
Résumé :Après notre premier baiser, je lui avais déjà vendu mon âme.
3… 2… 1… COUREZ !
« The Hunt », ce jeu de traque humaine organisé pour la période d’Halloween vient de commencer, et Olivia trépigne d’impatience. Dissimulée derrière son masque, elle se sent invincible. Plus de pression liée à son travail, plus de rivalité avec son insupportable collègue pour remporter le projet architectural le plus ambitieux de l’université de Cambridge. Mais ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que ses nuits d’octobre seraient hantées par un autre type de rivalité. Dans la pénombre, Olivia croise le chemin d’un mystérieux inconnu. Sous son masque de Ghostface, il lui offre une échappatoire, une chance de laisser derrière elle ses peurs, sa colère, ses sombres secrets. Olivia ne devrait pas céder à l’attirance qu’elle ressent envers cet homme, tout comme elle sait que dévoiler sa véritable identité pourrait tout détruire. Non, le mieux c’est qu’ils ignorent tout l’un de l’autre.
Car, si les masques tombaient, Ghostface voudrait-il toujours d’elle ?
Mon avis :
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que ce livre s’adresse à un lectorat averti en mesure de mettre une distance entre ce qui est présenté et la réalité. Ici, il n’est pas question d’une quelconque apologie de la violence ou des relations toxiques. Cette fiction décrit des relations évidemment problématiques, où la violence est omniprésente, la notion de consentement est inexistante. Cela dit, il ne s’agit pas de la juger ou de la comprendre (autant stopper les vagues avec ses mains), il s’agit d’apprécier (ou non) la façon dont l’auteur imagine cette histoire et la raconte avec ses tenants et ses aboutissants. Ses enjeux et ses dommages directs et collatéraux.
C’est une histoire saisissante !Même si l'éditeur ne la classe pas en dark romance, je trouve que l’étiquette n’est pas totalement déplacée. Dark academia en revanche, me paraît plus discutable... Oui, l’intrigue se déroule dans une université de prestige à Cambridge. Oui, le campus et son nouveau bâtiment à concevoir occupent une place importante. Oui, la rivalité académique est bien présente. Mais ce n’est pas, à mes yeux, le cœur du récit.
Olivia est architecte et en compétition féroce avec un collègue pour imaginer le nouveau bâtiment du campus. Cette rivalité, nourrie par des jeux d’influence et par la figure du doyen, crée une tension constante. Pourtant, ce qui m’a le plus marquée, c’est autre chose : la relation au père. Au-delà de son statut de doyen, c’est un homme dont l’ombre pèse lourdement sur ses enfants. Il laisse une empreinte presque terrifiante. Le moment où l’héroïne décide de lui tenir tête donne une impulsion décisive à l’intrigue.
La romance occupe bien sûr une place centrale. Lors de The Hunt, cette soirée d’Halloween organisée comme une traque dans la forêt, Olivia rencontre un inconnu masqué. Dans ce terrain de jeu qu'est l’obscurité, elle explore des désirs qu’elle ne s’autorisait pas. Entre jeu de traque et identité secrète, l'autrice maîtrise son histoire au point de nous troubler. Cela m’a rappelé Light Out dans cette manière d’installer une tension tout en construisant une vraie relation.
Ce qui permet à cette histoire de ne pas être glauque est sans conteste la maturité des personnages.Ce ne sont pas des étudiants mais des adultes. Il n’y a pas d’ambiguïté sur le consentement ni sur l’équilibre entre eux. C’est non consensuel, ça peut être gênant ou malaisant (cringe même), pour les lecteurices au carcan hétéronormatif (dont je fais partie), mais c’est consenti. Même quand le cadre est intense, la base reste saine. L’autrice prend soin d’ancrer l’histoire dans la confiance et la communication, j’y ai vu une forme de responsabilité, presque de prévention, intégrée avec intelligence au cœur du récit.Cela rend l’ensemble addictif sans être dérangeant.
Au plaisir.

Aux survivantes : On vous croit. Toujours. #MeToo.
Si vous êtes tombés sur cet article, suite à une recherche sur Google, et vous êtes victime ou témoin de violences :- Le 08 00 05 95 95 est un numéro gratuit destiné aux femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles.- En cas d’urgence, appelez la police ou la gendarmerie, en composant le 17 (ou le 112 d’un portable, appel gratuit).- Contactez le 3919 : numéro d’écoute, anonyme et gratuit, 7 jours sur 7, de 9 h à 22 h du lundi au vendredi et de 9 h à 18 h les samedis, dimanches et jours fériés.- Signalez sur le portail de signalement des violences sexuelles et sexistes : https://www.service-public.fr/cmi