
Résumé :Une romance moderne qui parle de douleur, de honte, de reconstruction, mais aussi d'amour, de fraternité et de confiance retrouvée.Après des mois repliée sur elle-même, Oria est de retour à l'université. Elle tente de se reconstruire après que son ex petit-ami ait partagé des photos intimes d'elle. Mais ce dernier ne cesse de la harceler.Dès son arrivée, une solution inattendue arrive en la personne d'Ulysse, le meilleur ami de son frère Elias. Même si Oria et Ulysse se détestent depuis leur plus tendre enfance, lui, a fait une promesse à Elias : protéger sa petite soeur coûte que coûte. Quoi de plus naturel que de se faire passer pour son petit ami pour lui offrir un peu de paix ?Tandis que cette mascarade prend des airs bien réels et qu'une véritable complicité se tisse entre eux, des tensions les ramènent sans cesse à leur passé douloureux; or, dans l'ombre, on continue de nuire à la jeune femme...Oria et Ulysse parviendront-ils à surmonter ces épreuves et à s'aimer au grand jour ?
Mon avis :L'autrice nous propose une histoire résolument féministe, portée par des thèmes forts et maîtrisés. On y suit Oria, à son retour à l’université, qui tente de se reconstruire après que son ex a diffusé des clichés intimes d’elle. Sous prétexte de l'histoire, l'autrice explore avec justesse l'épreuve pour une victime de diffusion d’images intimes sans consentement, et le long chemin de la résilience.
J’ai trouvé l’immersion dans la psychologie de l'héroïne fine et crédible.Il y a les doutes, la vulnérabilité, la colère, les élans de lumière = L’équilibre sonne juste.Les tourments d’une survivante sont traités avec soin.La pertinence du propos de l'autrice résonne comme un témoignage, et on est bien dans la fiction... MAIS je suis convaincue que la justesse des mots peut résonner chez celles et ceux qui ont vécu ce type de violence (et aussi chez ceux et celles qui ont un jour jugé une victime de ce type de violence) !On évoque le dépôt de plainte, la thérapie, le poids du regard social...C’est sensible, accessible.Ce n'est jamais caricatural et c'est sans tomber dans un discours de sensibilisation ou de prévention, franchement ça en a la teneur.J’ai aussi apprécié le soutien familial que présente l'autrice !Oria est entourée par une mère et un frère présents (avec un léger suspense autour du père). Eh bien, cette famille aimante fait du bien ! Trop souvent, dans ce genre de récits, l’héroïne se retrouve seule (famille présente au départ, puis se désengage ou se désolidarise). Ici, elle est accompagnée, et cela renforce la puissance de son parcours.Le roman aborde également l’emprise, les relations toxiques, les amitiés fragiles. Oria est bousculée, parfois violemment, mais elle s’accroche et garde la tête hors de l’eau, malgré des pensées sombres qui la traversent.
Après...L’aspect fake dating m’a surpris.Malgré leur animosité, Ulysse (le meilleur ami du frère d'Oria) accepte de se faire passer pour son petit ami pour faire taire les rumeurs. J'ai compris la posture dans le récit, mais j'ai trouvé dommage qu'on passe par là. Cela dit, leur rapprochement est progressif, simple et sincère. Sous le regard d’Oria, Ulysse semble froid et distant. Pourtant, on découvre ses propres failles. Lui aussi agit par réflexe de survie. D'une certaine manière, Ulysse nous rappelle, à la Skam Norvège pour ceux et celles qui ont la ref, qu’on ignore souvent les combats des autres et que la bienveillance DOIT rester essentielle !
Après...Je suis plus partagée sur l’intrigue autour du stalking.Les enjeux sont pertinents, notamment sur la masculinité toxique, mais cette piste m’a semblé ajouter une tension dont l’histoire n’avait pas forcément besoin.ET Pire que tout... Elle nuance la responsabilité de certains personnages, ce que j’ai trouvé discutable, même si les arguments avancés restent cohérents.
Sur ces deux points, je chipote (enfin j’en rajoute un troisième : pourquoi l'histoire se déroule aux États-Unis ?).
Pour Oria, ce livre mérite vraiment le détour !J’ai trouvé son histoire touchante et engagée.Elle a beaucoup à dire, et son parcours doit résonner.
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J’ai découvert ce roman en audio, un format que j’écoute rarement.Le choix de deux voix pour incarner les points de vue est une bonne idée. En revanche, l’accent anglais m’a parfois fait sortir du récit. C’est un détail, mais il m’a dérangée. De même, lorsque le narrateur masculin interprète les répliques féminines et inversement, le changement de ton m’a semblé très maladroit. J’aurais préféré que chaque voix garde ses dialogues pour plus de fluidité.
Au plaisir.

Aux survivantes : On vous croit. Toujours. #MeToo.
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