Éditions Rue de Sèvres, 2023 (145 pages)
Ma note : 16/20
Scarlett O’Hara, issue d’une riche famille d’Atlanta, fait battre bien des cœurs alors qu’elle n’a d’yeux que pour Ashley Wilkes. Bien qu’il soit promis à la douce Mélanie, celui-ci ne semble pas insensible au fort caractère et à l’audace de notre jeune héroïne. Les fêtes et réceptions s’enchaînent. Tapie dans l’ombre, la guerre de Sécession ne tardera pas à éclater. Les repères et la vie privilégiée de Scarlett voleront alors en éclats. Notre héroïne n’aura d’autre choix que de retrousser ses manches pour survivre, trouver de la nourriture et sauver Tara, le domaine familial.
Avec Gone with the wind, Pierre Alary signe une adaptation du célèbre roman de Margaret Mitchell : Autant en emporte le vent. Le pari était risqué tant cette œuvre s’inscrit dans les plus grands classiques de la littérature américaine allant jusqu’à rencontrer un succès fou dès sa publication, en 1936. Puis, il y eut bien sûr le film, Vivien Leigh et Clark Gable incarnant à l’écran les rôles titres de Scarlett O’Hara et Rhett Butler.
Autant en emporte le vent, que je compte relire cette année, fait partie de mes romans favoris. Je suis donc ravie d’avoir eu l’occasion de lire le premier tome de cette adaptation BD. Pierre Alary s’en sort haut la main. De la première à la dernière planche, nous suivons ici Scarlett, toujours aussi peste et égoïste, qui fera pourtant preuve d’un courage inattendu et surtout sans failles. Nous sommes dans les années 1860, et la guerre civile opposant les Sudistes aux Yankees ravage tout sur son passage. Ce premier tome s’achève peu après l’incendie d’Atlanta, épisode au cours duquel notre héroïne a pris la fuite épaulée par Rhett Butler, un aventurier peu scrupuleux qui a toujours fait fi des règles et des convenances.
Cette bande-dessinée fait la part belle au lien, plutôt complexe, qui unit nos deux héros. Veuve à dix-sept ans et amoureuse d’un homme marié, Scarlett O’Hara est courtisée par Rhett Butler. Si Ashley occupe toutes ses pensées, rien ne dit qu’elle n’épousera pas cette crapule véreuse non par amour mais par intérêt, avec cette idée de retrouver les beaux jours d’avant-guerre.
Dans le roman et dans le film, Scarlett O’Hara m’a toujours paru antipathique au possible tant elle se montre vaniteuse et, souvent, manipulatrice. C’est également ce que j’ai ressenti en me plongeant dans cette bande-dessinée, et c’est tant mieux. Cela ne prouve-t-il pas la qualité de cette adaptation ? Le travail mené autour des couleurs, des ombres, des paysages, des expressions de nos protagonistes, souligne quant à lui la cruauté et la violence de la guerre. Le déroulé réussit à être comme scindé en deux, insistant sur l’évolution du personnage de Scarlett. Éprouvée par la guerre, Scarlett O’Hara n’a d’autre choix que de gagner en maturité. Alors qu’elle pense avoir tout perdu, c’est bien Tara, l’ancienne plantation familiale, qui lui donnera la force de continuer.
Ce premier tome de Gone with the wind fut donc un bon cru, et je serai au rendez-vous pour découvrir la suite. Je suis sans doute passée à côté du coup de cœur tout simplement parce que j’ai eu du mal à me détacher du film de Victor Fleming. C’est tout à l’honneur de Pierre Alary d’avoir imaginé une autre Scarlett que celle incarnée par Vivien Leigh. Mais j’ai trouvé que les traits de notre Scarlett version BD manquaient de charme et de piquant. Je préfère également la version hollywoodienne de Rhett Butler, Clark Gable incarnant ce héros dans tout ce qu’il peut avoir de provocateur oui, mais avec le charme et la séduction qui vont avec (ce qui manque un peu ici).