui lui apprend l’amour des arbres et une mère, vivant en Australie, qui lui ouvre les yeux très tôt sur la violence masculine. Inty Flynn a grandi, tiraillée entre ces deux pôles. Atteinte de synesthésie visuo-tactile, elle ressent dans sa propre chair les expériences sensorielles de tous les êtres vivants, même les animaux, à partir d’un simple contact visuel. Jeune biologiste, Inty arrive en Écosse pour diriger une équipe de scientifiques chargés de réintroduire le loup dans les Highlands, dans le parc naturel de Cairngorms. Très vite, elle se heurte à l’hostilité et l’animosité des locaux. Une nuit, elle découvre le corps sans vie d’un éleveur. De peur que les loups soient accusés, elle fait disparaître le cadavre. Mais quel monstre a pu faire un carnage pareil ? Je n’ai pas de mots pour retranscrire l’émotion qui m’a saisie à la gorge, du premier au dernier mot de ce roman. Je ne vais pas être originale, je vais faire dans la simplicité. De ce roman, j’ai tout aimé : l’écriture addictive, l’atmosphère immersive & l’intrigue habilement menée, les réflexions sur nos liens à l’animalité, à la nature. Coup de coeur pour ce texte australien de toute beauté, à mettre entre toutes les mains.

« Le vent chuchota entre les branches nues et sur mes paupières, mes lèvres. Un baiser. Je l’entendais presque respirer, sentais presque les battements de son coeur en dessous, autour et au-dessus de moi, le langage le plus ancien de tous. »